Climat. Les ouragans déferlent sur l’Atlantique – LHumanité

Sally, René, Paulette et les autres… cinq dépressions tropicales majeures, dont trois ouragans, ont été identifiées le 14 septembre, dans l’Atlantique Nord, et cette concomitance est en soi une donnée historique.

« Il s’agit du record du plus grand nombre de cyclones tropicaux dans cette zone sur une même période », notait, le même jour, le Centre national des ouragans aux États-Unis (National hurricane center, NHC). Il faut remonter à 1971 pour croiser un si grand nombre d’événements extrêmes dans cette même région à une même date.

Mercredi 16 septembre, la tempête tropicale René avait balancé ses dernières bourrasques et fini de se dissiper, après avoir traversé l’océan. Vicky, une tempête elle aussi, suivait la route nord-ouest, soufflant des vents de 85 km/h, et les services météorologiques s’attendaient à la voir décroître progressivement.

Après avoir lessivé les Bermudes, l’ouragan Paulette se dirigeait plus au nord, sans sembler près de mordre les côtes américaines. Les services du NHC pronostiquaient qu’elle se transformerait rapidement en « puissant cyclone extratropical », sans redouter de dommages sur les terres.

Teddy, en revanche, était gardé à l’œil : tempête tropicale mardi encore, il s’était, mercredi, mué en ouragan de catégorie 1 sur une échelle de 5. Après avoir léché la Barbade, il se dirigeait dangereusement vers les Bermudes, lesquelles redoutaient d’être violemment touchées pour la seconde fois de la semaine.

Mais c’est évidemment sur Sally que tous les regards se portent depuis deux jours. Mercredi matin, elle s’est abattue sur la côte sud-est des États-Unis, où l’on redoutait qu’elle ne provoque de fortes inondations. Initialement classé en catégorie 1, l’ouragan a été promu catégorie 2 au moment même où il frappait les terres. « Des inondations historiques et potentiellement mortelles sont probables le long de la côte nord du golfe du Mexique », a averti le NHC.

Dès mercredi après-midi, parvenaient en France les images de rues inondées en Alabama et en Floride, où près de 75 000 foyers étaient privés d’électricité depuis mardi soir. La Louisiane et le Mississippi sont eux aussi durement touchés. Les services météorologiques et les autorités continuaient d’appeler la population à se préparer au pire. « Faites des préparatifs. Sécurisez vos biens. Surveillez les bulletins météo, ayez un kit anti-ouragan prêt et des provisions pour trois ou quatre jours », leur conseillait ainsi Andrew Gilich, le maire de la ville côtière de Biloxi, dans le Mississippi. Même le président Donald Trump, généralement peu prompt à reconnaître l’impact des catastrophes naturelles, a invité les habitants à la plus grande prudence face à cet épisode climatique « extrêmement dangereux », tout en assurant celui-ci « sous contrôle ».

Exceptionnel de par le cumul des événements, et brutal dans sa survenue, cet épisode météorologique n’est cependant pas complètement inattendu. La multiplication d’ouragans plus intenses, provoqués par le réchauffement des océans, figure parmi les effets du réchauffement atmosphérique maintes fois modélisés par les climatologues et analysés par le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat. Dès le milieu de l’été, en outre, les services météorologiques internationaux avaient prédit une saison des ouragans particulièrement active et s’attendaient à en voir déferler entre 7 et 11 sur les côtes états-uniennes.

Le pronostic est dépassé, au point même que l’ONU pourrait bientôt se trouver en mal de leur trouver un nom. Longue de 21 patronymes, la liste établie chaque année par l’Organisation météorologique mondiale pour baptiser les ouragans est sur le point d’être épuisée. La saison des tempêtes tropicales n’est pas encore finie que tous, sauf un – Wilfred – ont été utilisés. Passé le prochain ouragan, le protocole impliquera de piocher dans le grec.

Alpha, bêta, gamma pourraient devenir les ultimes noms cycloniques de 2020. Ce serait la encore une seconde historique. Une fois, déjà, l’alphabet Grec avait été appelé à la rescousse pour baptiser six ouragans « surnuméraires ». C’était en 2005, année marquée par les mémorables Rita, Wilma et bien sûr Katrina.

Marie-Noëlle Bertrand

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