Covid-19 : face au risque de rejet, Macron refuse dimposer des mesures trop contraignantes – Le Monde

Sur les quais de Seine à Paris, le 14 septembre.

Emmanuel Macron a-t-il amorcé un virage dans sa stratégie de lutte contre le Covid-19 ? Vendredi 11 septembre, dans le huis clos du conseil de défense sanitaire, le chef de l’Etat a en tout cas adopté une attitude différente de celle du printemps : il s’est refusé à imposer des mesures contraignantes pour la population, malgré la recrudescence de l’épidémie.

« On ne va pas faire payer à l’ensemble des Français le fait qu’on n’est pas bons sur les tests ! », a-t-il lancé. Si l’exécutif se vante d’avoir dépassé le million de tests par semaine, les délais d’attente pour les résultats, reconnaît-on au sommet de l’Etat, restent « trop longs ».

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En face de lui, le ministre de la santé, Olivier Véran, et le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, venaient de plaider en faveur d’une fermeture des bars et des restaurants à Bordeaux et à Marseille, où l’évolution des contaminations est jugée « préoccupante ». Une proposition rejetée par le locataire de l’Elysée, soucieux de l’acceptabilité sociale de ces mesures, mais aussi d’en partager la responsabilité avec les élus locaux.

« Macron est convaincu qu’il faut laisser les gens vivre, tout en protégeant les personnes fragiles. Il a viré sa cuti », décrypte un familier de la Macronie. « La cohérence de la politique gouvernementale, elle est simple : elle s’appelle vivre avec le virus », a affirmé pour sa part, mardi 15 septembre, le premier ministre, Jean Castex, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

« Quatre piliers »

Aux yeux de beaucoup, les objectifs du pouvoir ne seraient pourtant pas si limpides. « La stratégie française n’est toujours pas clairement définie », a ainsi pointé l’ancien directeur général de la santé, William Dab, dans le Journal du dimanche : « Veut-on éradiquer l’épidémie ou simplement la contrôler ? Ne protéger que les personnes fragiles ou se concentrer sur les clusters ? »

Le gouvernement, répètent ministres et conseillers, n’a pas choisi d’appliquer la méthode suédoise consistant à laisser circuler le virus et à restreindre au minimum la vie sociale pour atteindre une hypothétique immunité collective. Mais il s’estime en mesure, selon un conseiller de l’exécutif, de « maîtriser pour l’instant le virus ». « Nous en sommes au même point qu’en février, avant qu’il n’y ait le cluster de Mulhouse [Haut-Rhin] », ajoute cette source.

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