Attaqué par un « short seller », Nikola dégringole à Wall Street – Les Échos

Publié le 11 sept. 2020 à 21:47Mis à jour le 11 sept. 2020 à 21:54

Après l’ascension spectaculaire, la pente abrupte. Nikola, le fabricant de poids lourds à hydrogène qui affole les compteurs de Wall Street depuis son introduction en Bourse en juin dernier, est en chute libre après la publication d’un rapport assassin du vendeur à découvert Hindenbourg Research.

« Une fraude complexe fondée sur des dizaines de mensonges » : l’activiste, l’un des plus actifs en activité, accuse la jeune pousse d’avoir trompé les observateurs et les marchés sur l’avancée de sa technologie, sur les performances de ses véhicules et sur ses partenariats. En marge de la publication du rapport, jeudi, Hindenbourg Research a indiqué avoir parié en conséquence sur sa débâcle et sa chute à Wall Street.

Le démenti de Nikola n’a pas imprimé

Celle-ci ne s’est pas fait attendre : Nikola, qui cède jusqu’à 18 % ce vendredi, vit sa troisième séance de pertes consécutives après mercredi (-11 %) et jeudi (-15 %). Le démenti vigoureux de la firme, selon qui Hindenbourg Research cherche à « manipuler le prix de l’action », n’a pour l’instant pas imprimé – après avoir promis des preuves matérielles, l’entreprise a finalement sollicité un cabinet d’avocat et ne les dévoilera qu’après avoir obtenu le « feu vert ».

La chute est d’autant plus lourde que Nikola a entamé la semaine par un bond de 41 % après l’annonce d’un partenariat stratégique avec General Motors. Le géant de Détroit va développer et fabriquer le premier pick-up de la jeune pousse en échange d’une participation à hauteur de 2 milliards de dollars, soit 11 % du capital de Nikola.

La nouvelle a fait grand bruit et a même contribué à la chute du cours de Tesla, qui a conclu la séance de lundi par une perte de quelque 4 %. Nikola affiche d’ailleurs depuis ses débuts une parenté assumée avec le constructeur d’Elon Musk – « Nikola » est inspiré du prénom de l’inventeur et le patron, Trevor Milton, n’est abonné qu’au compte du milliardaire sur Twitter.

La SEC en arbitre

La proximité a contribué à gonfler le cours du titre, en plein engouement pour le secteur du « zéro émission ». Sans avoir jamais rien vendu d’autres que des précommandes pour son semi-remorque à 60.000 dollars, la firme a ainsi brièvement dépassé la capitalisation de Ford, début juin, alors que son action flirtait avec les 80 dollars.

Ni la « Tesla mania » ni le gage de sérieux apporté par l’alliance avec General Motors n’ont pourtant suffi à enrayer la chute du cours, alors que l’image des « shorts sellers » a été redorée par les révélations des scandales Wirecard ou Luckin Coffee. Nikola réserve pour l’heure ses réponses à la SEC, le gendarme boursier américain.

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