A Quevauvillers, village natal de Jean-Pierre Pernaut : «On va perdre notre ami de 13 heures» – Le Parisien

« Allez, à la santé de notre Jean-Pierre. Il l’a bien mérité! Et puis, il aura le temps de venir nous voir, maintenant! » Au Café des Sports de Quevauvillers (Somme), petit village picard de 1150 âmes où a grandi Jean-Pierre Pernaut, on a sorti « les bulles » pour fêter l’annonce de son départ « surprise » du « 13 Heures » de TF 1, qu’il a évoqué à la toute fin du journal, ce mardi 15 septembre. « Il a trouvé les mots justes, en ménageant l’amitié que lui portent les gens ». « Il a été formidable ». Ou encore « Qu’est-ce qu’il va nous manquer! ». Entre un Tiercé et un Quinté, tout le monde y est allé de son commentaire, avec une émotion palpable.

A commencer par le maire Dominique Dussuelle, 72 ans, qui a été à l’école primaire avec Jean-Pierre Pernaut, « un élève doté d’une très bonne mémoire et d’un fort caractère ». « Même si les rumeurs couraient depuis longtemps, son annonce est soudaine, raconte l’élu. D’autant plus qu’il avait repris des forces ces dernières semaines et que son journal est toujours très suivi. »

« Il a bien fait de partir au sommet, pas comme PPDA »

Il a bien une explication pour ça : « Jean-Pierre, il a eu raison avant tout le monde en mettant les régions à l’honneur. Il n’a jamais oublié ses racines. On n’en retrouvera pas un comme lui, même si Dominique Lagrou-Sempère (NDLR : présente régulièrement dans le « 13 Heures ») s’inscrit dans ses pas. Il fait bien de partir au sommet, pas comme Poivre d’Arvor qui s’est accroché trop longtemps. D’ailleurs, je ne l’ai pas trouvé triste du tout aujourd’hui. »

Tout le contraire de Céline, la factrice de la commune, qui a du mal à digérer la nouvelle : « Jean-Pierre arrête vraiment le 13 Heures ? Je n’y crois pas. Pas lui! » Cette fonctionnaire de 49 ans va regretter s on style « sympathique » et « proche des gens ». Elle espère qu’il « reviendra dans d’autres émissions, comme Claire Chazal » et verrait bien pour le remplacer son joker Jacques Legros, qui « est moins beau mais a une bonne élocution ».

« A 70 ans, Pernaut a quand même l’âge de se reposer », intervient Véronique, la patronne du bar PMU, qui aime avant tout « sa simplicité ». « Il est aussi souriant à la télé qu’en vrai », ajoute celle qui se souvient lui avoir servi des mille-feuilles, il y a 28 ans, quand elle travaillait dans la boulangerie de ses parents, à Amiens. Et elle ajoute : « En revanche, mes filles qui ont la vingtaine ne regardent pas son JT. Je ne suis même pas sûr qu’elles reconnaissent sa tête. »

Derrière le comptoir, son conjoint sort un petit flacon d’éther périmé sur lequel est inscrit « Madame Pernaut-Pillot », le nom de la mère du journaliste star de TF 1, qui a été la pharmacienne de Quevauvillers. « Ça a pris de la valeur, ce truc ! », tente cet agriculteur de 49 ans.

« Un gars de chez nous, pas fier, pas pincé »

Près du poste de télévision, entre les magazines spécialisés et les paquets de chewing-gum, il y a aussi l’ancien maire, Guy Deburaux, 88 ans. Lui, a connu JPP au berceau et ne l’a plus quitté. « On va perdre notre ami de 13 heures, confie-t-il. Je vais m’ennuyer de lui. C’est un gars de chez nous, pas fier, pas pincé. Pas mou, non plus. » Pour ce retraité, le cancer de la prostate du présentateur vedette, dont il a guéri, a dû peser dans la balance. « J’ai été très touché quand j’ai su, poursuit celui qui est aussi passé par là. Il a été super-courageux de revenir. Pareil pendant le confinement, où il intervenait de chez lui. Il ne nous a jamais abandonnés. Qu’il en profite, maintenant. »

VIDÉO. Pernaut quitte le 13h de TF1 : « Il est jeune ! Pourquoi il s’arrête ? »

Puis, le doyen de l’assemblée enchaîne les anecdotes sur « l’enfant du pays ». « A l’école, son instituteur lui avait flanqué la claque de sa vie parce qu’il tirait les cheveux de filles. Et à 18 ans, il a voulu apprendre à embrasser à ma fille, qui avait trois ans de moins, en plaisante-t-il. Sacré Jean-Pierre ! » L’octogénaire s’amuse aussi des fautes d’orthographe du jeune Pernaut publiées dans le fanzine de l’école ou du pseudo, L’œil noir, qu’il utilisait plus tard pour dénoncer des injustices dans le journal local, Equitum Villa. Ainsi que ses humeurs du moment, comme ce papier sur « les minijupes qui doivent être bien portées ».

Le maire actuel de Quevauvillers imagine déjà faire une grande projection en décembre pour le dernier JT de Pernaut dans la salle des fêtes que ce dernier a inauguré en 1997. « On ne manquera ça pour rien au monde, jure-t-il. Jean-Pierre aura sûrement la larme à l’œil, et nous, un gros pincement au cœur. Heureusement, on a encore trois mois pour s’habituer à son départ. »

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