Incendie de Moria: Merkel déçue par labsence de solution européenne – Le Figaro

La chancelière allemande Angela Merkel s’est dite déçue mardi 15 septembre par l’absence de solution européenne concertée pour accueillir davantage de réfugiés du camp grec dévasté de Moria, alors que Berlin a annoncé en accueillir environ 1500.

Cette non-coordination «n’est pas un signe de la capacité d’action et des valeurs de l’Europe», a-t-elle regretté, ont rapporté à l’AFP des participants à une réunion de son groupe parlementaire conservateur à Berlin.

Elle a en revanche expliqué que la décision mardi par Berlin de faire sa part en accueillant 1553 migrants actuellement sur les îles grecques après les incendies du camp de Moria à Lesbos, en plus des quelque 150 mineurs non accompagnés déjà prévus la semaine passée, était un «règlement gérable et justifiable» pour le pays, première puissance économique européenne.

Il est «juste» de se concentrer sur les familles

Selon elle, il est «juste» de se concentrer sur les familles avec enfants dont la demande d’asile en Grèce a déjà été approuvée. Berlin souhaite accueillir avant tout des familles avec des enfants actuellement sur les îles grecques et qui ont déjà obtenu le statut de réfugiées par les autorités grecques, selon une source gouvernementale allemande interrogée par l’AFP.

La chancelière a dit qu’elle continuerait à préconiser une «approche européenne». La Commission européenne doit d’ailleurs présenter le 23 septembre un projet très attendu de réforme de la politique migratoire dans l’UE.

Le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer a tenu des propos plus critiques à l’égard des partenaires européens, y compris la France, regrettant qu’aucun pays de l’UE n’ait voulu participer à l’accueil de ces quelque 1550 réfugiés qui vivent dans «des conditions absolument intenables».

Le gouvernement allemand est depuis plusieurs jours mis sous pression par des partis de gauche, des ONG et une partie de la société civile, qui réclament un geste humanitaire en faveur des 12.000 migrants laissés dans le plus grand dénuement à Lesbos. Jusqu’ici la réponse des Européens avait été des plus discrètes : 10 pays ont accepté de prendre en charge 400 mineurs non accompagnés, dont la France qui devrait en accueillir une centaine.

Sur l’île de Lesbos, une poignée seulement des exilés chassés par l’incendie du camp ont jusqu’ici rejoint le centre provisoire érigé par les autorités grecques, tandis que les insulaires se sentent largement abandonnés par le reste de l’Europe.

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