Covid-19: Bercy toujours optimiste sur un rétablissement de l’activité en 2022 – La Voix du Nord

Dans une période sombre, le ministère des Finances s’accroche aux lueurs d’espoir. Parmi elles, le petit sursaut du PIB (produit intérieur brut), dont le recul devrait tout de même atteindre 10 % en 2020 (contre 11 % estimés en juillet par le gouvernement). Il devrait connaître un rebond de 8 % en 2021. L’écart entre le niveau d’activité fin 2019 et celui de fin 2021 n’est plus de – 4 %, comme anticipé en juillet, mais de 2,7 %, « grâce à l’impulsion du plan de relance », assure Bercy qui maintient son objectif d’un « rattrapage de l’écart en 2022 ».

« Au regard de la gravité du choc, c’est un défi considérable », a souligné le ministre de l’Economie Bruno le Maire dans un entretien aux Échos, conjoint avec son ministre délégué aux Comptes publics, Olivier Dussopt.

Une reprise plus importante de l’activité

Pourquoi cette révision à la hausse du PIB ? Le deuxième trimestre aurait été marqué par une reprise plus importante que prévue de l’activité (– 13,8 % au lieu de – 17 %), une consommation de bien durables plus dynamique et un rebond de la production industrielle. En revanche, alerte Bercy, du fait d’une situation sanitaire toujours incertaine, la consommation de certains biens, dans les domaines du tourisme ou de la culture, tarde à se relancer. Le gouvernement ne cache pas également ses craintes quant aux conséquences de l’environnement international (Brexit, épidémie et élection aux États-Unis) sur l’économie.

Ces projections témoignent d’une plus grande prudence par rapport aux prévisions de la Banque de France et de l’INSEE, qui tablaient sur une contraction du PIB à hauteur de 8,7 % et de 9 %. L’OCDE, quant à elle, table sur un recul de 4,5 % du PIB mondial en 2020 puis sur un rebond de 5 % en 2020. La France (– 9,5 %) s’en sortirait mieux que l’Italie (– 10,5 %) ou le Royaume-Uni (– 10,1 %), mais moins bien que l’Allemagne (– 5,4 %) et que la zone euro (– 7,9 %).

Un déficit public établi à 117,5 % du PIB en 2020

Sur le front du chômage, le ministère des Finances prévoit la destruction de 800 000 emplois sur l’année 2020, dont 715 000 rien que sur le premier semestre (surtout des contrats d’intérim et des CDD non renouvelés). Il anticipe la création de 320 000 emplois en 2021.

Dans un contexte de quasi-neutralité inflationniste, le déficit public devrait atteindre – 10,2 % (contre 11,4 % estimés en juillet). Un chiffre en trompe-l’œil, car si la croissance a généré des recettes supplémentaires, les dépenses de l’État ont été alourdies par les mesures du Ségur de la Santé ainsi que par celles liées aux annulations et remises de charges envers les entreprises. D’un coût de 3,9 milliards d’euros, on passerait à 11 milliards en 2020.

Conséquence, le déficit au sens de Maastricht devrait atteindre 117,5 % du PIB en 2020. C’est mieux que les 121 % prévus, mais cela traduit un déficit anticipé de 6,7 % du PIB en 2021, bien loin des 3 % exigés encore l’an dernier par l’Union européenne. C’était dans l’ancien monde.

Enfin, Bercy prévoit un taux de prélèvements obligatoires de 44,8 % en 2020, contre 44,1 % en 2019. Une hausse très fortement liée à la baisse brutale du PIB, qui serait annulée en 2021 (43,8 % en prévision), grâce notamment à la diminution de 10 milliards d’euros des impôts de production et à l’amorce de la suppression de taxe d’habitation pour les 20 % des ménages les plus riches.

Ces prévisions macroéconomiques seront transmises au Haut conseil des finances publiques, qui rendra un avis sur le scénario retenu par le gouvernement pour établir son budget 2021.

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