11-Septembre : Trump et Biden évitent la controverse malgré des cérémonies rivales – Le Monde

Le président républicain, Donald Trump, à Shanksville, le 11 septembre.

Donald Trump et Joe Biden ont évité la controverse. Les candidats à la présidentielle américaine ont globalement respecté, vendredi 11 septembre, la trêve que représente la commémoration des attentats de 2001, même si des cérémonies rivales ont entamé ce vœu apparent d’unité.

Après le 11-Septembre, « nous étions unis par notre conviction que l’Amérique est le pays le plus exceptionnel au monde, béni par les plus incroyables héros, et que ce pays vaut la peine d’être défendu jusqu’au dernier souffle », a déclaré le président américain depuis Shanksville, en Pennsylvanie, où s’écrasa un des quatre vols détournés par les membres d’Al-Qaida. « C’est le symbole de ce que nous sommes en tant qu’Américains car, ce jour-là, nous nous sommes rassemblés, formant une seule nation », a ajouté le Donald Trump, accompagné de sa femme Melania.

Il a profité de ce discours pour rappeler que les forces américaines avaient, sous sa présidence, tué « le tueur sauvage » et chef de l’organisation Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi en octobre 2019, puis le général et « boucher » iranien Qassem Soleimani en janvier 2020. Il n’a, en revanche, pas mentionné l’élimination, en mai 2011, d’Oussama Ben Laden, chef d’Al-Qaida et inspirateur des attentats du 11-Septembre, sous la présidence de Barack Obama.

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« C’est une journée solennelle »

Le gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, Jill et Joe Biden, à New York, le 11 septembre.

Au même moment, son rival démocrate Joe Biden, qui a récemment accéléré le tempo de sa campagne après des semaines cloîtré dans sa maison du Delaware, était lui sur le site de Ground Zero à New York, au milieu des proches des près de 3 000 victimes des attaques du World Trade Center.

Le candidat avait promis, avant son arrivée à New York, qu’en ce jour de commémoration, il ne parlerait « que du 11-Septembre » et que sa campagne avait suspendu toutes les publicités pour l’occasion. « C’est une journée solennelle, et on va faire en sorte qu’elle le reste », avait-il déclaré, avant d’appeler, depuis New York, le peuple américain à l’unité pour faire face à la pandémie due au coronavirus, à l’instar des jours qui suivirent le 11-Septembre.

Pendant que les haut-parleurs résonnaient de la longue liste des noms des victimes, préenregistrée cette année pour cause de pandémie, le candidat de 77 ans a témoigné de son empathie notoire à une nonagénaire, qui a perdu un fils dans les attentats. La douleur « ne disparaît jamais », lui a-t-il dit, main sur le cœur.

Il a ensuite encore souligné son expérience du deuil devant quelques journalistes. « Je sais d’expérience, ayant perdu ma femme, ma fille, mon fils, que vous revivez ce moment, comme s’il se reproduisait, c’est dur », a-t-il déclaré.

Accompagné du gouverneur démocrate de New York, Andrew Cuomo, et d’autres élus démocrates new-yorkais, l’ex-vice-président de Barack Obama a brièvement salué, du coude, le vice-président républicain, Mike Pence.

« Calculs évidents » derrière ces événements

Mais à moins de deux mois de la présidentielle, la polarisation du pays n’était pas oubliée pour autant : une autre cérémonie était organisée, à quelques rues de Ground Zero, par des dignitaires républicains, à laquelle se sont rendus l’ex-maire républicain de New York et avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, ainsi que Mike Pence.

Joe Biden s’est ensuite rendu à Shanksville, quelques minutes seulement après le départ de Donald Trump, rentré à Washington en fin de matinée. Il s’est entretenu avec les familles de trois passagers de l’appareil d’United Airlines qui s’est écrasé à Shanksville le 11-Septembre.

Le candidat démocrate, Joe Biden, sa femme Jill, et Calvin Wilson, à Shanksville, le 11 septembre.

Si ces commémorations sont censées être « dépourvues de rhétorique politicienne », elles constituent des événements très médiatisés et « le seul fait d’être présent, de faire preuve de leadership et d’empathie, permet de marquer des points », souligne Robert Shapiro, professeur de sciences politiques à l’université Columbia. Le choix par les deux candidats de la Pennsylvanie, où les derniers sondages les donnent au coude-à-coude, illustre, selon lui, « les calculs évidents » derrière ces événements.

Longtemps démocrate, la Pennsylvanie, Etat natal de Joe Biden, avait basculé à une courte majorité pour Donald Trump en 2016, contribuant à la victoire-surprise du magnat new-yorkais sur Hillary Clinton.

Rentré à la Maison Blanche, Donald Trump n’a pas attendu la fin de cette journée anniversaire pour reprendre ses attaques contre les démocrates, les accusant, via Twitter, de vouloir utiliser le Congrès pour aider les Etats où ils sont aux affaires.

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Le Monde avec AFP

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