Attentats de janvier 2015 : Après une semaine de témoignages, les accusés « émus » par les victimes et… – 20 Minutes

Croquis de plusieurs accusés au procès des attentats de janvier 2015. — AFP

La semaine aura été particulièrement éprouvante. Depuis lundi, la cour d’assises spécialement composée a entendu les témoignages bouleversants des victimes rescapées et
des proches de celles décédées lors de l’attentat de Charlie Hebdo. À l’issue de ces récits, le président de la cour a tenu à donner la parole aux accusés.

Tous se sont dits unanimement « émus » vendredi par ces récits, disant « condamner » les attentats et le terrorisme. « J’aimerais présenter mes condoléances aux familles : j’ai été impressionné par leur courage et leur dignité », a assuré Miguel Martinez, invité par la cour à s’exprimer.

Un « choc »

« J’aimerais dire aux victimes qu’elles ont eu beaucoup de courage de venir témoigner. J’espère que ce procès leur apportera des réponses », a déclaré de son côté Abdelaziz Abbad, assurant avoir ressenti un « choc » face aux images de l’attentat projetées au procès. Un message unanimement relayé par leurs coaccusés, dont plusieurs ont tenu à condamner les attentats.

« Je condamne ce qui s’est passé, les attentats du 7, du 8, du 9. Je crache sur ces gens-là, les frères Kouachi que je ne connais même pas, sur Amédy Coulibaly que je croyais connaître », a déclaré Nezar Mickaël Pastor Alwatik, évoquant une « semaine bouleversante ». « Je suis musulman et je ne comprends pas pourquoi on tue au nom de Dieu, au nom du prophète, je ne comprends pas… On ne tue pas parce qu’on a fait un dessin, ça ne rentre pas dans ma tête », a abondé Metin Karasular, visiblement ému.

Des parties civiles « mal à l’aise »

Le principal accusé, Ali Riza Polat, a assuré de son côté se « désolidariser » avec « ce qu’on fait » les auteurs des attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l’Hyper Cacher, qui ont fait 17 morts : « je suis extrêmement désolé pour les familles, j’ai rien à voir avec ça ».

Ces déclarations, effectuées à la demande du président de la cour après une nouvelle journée consacrée aux témoignages des proches de victimes, ont suscité des réactions contrastées dans la salle d’audience.

« Je suis très mal à l’aise avec ce que je viens d’entendre. Je peux comprendre que les accusés veuillent se démarquer des faits extrêmement graves, des images… Mais l’appréciation d’un témoignage d’une victime me dérange », a fait savoir Me Marie-Laure Barré, avocate de plusieurs parties civiles. « Ce n’est pas une appréciation ! », ont protesté des avocats de la défense.

Au total, quatorze personnes sont poursuivies devant la cour d’assises, soupçonnées à des degrés divers de soutien logistique aux auteurs des attentats. Parmi elles, trois sont jugées par défaut, dont Hayat Boumeddiene, compagne en fuite de Coulibaly.

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