« Il faut sauver ARM » : Le cofondateur de lentreprise refuse le rachat par Nvidia – 01net.com

Le cofondateur d’ARM n’est pas content du rachat par Nvidia de l’entreprise qu’il a créée : après avoir publié des mises en garde courant août, Hermann Hauser passe la seconde en lançant une pétition visant à pousser le gouvernement britannique à bloquer la vente du fleuron national des semi-conducteurs à l’américain Nvidia.

Quoique citoyen autrichien de naissance, Hermann Hauser est l’une des plus hautes figures de la « Silicon Fen », équivalent miniature de la Silicon Valley qui s’est développé autour de Cambridge. Chevalier de l’Ordre de l’Empire britannique, membre de la Royal Society et disposant à son actif d’une horde de créations d’entreprises et autres œuvres de charité locales, Hermann Hauser est une figure écoutée de tous outre-Manche.

Du rachat, il prédisait déjà en août dernier « un désastre ». Non pas pour Nvidia, mais bien pour ARM. Pointant dans la pétition des précédents rachats de sociétés britanniques par des Américaines (Cadbury par Kraft), Mr Hauser prédit que celui d’ARM « mènera à la perte d’emplois et de l’influence du Royaume-Uni » dans la gestion d’ARM. Et de rajouter que ce rachat met en péril le business model d’ARM qui est d’être « la Suisse de l’industrie des semi-conducteurs en gérant de manière égalitaire plus de 500 titulaires (de la licence) ».

Mais sans doute conscient que ces arguments pèsent bien peu face à un ticket de 40 milliards de dollars, Mr Hauser termine par la seule arme suffisamment puissante pour émouvoir un gouvernement en ces temps de guerre économique : la souveraineté.

Rappelant la position dominante d’ARM dans le secteur des smartphones, la pétition de Mr Hauser met en garde contre les GAFAM, la bataille USA/Chine, l’usage martial que fait Mr Trump de la dominance technologique des USA. Et de préciser que dans le cas où ARM deviendrait américaine, elle devrait alors se conformer aux régulations d’exportation du pays (OFAC Regulations, des lois qui empêchent aujourd’hui de nombreuses entreprises américaines de faire du commerce avec Huawei, ndr). Quand bien même les emplois seraient en partie préservés, « la décision de savoir à qui ARM est autorisée à vendre se prendrait à la Maison-Blanche et plus à Downing Street ».

Bloquer le rachat légal – et qui plus est à un fond japonais – d’ARM semble difficile à réaliser par le gouvernement britannique actuel, déjà empêtré dans le Brexit. Conscient de ce fait, la pétition a moins pour objectif de faire capoter la vente que d’alerter le gouvernement. Arguant que « céder l’arme la plus puissante arme du commerce britannique aux USA transformerait le Royaume-Uni en vassal des USA », la pétition ajoute que le deal ne peut aboutir à résultat satisfaisant qu’en imposant des contraintes légales très strictes.

  1. L’obligation légale du maintien des emplois au Royaume-Uni.
  2. L’obligation légale pour Nvidia de ne pas s’arroger un traitement préférentiel par rapport aux clients d’ARM
  3. Les USA doivent exempter le Royaume-Uni pour garantir que les entreprises britanniques auront toujours accès à leur technologie de processeur nationale (ARM, ndr)

L’autre alternative abordée par la pétition serait l’arrivée du gouvernement britannique au capital de l’entreprise par le biais d’une « golden share », une action de référence qui permet à un actionnaire minoritaire en actions de disposer d’un droit de véto.

Impossible de savoir comment le cabinet de Boris Johnson va réagir à cette initiative. Mais une chose semble sûre : il n’y a pas que le gouvernement britannique qui doit commencer à s’inquiéter à ce renforcement de la consolidation de l’ultra domination américaine des semi-conducteurs. Après tout, ce sont les instructions ARM qui ont été choisies par l’European Processor Initiative, un projet de production de processeur européen… souverain.

Source : Save ARM

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