En Images : Philippe, Juppé, Cazeneuve réunis au Havre pour ladieu à Antoine Rufenacht – Paris Match

Edouard Philippe, Alain Juppé et Bernard Cazeneuve, ainsi que d’autres figures de la classe politique française étaient au Havre jeudi après-midi pour assister aux obsèques d’Antoine Rufenacht. 

Trois anciens premiers ministres étaient jeudi après-midi au Havre pour un dernier au revoir à Antoine Rufenacht. L’ancien maire du Havre – qu’il a dirigé de 1995 à 2010 – s’est éteint samedi 5 septembre à l’âge de 81 ans.

Edouard Philippe, son successeur à la mairie du Havre, a accueilli Alain Juppé et Bernard Cazeneuve. D’autres figures de la classe politique française se sont rendues à l’église Saint-Joseph pour suivre ce culte d’action de grâce. Parmi eux, Christian Jacob, patron des Républicains, Michèle Alliot-Marie, Hervé Morin ou encore Sébastien Lecornu, ministre des Outre-Mer ont fait le déplacement pour saluer la mémoire de cette figure de la droite chiraquienne.

Aucun éloge funèbre n’a été prononcé, selon les dernières volontés d’Antoine Rufenacht, explique le site «Actu.fr». Le pasteur a livré une anecdote émouvante sur l’homme : «Alors qu’il savait sa mort proche, Antoine Rufenacht a pris soin de demander à tout le personnel de l’hôpital s’ils avaient bien reçu une boîte de chocolats», a-t-il déclaré selon des propos rapportés par le site. Un écran géant diffusait la cérémonie sur le parvis de l’église où plus de 300 personnes étaient présentes, toujours selon le site. Des registres de condoléances étaient à disposition du public, désireux de rendre un dernier hommage à l’ancien élu.

Edouard Philippe avait fait part de sa tristesse dans les colonnes du JDD au lendemain du décès de son mentor. «Il y avait entre nous une relation d’ordre filial», confiait-il saluant «un homme très élégant» qui «impressionnait sans intimider». «Tu duca, tu signore, e tu maestro » («Tu es mon guide, mon seigneur et mon maître», paroles de Dante à Virgile dans «L’Enfer», Ndlr), avait-il aussi écrit sur Twitter. Un tweet relayé par le président de la République.

“Il pourrait être mon fils”, disait Rufenacht de Philippe

Ancien ministre de Raymond Barre (1976-1978), ancien député de la Seine-Maritime (1975-76, 1978-81 et 1986-95), Antoine Rufenacht avait réussi en 1995 à remporter la mairie du Havre qui était un fief du PCF. En 2010, il démissionne, laissant la place à un certain Edouard Philippe. «Il pourrait être mon fils», avait déclaré Rufenacht en mai 2017 à propos de celui qui faisait à l’époque ses premiers pas à Matignon. Il lui avait pourtant «déconseillé» de rejoindre Matignon et Emmanuel Macron, lui qui ne croyait «pas du tout à l’effacement de la droite et de la gauche».

Antoine Rufenacht, représentant de la bourgeoisie protestante havraise, a été conseiller régional (RPR puis UMP) de Haute-Normandie de 1986 à 2005. Il a présidé le conseil régional de 1992 à 1998 après avoir battu Laurent Fabius.

En 1976, à 37 ans, il est le benjamin du gouvernement

Né le 11 mai 1939 au Havre, diplômé de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, est élu député (UDR) de Seine-Maritime en 1975. Il renonce à son mandat en 1976 pour entrer au gouvernement, dont il sera alors à 37 ans, le benjamin. Il est secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre Raymond Barre (1976-77) puis auprès du ministre de l’Industrie (1977-78). En 1988, il retrouve son siège de député, perdu en 1981. Réélu en 1993, il démissionne deux ans plus tard pour cause de cumul des mandats, lorsqu’il est élu maire du Havre.

Après avoir démissionné de la mairie du Havre, Antoine Rufenacht, qui a aussi été proche de Nicolas Sarkozy, s’implique dans l’UMP. En janvier 2017, il démissionne de la présidence de la fédération départementale des Républicains, fâché de ne pas avoir été consulté pour les candidatures aux législatives.

Chevalier de la Légion d’honneur, marié et père de trois enfants, Antoine Rufenacht a longtemps présidé la société Armor, entreprise familiale.

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