Après la chute de Romain Bardet : En cyclisme, le principe de précaution nexiste pas – Eurosport – FRANCE (FR)

L’image a beaucoup fait réagir. Vendredi, juste après sa chute, Romain Bardet a perdu l’équilibre en tentant de se relever une première fois. Un des signes de commotion cérébrale, tels qu’ils sont d’ailleurs indiqués dans le règlement de l’UCI. Le scanner passé par le coureur français après l’arrivée de cette 13e étape a confirmé la commotion, poussant l’équipe AG2R La Mondiale à retirer son leader du Tour de France.

Alors, y a-t-il eu faute de la part de l’organisation en laissant repartir Bardet ? “Non je ne pense pas, se défend sur Eurosport le docteur Paul-Henri Jost, membre de l’assistance médicale. Si Romain n’avait pas été en mesure de se relever, il n’aurait pas pu repartir.” Après cette perte d’équilibre, le coureur a en effet pu se relever, remonter son vélo, reprendre sa place dans le peloton et terminer l’étape de façon normale, même si, sportivement, il a payé les pots cassés de cette chute en concédant environ deux minutes trente à Primoz Roglic.

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“Globalement, s’ils sont cohérents, ils repartent”

Dans certains sports, comme en rugby ou en football américain, le protocole commotion permet de sortir immédiatement du terrain un joueur victime d’un choc à la tête. Il est ensuite examiné et autorisé, ou non, à reprendre le match. Mais ce qui est possible dans ce type de sport collectif est beaucoup plus complexe à mettre en place en cyclisme. Dans les cas comme Bardet, il n’est pas possible de prendre dix minutes pour l’examiner et déterminer s’il peut poursuivre la course.

Le débat des RP : Fallait-il empêcher Romain Bardet de repartir après sa chute ?

C’est ce qu’a souligné samedi matin Florence Pommerie, directrice du service médical d’ASO. “On a très, très peu de temps pour évaluer le patient“, rappelle-t-elle au micro de Louis-Pierre Frileux, avant d’expliquer concrètement comment se passent les choses dans le feu de l’action :

Souvent, ils sont d’abord très vaseux et sidérés par la peur, parce que tomber comme ça, même à 40km/h… Et immédiatement après, ils passent à ‘il faut qu’on réintègre le peloton’ et ils cherchent le deuxième vélo. On a le temps de leur dire ‘comment tu t’appelles ?’, ils rigolent ou nous envoient balader parce qu’ils ne comprennent pas pourquoi on les questionne. Globalement, s’ils sont cohérents, qu’ils reprennent leur vélo, que le directeur sportif ne voit rien de particulier, dans un premier temps, ils repartent.

Dr Pommerie : “On a très très peu de temps pour évaluer le patient”

Suivre discrètement le coureur

Est-ce qu’on doit empêcher le coureur de remonter sur le vélo ?, interroge Paul-Henri Jost. C’est difficile pour nous à partir du moment où le coureur est apte à : remonter sur un vélo, être attendu par quatre coéquipiers, et réintégrer un peloton en remontant la file des voitures. Il faut quand même avoir un niveau de vigilance pour pouvoir le faire, quand on voit les vitesses auxquelles ils roulent. A partir du moment où il peut faire ça, on élimine d’emblée les atteintes cérébrales graves qui, si elles étaient présentes, ne lui permettraient pas de réintégrer le peloton.” “Un traumatisme crânien grave, il est d’emblée grave, on a des signes tout de suite“, confirme Florence Pommerie.

Le service médical du Tour était donc convaincu que Romain Bardet ne présentait aucun signe alarmant. Oui, il avait été sonné, mais il était en mesure de terminer l’étape. Ce qui ne signifie pas que le coureur soit totalement livré à lui-même une fois reparti. “Le petit protocole qu’on a entre nous, reprend le Dr Pommerie, c’est de le suivre avec les ambulances discrètement jusqu’à ce qu’il réintègre le peloton et qu’il soit dans un milieu avec des gens qui puissent remarquer s’il y a un trouble.”

Paul-Henri Jost lui-même explique avoir discuté avec Romain Bardet une vingtaine de minutes après sa chute, alors qu’il avait repris sa place dans le peloton maillot jaune. “Il était tout à fait lucide“, assure-t-il. Et sans doute le service médical a-t-il été soulagé de le voir rallier l’arrivée sans pépin supplémentaire.

Dr Jost : “Est-ce qu’on doit s’opposer au fait que les coureurs remontent sur leur vélo ?”

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