Blade nomme de nouveaux CEO et CTO pour relancer Shadow – Next INpact

Cela fait maintenant près de quatre ans que nous suivons le parcours de Blade, la startup française qui veut placer nos PC dans le cloud. L’une des premières a réellement proposer une solution accessible au grand public, misant sur le jeu vidéo comme activité principale, avec un GPU dédié. Et depuis 2016, que de chemin parcouru.

Blade : quatre ans de croissance, de succès…

Entrée au Next40 l’année dernière, elle avait levée plus de 100 millions d’euros en février et a continué depuis. Elle propose une solution reconnue par tous comme plutôt efficace, l’une des seules du marché à avoir sa place au sein d’iOS car elle n’est pas un simple accès à un catalogue de jeux comme GeForce Now ou Stadia, mais à un PC virtualisé.

Son service Shadow s’est construit autour d’une culture communautaire, misant très tôt sur les influenceurs et les joueurs pour se faire connaître et vanter ses mérites. Sa communication est massivement multi-canaux (parfois un peu trop), passant notamment par Discord et des vidéos publiées régulièrement sur Twitch (les Shadow News).

Une belle success story, qui a aussi sa face sombre. Car tout n’a pas été rose dans le développement du projet, qui a multiplié les retards et ennuis techniques au fil des années.

… et de galères

La conception de ses boîtiers physiques (dont la dernière Ghost) n’a pas été de tout repos, les fonctionnalités annoncées n’ont pas toujours été mises en place ou pas dans les temps. Mais c’est surtout pour la nouvelle offre, annoncée en octobre dernier, que les équipes de Blade se sont loupées.

Nous ne reviendrons pas en détails sur « l’affaire », que nous avions révélée et déjà largement documentée. Un nouveau PDG était nommé, Jérôme Arnaud, pour laisser Emmanuel Freund se concentrer un peu plus sur la stratégie et le produit. Des offres à base de Quadro RTX étaient annoncées en partenariat avec OVHcloud :

Shadow Offre 2019Une nouvelle offre qui n’a presque jamais vu le jour

Malgré l’empressement de l’époque, rien ne va plus quelques mois plus tard : l’équipe indique qu’il y a du retard en raison de problèmes techniques. En réalité, OVHcloud est mis de côté au profit du partenaire historique (et actionnaire) 2CRSi. Les raisons sont multiples, en partie financières. Il faut dans tous les cas repartir de zéro.

L’équipe mettra du temps à assumer, c’est d’ailleurs Emmanuel Freund qui sera le premier à l’évoquer publiquement auprès de la communauté. Partisan du partenariat avec OVHcloud, il a dû faire avec le choix du conseil d’administration. Il partira de l’entreprise quelques mois plus tard. 

Un choix d’autant plus malheureux qu’il est intervenu quand le monde entrait dans la crise sanitaire de la Covid-19. De quoi retarder les projets en cours : la nouvelle production de la Ghost et une fois encore les nouvelles offres.

Malgré la confiance de 2CRSi, rien avant 2021

On pensait que tout allait mieux fin avril quand 2CRSi annonçait la confirmation de la commande et vantait ses nouvelles baies avec « certains concepts de Gaudi », notamment pour le refroidissement. Mais nos espoirs ont été déçus fin juillet avec un nouveau retard, malgré la publicité assurée par Linus Tech Tips une semaine plus tôt.

Les nouvelles livraisons attendront 2021. Cyril Even, nommé CEO quelques mois plus tôt et apprécié en interne, n’a jamais vraiment eu l’occasion de prendre son poste, coincé à Singapour. Interrogé à l’époque, Blade refusait de nous répondre de manière détaillée, indiquant que des annonces seraient faites à la rentrée.

Nous y sommes ! Pendant l’été, nous avons observé de nouveaux départs, dont celui que nous avions déjà évoqué de Jérôme Arnaud. Blade n’avait ainsi plus de dirigeant. C’est à nouveau le cas avec la nomination de Mike Fisher, déjà membre du conseil d’administration. Un profil rassurant, bien intégré au secteur des jeux vidéo et paré pour l’international.

Un nouveau duo pour relancer la machine Blade

Vivant pour le moment aux États-unis, l’objectif est qu’il vienne s’installer avec les équipes en France. Son rôle sera de faire accélérer la startup, qui compte désormais 100 000 clients, dont la moitié dans les six derniers mois (merci le confinement). Notamment à l’étranger « où elle réalise deux tiers de son activité ». Les deux cibles principales sont les États-Unis et l’Asie « où il a passé de nombreuses années » et où Blade a déjà des partenaires.

« Mike a commencé sa carrière à Tokyo chez Sega, à l’époque de la guerre des consoles Sega et Nintendo, avant de prendre la direction marketing de Namco, puis celle de Xbox chez Microsoft, où il a lancé la Xbox 360. Il a ensuite été tour à tour CEO de Square Enix, Vice-Président Digital Video & Music d’Amazon et Head of Publishing d’Epic Games, où il a travaillé sur le jeu Fortnite.

Ancien président de l’AIAS, qui organise les fameux D.I.C.E. Awards, c’est une figure emblématique de l’industrie du jeu vidéo. Son expérience de l’industrie sur tous les continents permettra à Shadow de renforcer son leadership technologique et de devenir une plateforme incontournable pour les joueurs »

L’autre belle prise est franco-française : Jean-Baptiste Kempf, connu pour être le lead developer de VLC, président de l’association VideoLAN et cofondateur de l’entreprise VideoLabs. Il est pour sa part nommé Chief Technology Officer (CTO) de Blade, répondant directement à Fisher.

Ses « quelques » connaissances dans le monde de la vidéo et de la diffusion en ligne seront ici mises à profit et permettront « à Shadow de conserver son avance technologique dans l’industrie du cloud computing et d’être à la pointe de l’innovation ». Un véritable défi pour le jeune chevalier de l’ordre du mérite.

Que les adeptes de VLC soient rassurés, il ne quitte pas le projet ou sa position. Il compte d’ailleurs continuer de s’y investir autant, si ce n’est plus qu’auparavant. Il s’en explique dans nos colonnes.

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