Donald Trump nomme un climatosceptique à lAgence sur locéan et latmosphère – Le Figaro

Donald Trump a placé un nouveau climatosceptique dans une administration qui finance de nombreuses recherches sur l’environnement. David Legates, professeur de climatologie à l’université du Delaware qui n’attribue pas le réchauffement de la Terre à la combustion des énergies fossiles, est devenu un des responsables du NOAA, l’administration en charge de l’océan et de l’atmosphère. S’il n’en devient pas non plus le directeur général, la révélation de cette nomination le week-end dernier par la chaîne publique de radio NPR a provoqué une nouvelle levée de boucliers contre la politique environnementale du président des États-Unis.

David Legates. The Heartland Institute

La nomination de David Legates intervient, en pleine campagne pour l’élection du président des États-Unis, au moment où la Californie et l’Oregon subissent les plus importants feux de forêt depuis 1987. Et Donald Trump assure que ces sinistres n’ont rien à voir avec le dérèglement du climat…

Une «nomination qui porte atteinte à l’intégrité scientifique de la NOAA» , l’Union américaine de géophysique

L’Union américaine de géophysique (AGU), puissante société savante qui chaperonne, entre autres, la climatologie, a déploré une nomination dont les «conséquences se feront sentir dans le monde entier». Car «avec le changement climatique qui provoque des incendies de forêt dans l’ouest des États-Unis et des ouragans dévastateurs dans l’Atlantique, notre nation – et le monde – ne peut pas se permettre que notre gouvernement fédéral mine le travail important des climatologues. La nomination de Legates ne menace pas seulement notre capacité à lutter contre la crise climatique et à protéger notre planète pour les générations futures, elle porte atteinte à l’intégrité scientifique de la NOAA», déplore l’AGU. Les scientifiques réclament ainsi la «révocation» de David Legates.

En attendant, le scientifique devient l’adjoint de Neil Jacobs, qui fut notamment en charge des mesures aéroportées à l’Organisation météorologique mondiale, et qui supervise des orientations stratégiques de recherches et des investissements annuels de plus 5,5 milliards de dollars.

Des liens avec l’industrie pétrolière

David Legates est lié aux intérêts du lobby pétrolier aux États-Unis. Il avait dû renoncer, en 2011, à son rôle de climatologue en chef de l’État du Delaware, sous la pression de la gouverneur démocrate, car il avait douté de l’impact des énergies fossiles notamment dans la hausse du niveau des mers, rapporte le Washington Post. De plus, le scientifique est lié au Heartland Institute, un club de réflexion financé par l’industrie pétrolière. Le «think tank» a vigoureusement attaqué l’article de NPR. Ce dernier remet en question les compétences de son auteure, qualifiée d’«ignorante journaliste, financée par les contribuables, qui ignore la méthode scientifique» et qui confond «science et dogme».

Le poste auquel David Legates a été nommé ne nécessite pas l’approbation du Sénat américain, comme c’est le cas pour certains postes-clés dans plusieurs administrations.

En 2017, les sénateurs avaient par exemple retoqué la nomination d’Andrew Wheeler, à la tête de l‘EPA (Agence américaine pour la protection de l’environnement). Mais sa nomination avait finalement été acceptée un an plus tard grâce au soutien de sénateurs du Parti démocrate, au poste de directeur adjoint puis de directeur général en 2019. Ce dernier, «lobbyiste» pour l’industrie du charbon, avait ainsi contribué, avec son prédécesseur Scott Pruitt, à détricoter la loi sur la qualité de l’air de l’administration Obama.

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