BVA en redressement judiciaire : à Toulouse les salariés ne veulent pas dun repreneur étranger – LaDepeche.fr

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Les salariés du groupe BVA, dont le siège est basé à Balma, ont manifesté cet après-midi devant l’institut de sondages. Ils soutiennent le projet de reprise de l’entreprise par l’actuelle direction générale sous le nom de XPage. Le tribunal de commerce, qui doit se prononcer mardi 15 septembre, pencherait en faveur du fonds de dette anglo saxon Alcentra. Sur le site toulousain, cinq cents emplois sont en jeu. La direction actuelle de BVA en appelle au “patriotisme économique”. 

Le directeur général de BVA, Pascal Gaudin, en appelle au “patriotisme économique” alors que le tribunal de commerce de Toulouse doit statuer ce mardi 15 septembre sur le nom du futur repreneur du groupe. L’institut de sondages dont le siège est basé à Balma, à côté de Toulouse, a été placé en redressement judiciaire le 5 juin dernier. L’épidémie de Covid-19 a fortement impacté l’activité du groupe, spécialisé dans les études de marché et d’opinion, dans les secteurs des transports et du tourisme notamment.

Mercredi dernier, les juges du tribunal de commerce ont auditionné les quatre candidats à la reprise : l’actuelle direction générale qui a constitué un pacte d’investisseurs sous le nom de XPage, soutenu par la Banque Populaire et la Caisse d’Epargne; la société française Dentressangle, actionnaire de l’Ifop; Christophe Ginisty, un entrepreneur toulousain; et un fonds de dette anglo-saxon, Alcentra, créancier de BVA. C’est ce dernier qui aurait les faveurs du tribunal de commerce.

Gérard Lopez, président du directoire, et Pascal Gaudin, associés dans XPage, ont présenté une offre qui garantit pendant 36 mois le maintien de l’emploi et des sites, en particulier le siège toulousain où travaillent actuellement cinq cents personnes. Salariés et représentants du personnel, qui ont manifesté devant le siège ce vendredi après-midi, soutiennent l’offre de reprise de la direction générale. “C’est le meilleur projet” affirme Fabien Mouquet, élu au comité d’entreprise. “L’offre XPage garantit la pérennité du groupe, le maintien des emplois et des sites, la capacité à continuer à innover sur un marché en pleine transformation. Elle recueille l’adhésion de toutes les équipes” affirme ce représentant des salariés.

La souveraineté nationale en question

Pour Pascal Gaudin, il serait incompréhensible que le tribunal de commerce attribue la reprise de ce fleuron français “à un fonds de dette anglo-saxon au détriment de la souveraineté nationale”. Selon les associés de XPage, leur concurrent envisagerait à moyen terme de délocaliser les activités toulousaines au Luxembourg et en Angleterre. “Je donne rendez-vous à l’Etat dans deux ans pour mesurer l’impact d’une telle décision” prévient Pascal Gaudin. Déjà en juillet dernier, Alcentra avait pris le contrôle de PRS-In Vivo, la filiale américaine de BVA, “à vil prix” selon Pascal Gaudin.

Fondée il y a 50 ans, la société de sondages compte un millier de salariés, dont 500 employés dans son siège de Balma. Son principal actionnaire est le fonds d’investissement Naxicap, filiale de Natixis. En 2019, le groupe BVA a réalisé 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, une année record. Mais la crise sanitaire a amputé l’entreprise de 40% de son chiffre d’affaires.

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