À Rouen, des Lego pour réparer les impacts d’obus sur le palais de justice déclenchent les passions – Paris-Normandie

Réparer les impacts d’obus du palais de justice rouennais à l’aide de Lego. C’est la mission confiée à l’artiste franco-allemand Jan Vormann, pionnier de ces installations en petites briques venant réparer les villes, référence internationale du street art. Le phénomène repris dans le monde entier s’arrête à Rouen du 5 au 9 octobre dans le cadre du festival d’art urbain Rouen impressionnée.

Les réseaux sociaux s’enflamment…

Mais voici qu’un article de la Ville annonçant la collecte des Lego qui seront utilisés pour l’intervention artistique a déclenché de vives réactions sur les réseaux sociaux, des internautes déplorant que l’on touche à leur patrimoine. Ajoutez à cela un deuxième article d’un média local relayant l’information sans développer le contexte et les réseaux sociaux entraient en ébullition. Il n’en fallait pas plus pour que le parallèle soit fait avec le débat en cours sur l’opportunité de remplacer la statue de Napoléon Ier devant l’hôtel de ville par une femme… « L’intervention est éphémère, le temps de quelques semaines », tient à rassurer le commissaire de l’exposition Olivier Landes. L’opération validée par l’architecte des bâtiments de France ne dégradera pas les murs. « Les Lego sont posés sous pression, c’est-à-dire qu’ils tiennent seuls et très ponctuellement, pour les plus grands trous d’obus, l’artiste utilise des mini-pointes qui n’endommageront rien. Jan Vormann a fait des études de conservation du patrimoine, il est très sensible à ces questions. Il est intervenu dans le monde entier sur des monuments classés au patrimoine mondial de l’Unesco. »

La symbolique est forte : « Sans nier le passé, l’idée est d’inviter les jeunes Rouennais à panser les plaies du XXe siècle . » Les impacts datant de la Seconde Guerre mondiale. Le projet se veut participatif au travers des collectes de Lego – l’artiste n’utilise aucun Lego neuf, et grâce à un atelier avec des collégiens de Saint-Saëns qui s’initieront à la technique avec Jan Vormann. Avant que ce dernier n’intervienne à son tour sur une dizaine d’impacts de tailles différentes. « On savait que l’on touchait à un patrimoine particulier. Les Rouennais y sont attachés au même titre que la cathédrale ou le Gros-Horloge, ajoute Olivier Landes. Le but de l’art est de questionner, d’interpeller les passants sur ces impacts devant lesquels ils passent tous les jours et d’ouvrir le débat. Qu’est-ce qu’il y a de plus innocent que des Lego… ? » Au même titre, l’installation Camille sur le pont Boieldieu lors de l’édition de 2010 avait suscité des réactions très contrastées.

Collecte : chacun peut déposer ses Lego dans des boîtes prévues à cet effet, disposées dans les équipements municipaux (mairie, mairies annexes, gymnases, bibliothèques, centre socio-culturel Simone-Veil).

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