Bio CBon en difficulté, les petits porteurs craignent dêtre les “dindons de la farce” – Boursorama

Le distributeur alimentaire a été placé en redressement judiciaire le 2 septembre dernier. Il présente la particularité de compter de nombreux investisseurs privés à son capital, qui se retrouvent aujourd’hui dans l’inconnu.


Bio C'Bon compterait près de 2800 investisseurs privés ( AFP / ALAIN JOCARD )

Bio C’Bon compterait près de 2800 investisseurs privés ( AFP / ALAIN JOCARD )

Les difficultés de Bio C’Bon font planer la menace sur des centaines d’investisseurs privés. Selon des informations révélées par Le Figaro , pas moins de 2800 épargnants se retrouvent piégés par la situation du distributeur. Selon la même source, la somme des investissements concernés s’élève à 114 millions d’euros.

Les petits porteurs ne veulent pas être les “dindons de la farce”, explique l’avocat de l’Association de défense des investisseurs de Bio C’Bon. Selon Me Antoine Germain, ces 2.800 investisseurs ont misé en moyenne 30.000 euros pour participer au développement de Bio C’Bon ou investir dans les locaux commerciaux. “Dans le cadre d’un plan de cession, ils ne récupèreront pas un seul euro parce qu’ils seront les derniers créanciers servis, on servira d’abord les salariés qui éventuellement n’ont pas été payés, ensuite les créanciers sociaux et fiscaux, les créanciers qui ont des nantissements sur les fonds et enfin les actionnaires”, déclare l’avocat.

Carrefour, Casino et Biocoop parmi les repreneurs?

Evaluant à environ 114 millions d’euros le préjudice global, “avec les intérêts”, il explique encore que ces investisseurs souhaiteraient “que le repreneur intègre dans son offre de reprise leurs intérêts en leur proposant par exemple d’entrer au capital du véhicule d’acquisition de Bio C’Bon”.

Les entreprises intéressées par une reprise totale ou partielle du distributeur spécialisé avaient jusqu’à mardi pour se faire connaître. Parmi les noms des repreneurs évoqués ces dernières semaines figurent Carrefour et Casino, le spécialiste Biocoop ou encore le groupe familial Zouari, actionnaire de référence de l’enseigne de surgelés Picard et l’un des principaux franchisés de Casino. L’entreprise Bio C’Bon, placée en redressement judiciaire début septembre n’était pas joignable mardi pour répondre aux sollicitations de l’AFP.

En 2018, le magazine spécialisé LSA avait détaillé un montage financier proposé par l’actionnaire fondateur du groupe, Marne & Finance, qui préside également Bio C’Bon, permettant à des particuliers d’investir dans les magasins ou les locaux commerciaux. Dans la foulée, l’Autorité des marchés financiers (AMF) avait alerté sur “les risques encourus” à poursuivre la commercialisation de ces offres “sans s’être assurés” que les clients étaient “suffisamment avertis” des risques, selon les termes d’un courrier mis en ligne par un des destinataires. Dans un second courrier, l’AMF avait nié en décembre 2018 l’existence de “griefs” et décidé de “ne pas ouvrir de procédure de sanction à l’encontre de Marne & Finance ou de ses dirigeants”.

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