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Dépistage du Covid-19 : comment savoir si on est contaminé par un variant ? – Le Parisien

Positif au Covid-19, oui, mais à quoi? Au virus « traditionnel »? A son clone britannique? A ses variants sud-africain ou brésilien? « Ils ne sont pas contagieux de la même manière, on a forcément envie de connaître le nôtre pour savoir à quelle sauce on va être mangé », résume Isabelle, une quadragénaire parisienne, seule de sa famille à être (pour l’instant) infectée. Mais sera-t-elle au courant?

« Depuis trois-quatre jours, on envoie un double compte-rendu à nos patients. Le premier, environ douze heures après le test, pour leur donner leur statut Covid. S’il est positif, ils sauront 48 heures plus tard si c’est le fait d’une mutation », explique le médecin biologiste Arnaud Chenebit, codirecteur d’un laboratoire privé de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Entre-temps, le prélèvement issu des narines aura été envoyé sur une autre plate-forme pour être « doublement checké », dit-il.

Depuis dix jours, des kits PCR spécifiques – trois sont pour l’instant homologués – permettent en effet de distinguer les variants en circulation et de suspecter leur présence dans l’échantillon. Une double analyse qui concerne plusieurs milliers des 20000 nouveaux infectés quotidiens en France.

Mais attention, si certains reçoivent leur fameux compte-rendu, c’est loin d’être généralisé. Et pour cause, nous sommes au tout début. « Ces kits sont très récents, tous les laboratoires n’ont pas encore le criblage », décrypte Lionel Barrand, le président du syndicat des jeunes biologistes médicaux. « Mais avec le renforcement du contact-tracing pour ces cas, l’Assurance maladie et les Agences régionales de Santé appellent en priorité les positifs au variant. C’est une façon pour les personnes testées de savoir », reprend-il.

Les autorités veulent en effet mettre « le paquet » sur ce public, insistant sur l’isolement et la nécessité d’informer au plus vite les personnes avec lesquelles elles ont été en contact. Et pour cause, plus contagieux, les variants pourraient causer une accélération de l’épidémie. Cela ne concerne pas aujourd’hui les tests antigéniques, ceux souvent faits dans les barnums devant les pharmacies.

Une «mauvaise» influence sur le patient

Prévenir le patient, la stratégie est discutable, selon Jean-Michel Pawlotsky. « L’essentiel est que l’information remonte dans les bases de données pour un suivi collectif. Il n’y a pas de logique individuelle à avoir, souffle le chef du pôle de biologie médicale à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil (Val-de-Marne). Cela influence à tort le comportement du malade selon son variant. Or, je le rappelle, il faut s’isoler et faire très attention, quelle que soit la version du virus que l’on porte! »

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Spécialiste de ces questions, le professeur le rappelle, il y a aujourd’hui deux méthodes pour identifier les mutations. « La première – par ces kits spécifiques ou un autre appelé Thermo Fischer – est uniquement une approche de suspicion des variants anglais et sud-africain. Elle permet de dire qu’elle est leur progression et leur influence sur le nombre de cas en France. La seconde est une technique séquençage (l’analyse complète du génome du virus), qui elle, est sans a priori. Elle permet de surveiller de manière globale la survenue de mutations. »

Le variant anglais très présent

Problème, sur sa politique de séquençage, « non seulement la France a eu un retard à l’allumage, mais elle peine à le combler. Les informations issues de la surveillance des variants remontent très lentement », tranche le professeur Bernard Charpentier, nouveau président de l’Académie de médecine.

Au niveau national, la deuxième enquête « flash » montrerait que certes la circulation des variants s’intensifie, mais moins qu’à l’étranger. Pourtant, en Ile-de-France, le Britannique serait déjà aux alentours de « 15-20% », a indiqué ce mardi sur France Info Rémi Salomon, le représentant des médecins des Hôpitaux de Paris. Des chiffres qui n’étonnent pas Arnaud Chenebit, le biologiste frappé par l’omniprésence des clones. Sur les 400 tests réalisés chaque jour dans son laboratoire, 7 à 8% sont positifs et près de 50% de ceux-ci… comportent le variant anglais.

VIDÉO. Comment ce laboratoire parvient à détecter le variant anglais du Covid-19

Auteur : Asselli Icône 2 vérifiée
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