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Covid-19: quand se feront sentir les premiers effets de la vaccination en France? – BFMTV

La campagne vaccinale a commencé depuis fin décembre en France, rythmée par les doses de vaccins disponibles, mais il faudra encore plusieurs mois avant que son effet se fasse ressentir sur l’épidémie.

Depuis le 26 décembre, 1.714.030 doses de vaccins ont été injectées en France, à des personnes jugées prioritaires car particulièrement à risque de faire des formes graves du Covid-19, ou plus exposées que les autres à la maladie, comme les soignants. En parallèle de cette campagne vaccinale, l’épidémie a toutefois continué à se développer dans l’Hexagone, et un troisième confinement se profile dans les jours à venir.

Il est clair que pour le moment trop peu de personnes ont été vaccinées, et sont donc aujourd’hui immunisées, pour qu’un quelconque effet puisse se faire ressentir sur la population.

· Combien de personnes vaccinées pour observer les premiers effets?

« Il faut avoir au moins 10% de la population vaccinée pour observer un ralentissement de l’épidémie », explique à BFMTV.com Stéphane Paul, immunologiste et membre du comité vaccin Covid-19. Selon lui, « on va assez rapidement observer les effets du vaccin au Royaume-Uni et aux Etats-Unis », qui vaccinent en masse depuis décembre.

Actuellement, selon les dernières données de la NHS (National Health Sevice) lundi, près de 15% de la population britannique a reçu une première dose de vaccin, et moins de 1% une deuxième dose. Si la protection contre le Covid-19 est assez forte après la première dose – selon les différents laboratoires ayant fourni des vaccins – elle est beaucoup plus importante après la seconde.

Mais après une période où tous les voyants se trouvaient au rouge outre-Manche, les indicateurs du Covid-19 s’améliorent ces derniers jours, avec moins de patients hospitalisés, moins de personnes testées positives et une mortalité en baisse.

« Si on arrive petit à petit à une couverture qui monte à 15, 20, 30%, on aura déjà un bénéfice au niveau de la population », explique, à propos de la Belgique, Yves Coppetier, épidémiologiste, qui rappelle à la RTBF qu’avec le vaccin Pfizer/BioNTech, « toutes les données dont on dispose montrent que les 90 à 95% de protection dont on parle ont été mesurées deux semaines après la deuxième injection ».

« Les seules données solides que l’on a pour le moment ce sont les données israéliennes », continue Stéphane Paul. Depuis un mois, Israël a vacciné plus de trois millions de ses habitants (sur 8,8 millions au total), et s’est engagé à partager ses données sur les effets de cette immunisation au géant Pfizer en contrepartie de la livraison rapide de vaccins. Toutefois, l’Etat hébreu a décidé dimanche soir de prolonger de cinq jours les mesures de confinement, alors qu’il enregistrait des rebonds de contaminations.

· Où en est la France?

En France, la campagne vaccinale a été à plusieurs reprises critiquée pour sa lenteur. Actuellement, environ 2,5% de la population a reçu une première dose, et 0,1% une deuxième dose.

Le ministre de la Santé Olivier Véran avait déclaré la semaine dernière que le gouvernement serait « en mesure » de vacciner 70 millions de personnes d’ici la fin de l’été. Le président français Emmanuel Macron a de son côté assuré mardi soir sur TF1 que tous les Français adultes qui le souhaitent pourront se faire vacciner d’ici le 22 septembre.

Jean-Pierre Thierry, médecin de santé publique reste « prudent » avec ces annonces. « Ca ne veut pas dire que les deux doses auront été administrées à tous les Français avant l’été », explique-t-il sur BFMTV, rappelant qu’il « faut deux doses pour une partie de ces vaccins, donc je pense qu’avant la fin de l’été tout le monde aura eu la première dose, une partie aura eu la deuxième dose ».

· Privilégier les personnes fragiles

Dans sa prise de parole surprise de mardi soir, Emmanuel Macron a également estimé que, « début mars » auront été vaccinés les 80% des pensionnaires des Ehpad qui l’auront souhaité, soit 500.000 personnes, ainsi que « largement » les plus de 75 ans.

Les personnes particulièrement vulnérables, parce que plus âgées ou atteintes de comorbidités les rendant plus à risque de faire des formes graves de la maladie, représentent « minimum 16 à 17 millions de personnes. Ces personnes-là, vraiment l’objectif c’est qu’elles soient vaccinées avant l’été », expliquait lundi sur France 2 Alain Fischer immunologue à la tête de la stratégie vaccinale en France.

« L’effet sur les morts et les hospitalisations va se jouer avec la vaccination des plus âgés », explique à BFMTV.com Martin Blachier, médecin de santé publique et épidémiologiste.

Mais « il faudra vacciner une part très importante de la population vulnérable pour voir un réel impact » sur les hospitalisations et les entrées en réanimation, explique-t-il. Soit en très large partie les plus de 65 ans, mais il faudra aussi ouvrir la vaccination aux plus de 45 ans, plus victimes de comorbidités.

Selon lui, aucune amélioration ne sera observée courant février dans l’Hexagone, il faudra attendre le printemps, puis surtout l’été, pour une amélioration de la situation épidémique.

· Plusieurs inconnues à prendre en compte

Reste que la campagne vaccinale est soumise au nombre de doses distribuées et que les aléas de leur fabrication peuvent bien évidemment avoir des retombées sur les prévisions actuelles. Après le laboratoire Pfizer, AstraZeneca avait annoncé fin janvier des retards dans ses livraisons en Europe, en raison d’une « baisse de rendement » sur un site de fabrication.

L’arrivée de différents variants fait également craindre de nouvelles épidémies incontrôlées, car si les vaccins actuels semblent efficaces contre les mutations britannique et sud-africaine, qu’en sera-t-il pour les prochaines?

L’immunité accordée par les vaccins aujourd’hui sur le marché est l’autre inconnue importante. « Combien de temps cela va protéger? C’est une énorme réserve », rappelle Stéphane Paul. Il y a en effet pour le moment moins d’un an de recul sur l’effet des vaccins, et donc l’immunité qu’ils consacrent. Or « il faut savoir combien de temps les gens sont protégés » avant d’afficher un calendrier fiable concernant l’efficacité de la vaccination.

Salomé Vincendon

Salomé Vincendon Journaliste BFMTV

Auteur : Asselli Icône 2 vérifiée
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