INFOGRAPHIES. Covid-19 : pourquoi la situation est jugée inquiétante à Bordeaux, Marseille et en Guadeloupe – franceinfo

Le Premier ministre a évoqué ces trois zones lors de son allocution, vendredi, consacrée à l’épidémie de coronavirus. Jean Castex a demandé aux préfets concernés de prendre des mesures “complémentaires”.

La situation épidémique continue de se dégrader dans l’ensemble de la France, avec toutefois quelques disparités locales face au Covid-19. Lors d’une allocution, vendredi 13 septembre, le Premier ministre, Jean Castex, a notamment cité les cas de Marseille, Bordeaux et la Guadeloupe, territoires confrontés à une “évolution préoccupante des contaminations notamment chez les plus âgés”. Les préfets concernés, d’ailleurs, vont devoir prendre, à partir de lundi, de nouvelles mesures pour tenter d’enrayer la hausse des cas. 

Voici quelques graphiques qui permettent de mesurer l’urgence de la situation dans les départements en question, réalisés à partir des données disponible sur la plateforme Geodes, de Santé Publique France.

Un taux d’incidence qui s’envole

Le taux d’incidence, par exemple, correspond au nombre de personnes infectées sur une semaine dans une population donnée. A ce compte, les trois collectivités ont accusé un net rebond ces dernières semaines, ce qui montre que le virus circule davantage aujourd’hui.

A titre de comparaison, la moyenne en France métropolitaine est actuellement de 74,7 cas positifs pour 100 000 habitants. Au total, 42 départements et collectivités ont un taux d’incidence dépassant le seuil d’alerte (50/100 000 habitants) et plusieurs ont même un taux d’incidence supérieur à 100/100 000. En dehors des exemples déjà cités, il faut en effet ajouter Paris (150/100 000), le Rhône, les Alpes-Maritimes, le Val-de-Marne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et la Corse-du-Sud. L’Ile-de-France est donc encore et toujours une zone noire de l’épidémie en France, alors que la Meuse et la Creuse ferment la marche (moins de 10/100 000).

Le taux d’incidence permet de dégager une tendance épidémique, mais il dépend en partie du nombre de tests réalisés. Il ne faut pas qu’on compare l’incidence qu’on a actuellement avec celle qu’on avait en mars parce qu’on dépiste beaucoup plus”, résume Dominique Costagliola, épidémiologiste et biostasticienne interrogée par franceinfo. “Mais depuis mi-juillet, le taux de positivité, donc le nombre de gens positifs parmi l’ensemble des tests, augmente. Il est passé de 1% à 5,2% la semaine dernière” en France métropolitaine.

Un taux de positivité élevé

Mais cette hausse est encore plus vive dans les trois territoires concernés. La situation est même particulièrement alarmante en Guadeloupe, où plus de 18% des tests réalisés sont positifs. En Gironde et dans les Bouches-du-Rhône, ce taux dépasse les 8%. “Au pic de l’épidémie en Allemagne, pays qui a toujours beaucoup testé, le taux de positivité était entre 8 et 10 %, analyse Dominique Costagliola. Donc, on s’approche quand même de quelque chose qui est élevé”.

Là encore, les départements franciliens suivent de près, ainsi que le Rhône et les Alpes-Maritimes. A l’inverse, l’Orne, la Manche (1,3%), la Creuse et la Meuse (1,1%) sont relativement épargnés.

Des hospitalisations en hausse

Cette hausse risque de se traduire tôt ou tard dans les services hospitaliers. “Dans les Bouches-du-Rhône, cela veut dire que on est déjà en train de prévoir des déprogrammations pour certains soins”, a alerté sur franceinfo Dominique Costagliola. “Si on prend en compte le nombre d’appels au Samu, les admissions aux urgences et le nombre d’hospitalisations liées au Covid-19, tous les signaux sont au rouge”, estimait pour sa part Yann Bubien, directeur du CHU de Bordeaux cité par France 3 Nouvelle-Aquitaine. Pour l’heure, toutefois, personne ne peut évaluer le pic de cette vague qui s’amorce.

“On a des indicateurs qui se complexifient très rapidement, avec un impact important”, souligne sur franceinfo Bruno Jarrige, vice-président du CHU de Pointe-à-Pitre. Pour l’heure, il ne signale pas encore “de problème de locaux ou de matériel” mais insiste en revanche sur “des problèmes de ressources humaines”. Le personnel est parfois appelé en renfort “au détriment des secteurs non Covid”, alors que les équipes essaient pourtant de continuer à s’occuper des malades habituels.

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