Essai – Ferrari Roma (2020) : Le retour du glamour – Caradisiac.com

Commençons par éclaircir les choses, car nous-mêmes avons eu besoin de le faire : non, la Roma ne remplace pas la Portofino dans la gamme, pas plus qu’elle n’en est une version coupé cachée sous un autre nom et derrière un visage différent. La Roma est bel et bien un nouveau modèle, le 11 (hormis les séries limitées exclusives) de la gamme actuelle Ferrari, qui ne fut jamais plus fournie. 

Ce nouveau modèle n’a pas seulement son propre design (nous allons y revenir) : il a aussi son propre caractère, et surtout sa propre philosophie. Ferrari a en effet beaucoup insisté en début de présentation sur le « slogan » qui accompagne la naissance de la Roma et qui décrit cette philosophie : « La Nuova Dolce Vita ». Ce que le constructeur a voulu créer avec la Roma, c’est donc une réinterprétation moderne d’une des plus belles époques de Ferrari, sinon la plus belle. Les années 60, celles des sublimes séries 250, lorsque les voitures de course étaient aussi belles et sensuelles que les voitures de route (qui étaient d’ailleurs souvent les mêmes) L’époque où les voitures étaient aussi élégantes que les stars qui les conduisaient, de Loren à Mastroiani, de Delon à Bardot, sans oublier les plus grands pilotes, dont l’aura était très différente de celle des champions d’aujourd’hui. 

Essai - Ferrari Roma (2020) : Le retour du glamour
Essai - Ferrari Roma (2020) : Le retour du glamour

A cette période, les Ferrari bénéficiaient d’un prestige évident, sans le côté tape-à-l’œil qui a pris de l’ampleur dès les années 80. Les années fric, dont la Testarossa est une icône. Bien que la marque n’ait jamais vendu autant de voitures qu’aujourd’hui, bien que les Ferrari soient aujourd’hui d’une qualité quasiment irréprochable, peut-être y a-t-il des gens au sein de la maque qui ont le sentiment qu’elle a perdu une partie de son âme. Cette partie glamour et classe. Peut-être se disent-ils qu’en même temps que les Ferrari sont devenues des voitures technologiques qui méritent leur place tout en haut de la hiérarchie de l’automobile sportive, elles ont adopté une attitude « bling-bling » un peu trop prononcée. D’ailleurs, quand on demande aux gens de Ferrari qui est la clientèle cible de la Roma, la réponse semble le confirmer : des clients qui n’ont jamais eu de Ferrari auparavant (le constructeur planche sur un taux de conquête de 70%), qui en avaient peut-être envie mais étaient repoussés par leur côté flashy. En clair, ceux qui trouvaient qu’une Ferrari était une caisse de frimeurs. Presque un aveu !

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Quand on comprend ce que Ferrari a voulu faire avec cette Roma, s’envole l’une des rares critiques que l’on a pu adresser à la voiture à la publication des premières images, notamment que le design copie celui d’une Aston Martin. Soulignons d’abord que cette impression est nettement moins vraie lorsqu’on est en présence de la Roma et que tous ses détails sont plus visibles (comme la grille qui replonge en arrière, autre référence aux Ferrari des années 60). La posture de la Roma sur la route est en fait très différente de celle d’une Aston et, sauf pour le profane, le sentiment de ressemblance n’est plus. 

Essai - Ferrari Roma (2020) : Le retour du glamour

D’accord, certains galbes sont très semblables, le nez pointu de la voiture aussi, et certains trouvent par ailleurs que la partie trois-quarts arrière, la jonction entre le montant de toit et l’aile postérieure, fait énormément penser à la Jaguar F-Type. On a envie de dire « et alors ? ». Au fond, cela ne valide qu’encore plus l’idée d’un retour au glamour des sixties. Replongez dans vos archives, tapotez sur Google, et vous constaterez que les plus prestigieuses sportives de cette époque, les Ferrari, Aston et même Maserati, se ressemblaient aussi pas mal. Seule la Jaguar Type E était radicalement différente, et c’est d’ailleurs pour cela qu’Enzo Ferrari himself en disait que c’était la plus belle voiture jamais dessinée. Tout cela pour dire que peu importe à qui elle ressemble, la Ferrari Roma est une voiture absolument sublime. Simple, sensuelle, féminine… plutôt que tape-à-l’œil ! 

Volupté 

Dans l’habitacle aussi, Ferrari a voulu revenir à quelque chose évoquant le luxe et la douceur de vivre, plutôt qu’une ambiance course qui domine dans tous les autres modèles récents de la marque. Le meuble de bord est tout en courbes et généreux en cuir, les plastiques “piano black” prennent le pas sur le carbone (qu’on peut bien sûr choisir en option) les ouïes de ventilations ne sont plus des objets usinés façon pièce mécanique (tendance déjà observée dans la SF90)… Bref, on est plus dans le double cocon cosy que dans la supersportive dépouillée. Notez au passage que la Roma est un coupé 2+2 mais que les places arrière sont à la limite du symbolique, en tout cas derrière le conducteur. Si celui-ci mesure plus de 1,80 mètre, son dossier se retrouvera contre le bord de l’assise arrière. Par ailleurs, les dossiers arrière sont très verticaux, ce qui sera vite inconfortable, comme nous l’a démontré un récent trajet de 300 km avec une 911 Turbo S avec des enfants.

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Nous parlions de la SF90 alors continuons car la Roma en reprend d’autres éléments encore : le volant – lui aussi moins « F1 » que sur d’autres Ferrari -, le combiné d’instrument numérique configurable et toujours très lisible, ainsi que le module de commande de boîte sur la console centrale. Observez bien celui-ci. Vous remarquez ? Exit les trois boutons sans âme : Ferrari opte désormais pour trois petits leviers basculeurs sur une plaquette imitant la légendaire grille de boîte manuelle Ferrari. Belle attention !

Essai - Ferrari Roma (2020) : Le retour du glamour
Essai - Ferrari Roma (2020) : Le retour du glamour

Exclusivité de la Roma, le nouvel écran-tablette vertical du système multimédia. L’écran est réactif, l’utilisation est intuitive et nous ne lui ferons qu’un reproche : comme chez PSA, il faut passer par l’écran pour modifier les réglages de climatisation et comme chez PSA, ça nous exaspère. Mais si on est accompagné, on pourra toujours demander au passager de se charger de ça, puisque la Roma adopte à son tour le nouveau gimmick de la marque : le petit écran placé au-dessus de la boîte à gant, via lequel le passager peut contrôler le système audio, la clim, ses réglages de sièges, etc.

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Et pour en finir avec ce tour du propriétaire, nous sommes heureux de vous apprendre que Ferrari ne cède pas encore aux sirènes de la conduite autonome, puisque même si la Roma adopte des choses considérées par certains comme essentielles (freinage automatique d’urgence, régulateur de vitesse à contrôle de distance, surveillance de trafic transversal arrière et d’angle mort, ou encore avertissement de changement involontaire de bande), en aucun cas la direction ne corrige elle-même une trajectoire. Le seul maître à bord, c’est le conducteur !

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