Airbus : Les départs volontaires seront insuffisants, estime le PDG dans un courrier aux salariés – 20 Minutes

Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus. — Frederic Scheiber/AP/SIPA
  • Vendredi, le président exécutif d’Airbus a dressé un courrier à l’ensemble des salariés du groupe aéronautique, touché de plein fouet par la crise sanitaire et qui prévoit la suppression de 5.000 postes en France dont 3.500 à Toulouse.
  • Pour la première fois, il indique qu’il lui semblait peu probable que les départs volontaires suffisent.
  • Les syndicats continuent de leur côté à s’opposer à tout licenciement sec alors que les négociations se poursuivent.

La reprise espérée au cours de l’été n’a pas eu lieu. C’est ce qu’a confirmé Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus, dans un courrier adressé vendredi à l’ensemble des salariés du groupe aéronautique. Dans cette missive, il indique que chacun d’entre eux doit se préparer à des conséquences du
coronavirus beaucoup plus importantes que prévu.

Le 30 juin, la direction avait annoncé la suppression de 15.000 postes à travers le monde, dont 5.000 en France. Alors qu’en
avril la question n’était pas d’actualité, début août, le PDG d’Airbus s’était refusé à prendre des engagements sur la question des départs contraints, le nombre de candidats au départ volontaire étant loin d’atteindre le chiffre de 5.000 en France d’ici 2021.

« Peu probable que les départs volontaires suffiront »

« L’équipe de direction travaille en concertation avec les partenaires sociaux sur les modalités de notre plan d’adaptation. Mais je veux être transparent avec vous ici : il me semble peu probable que les départs volontaires suffiront », a-t-il expliqué dans un courrier produit par La Tribune.

« Cette lettre s’inscrit dans le cadre du dialogue permanent entre la direction générale et les employés d’Airbus, qui est crucial en ces temps difficiles pour assurer la transparence et partager les informations avec son personnel à travers le monde. Ce n’est pas la première fois et ce ne sera pas la dernière », indique la direction de l’avionneur européen sollicitée par 20 Minutes.

Rendez-vous mi-octobre

Les syndicats, qui vont de réunion en réunion ces derniers jours, restent opposés à tout licenciement. « Jeudi, il y a une cinquième réunion sur les départs volontaires. Pour l’instant, nous comptabilisons 1 millier d’intéressés, surtout des mesures de retraite anticipée ou préretraite. Aujourd’hui, on se bat pour allonger d’un an l’accord d’éligibilité de cessation d’activité anticipée, si on arrive à le négocier cela concernera plus de monde. Cela coûte cher mais il faut se donner les moyens », plaide Florent Veletchy, délégué syndical central CFDT d’Airbus.

Pour lui, les négociations en cours sont un peu à l’arrêt, « il y a des points de blocage comme sur ce type de demandes ». En attendant, dans les rangs de l’avionneur européen, l’inquiétude grandit, surtout lorsque la perspective de licenciements secs semble de plus en plus dans les scénarios envisagés par la direction. Des mesures qui devraient être connues d’ici un mois, une réunion sur l’accord majoritaire entre syndicats et direction étant fixée au 15 octobre.

En août, Airbus a enregistré une seule nouvelle commande pour un ACJ320neo et a livré 39 appareils répartis. Si le carnet de commandes de l’avionneur européen reste à un niveau de 7.501 appareils, en raison de la faible reprise du trafic aérien, les compagnies ne se pressent pas pouvoir venir en prendre livraison.



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