Elections régionales en Russie : les alliés de Navalny revendiquent des victoires symboliques – Le Monde

Des membres de la commission électorale locale pendant le dépouillement, dans un bureau de vote dans la ville russe de Novossibirsk, le 13 septembre 2020.

Les Russes étaient appelés aux urnes dimanche 13 septembre dans 41 régions pour des élections locales qui se déroulent dans un contexte tendu pour Vladimir Poutine. Ils devaient désigner des gouverneurs, des Assemblées régionales ou municipales et quatre députés du Parlement. Le scrutin se déroule depuis vendredi, sur trois jours, notamment dans des bureaux de vote mobiles et en plein air, officiellement pour limiter les risques liés au coronavirus. Ce système, déjà expérimenté fin juin pour la réforme constitutionnelle, avait été marqué par des fraudes, selon l’opposition.

Les alliés de l’opposant russe Alexeï Navalny, victime d’un empoisonnement présumé, ont revendiqué dimanche soir des victoires symboliques dans deux villes sibériennes aux élections régionales, marquées selon des observateurs indépendants par une série d’irrégularités.

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A Novossibirsk, troisième ville du pays, l’équipe de M. Navalny a annoncé la victoire de Sergueï Boïko, à la tête d’une coalition en lice pour l’élection du conseil municipal, qui défiait le parti du Kremlin avec le soutien de l’organisation du principal opposant russe. « Sergueï Boïko à Novossibirsk l’a remporté ! », a indiqué sur Twitter la porte-parole de M. Navalny, Kira Iarmych.

A Tomsk, autre ville sibérienne, l’opposition a revendiqué l’obtention de deux sièges au conseil municipal, dont un pour Ksenia Fadeeva, candidate de 28 ans et directrice du bureau de campagne local de l’organisation d’Alexeï Navalny. Une victoire à Tomsk serait symbolique pour l’opposition car c’est dans cette ville que M. Navalny a été empoisonné, selon ses alliés. Les résultats officiels ne sont pas encore connus à Novossibirsk, à Tomsk, comme dans le reste du pays et sont attendus lundi.

Bureau de vote dans la ville de Tomsk, en Sibérie, le 12 septembre. Les élections se déroulent sur trois jours pour limiter les risques liés au Covid-19.

L’ombre de Navalny sur le scrutin

Dans un contexte économico-social difficile, d’accusations de corruption et d’une impopulaire réforme des retraites, la popularité du parti de Vladimir Poutine s’est érodée à un an des législatives. Russie Unie devrait néanmoins remporter l’écrasante majorité des sièges en jeu.

Le scrutin se déroulait trois semaines après l’empoisonnement présumé d’Alexeï Navalny, adversaire numéro 1 du Kremlin. Il est tombé gravement malade fin août lors d’un voyage en Sibérie où il était venu soutenir ses alliés en campagne et mener des investigations sur la corruption des élites locales. Cet événement a suscité une indignation internationale : selon Berlin, où l’opposant est hospitalisé, ce dernier a été empoisonné avec une substance de type Novitchok, un agent neurotoxique d’origine militaire, ce que Moscou réfute.

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Eprouver la tactique du « vote intelligent »

Les élections régionales sont aussi une occasion pour l’opposition de mettre une nouvelle fois à l’épreuve sa tactique de « vote intelligent », élaborée par Alexeï Navalny, qui consiste à appeler à voter pour le candidat le mieux placé, quel qu’il soit, pour faire perdre celui du pouvoir. Cette tactique avait déjà fait ses preuves l’été dernier à Moscou, lors d’élections municipales contestées à l’issue desquelles Russie unie avait perdu de nombreux sièges.

Dans un contexte économico-social difficile, d’accusations de corruption et d’une impopulaire réforme des retraites en 2018, la popularité de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, s’érode, avec seulement 30 % d’opinions favorables, selon les derniers sondages. Le parti au pouvoir peut néanmoins compter sur des soutiens dans les administrations, la mobilisation des élites et de son électorat traditionnel.

Le Monde

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