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Exécution du lutteur iranien Navid Afkari – Le Monde

De l’enterrement nocturne de Navid Afkari n’est sortie qu’une vidéo d’une trentaine de secondes, datée du 12 septembre. Sous la lumière des téléphones portables et alors que résonnent les cris de détresse, on voit un corps couvert dans un tissu blanc qui glisse entre les mains d’une dizaine d’hommes, avant d’être placé dans une tombe. Le lutteur de 27 ans Navid Afkari a été pendu quelques heures plus tôt pour le meurtre un employé du gouvernement à Chiraz (sud) lors des manifestations dans cette ville en 2018 contre la situation économique et politique du pays. Navid Afkari et sa famille ont toujours nié cette accusation, soutenant qu’il a été contraint aux aveux sous la torture, et victime d’un scénario imaginé par les services de renseignement iraniens.

Navid Afkari a été doublement condamné à mort pour « homicide » et pour « moharebeh », la guerre contre Dieu, charge souvent utilisée contre les opposants en Iran. Ses deux frères, Habib et Vahid, arrêtés quelques mois après lui, ont été condamnés à de longues peines de prison. Avec au moins 251 exécutions en 2019, l’Iran est, après la Chine, le pays qui a le plus recours à la peine capitale.

Après la validation de sa condamnation à mort par la Cour suprême, le 2 septembre, Navid Afkari avait réalisé depuis sa cellule à Chiraz un enregistrement audio dans lequel il décrit les mauvais traitements dont il a fait l’objet. « Ma tête a été placée dans un sac plastique. J’ai failli suffoquer et mourir, explique-t-il dans ce message. Pour leur corde, ils cherchent un cou. » Le jeune lutteur, plusieurs fois médaillé, soutient également que ses deux frères ont été arrêtés dans le but de le pousser à reconnaître le meurtre et qu’il craignait pour les autres membres de sa famille, notamment sa mère et sa sœur.

Les réactions se sont multipliées sur la scène internationale

Après la pendaison de Navid Afkari, l’un de ses avocats, Hassan Younesi, a dénoncé le fait que son client ait été privé de son droit à une dernière visite de sa famille. « Etiez-vous si pressés pour l’appliquer que vous avez privé Navid d’une dernière visite ? », a-t-il écrit sur Twitter. L’avocat précise également que les efforts avaient été déployés pour demander grâce à la famille de l’employé du gouvernement.

Ce week-end, les réactions se sont multipliées sur la scène internationale. Le ministère français des affaires étrangères a condamné dimanche l’exécution du lutteur. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a de son côté dénoncé un acte « cruel ».

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