Faillite de Bio CBon : des actionnaires particuliers craignent de perdre leur mise – Boursorama


Faillite de Bio C'Bon : des actionnaires particuliers craignent de perdre leur mise

Faillite de Bio C’Bon : des actionnaires particuliers craignent de perdre leur mise

Plusieurs centaines de particuliers ont investi leurs économies dans le capital de la chaîne de distribution Bio C’Bon, aujourd’hui en redressement judiciaire. Alors que les repreneurs doivent faire connaître leur offre auprès du juge, ils veulent faire entendre leur voix afin de ne pas tout perdre dans l’opération de reprise. Les actionnaires sont en effet les derniers servis dans la mise en place d’un plan de cession.

Les actionnaires particuliers ayant investi dans l’entreprise Bio C’Bon risque d’y laisser leurs économies. La chaîne de magasin bio en difficulté a été placée en redressement judiciaire le 2 septembre et les entreprises intéressées par une reprise totale ou partielle du distributeur spécialisé avaient jusqu’à mardi 15 septembre pour se faire connaître. Une association de petits investisseurs leur demande de prendre en compte dans leur offre la situation financière très particulière de l’entreprise, selon leur avocat mercredi.

Ils ne veulent pas être “les dindons de la farce“, explique Antoine Germain, l’avocat de l’Association de défense des investisseurs de Bio C’Bon (ADIBIO). Celle-ci rassemble 2.800 investisseurs ayant investi en moyenne 30.000 euros pour participer au développement de Bio C’Bon ou pour acquérir des locaux commerciaux.

Cet investissement risque cependant de ne jamais leur être retourné, les actionnaires n’étant pas prioritaires en cas de faillite. “Dans le cadre d’un plan de cession, ils ne récupèreront pas un seul euro parce qu’ils seront les derniers créanciers servis. On servira d’abord les salariés qui éventuellement n’ont pas été payés, ensuite les créanciers sociaux et fiscaux, les créanciers qui ont des nantissements sur les fonds et enfin les actionnaires“, explique l’avocat.

Entrer au capital de la nouvelle entité

Évaluant à environ 114 millions d’euros le préjudice global, “avec les intérêts“, il explique encore que ces investisseurs souhaiteraient “que le repreneur intègre dans son offre de reprise leurs intérêts en leur proposant par exemple d’entrer au capital du véhicule d’acquisition de Bio C’Bon“. Parmi les noms des repreneurs évoqués ces dernières semaines figurent Carrefour et Casino, mais aussi le spécialiste Biocoop ou encore le groupe familial Zouari, actionnaire de référence de l’enseigne de surgelés Picard et l’un des principaux franchisés de Casino, ces deux derniers ayant confirmé avoir déposé une offre.

En 2018, le magazine spécialisé LSA avait détaillé un montage financier proposé par l’actionnaire fondateur du groupe, Marne & Finance, qui préside également Bio C’Bon. Celui-ci permettait à des particuliers d’investir dans les magasins ou les locaux commerciaux. Dans la foulée, l’Autorité des marchés financiers (AMF) avait alerté sur “les risques encourus” à poursuivre la commercialisation de ces offres “sans s’être assurés” que les clients étaient “suffisamment avertis” des risques, selon les termes d’un courrier mis en ligne par un des destinataires. Dans un second courrier, l’AMF avait nié en décembre 2018 l’existence de griefs et décidé de “ne pas ouvrir de procédure de sanction à l’encontre de Marne & Finance ou de ses dirigeants“.

L’un des rôles de l’AMF, le gendarme des marchés, consiste en effet à protéger le droit des actionnaires. Ceux-ci sont censés être suffisamment informés du risque qu’ils prennent lorsqu’ils investissent dans une entreprise. C’est tout particulièrement le cas des particuliers, par définition moins aguerris au monde de l’investissement que les professionnels.

C’est justement la raison pour laquelle le financement participatif, ou “crowdfunding”, avait été si surveillé par le régulateur à ses débuts, dans les années 2012-2013. L’AMF voulait s’assurer que ce dispositif, qui permet à des internautes de prendre des participations en action dans des entreprises proposées par une plate-forme de crowdfunding, prévenait suffisamment les épargnants du fait qu’ils risquaient de perdre leur capital.

Arnaud Dumas avec AFP

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