La crise du covid va accélérer la part des énergies renouvelables et la Chine sera à la manoeuvre – BFMTV

Selon un rapport de l’assureur-crédit Coface, la pandémie aura un effet d’accélérateur dans l’usage des ressouces renouvelables et dans leur diversification.

Une des seules bonnes nouvelles liée à la crise du covid-19 est celle de l’accélération de la production des énergies renouvelables.

Selon un rapport de l’assureur-crédit Coface, ses “répercussions sur ce segment de l’énergie sont actuellement d’une importance capitale, car la pandémie a perturbé les chaînes d’approvisionnement et la disponibilité de la main-d’oeuvre, tandis que l’accès au financement a également été durement touché”.

Quasiment 35% des capacités installées en 2019

De quoi consolider une tendance déjà nette. Les ressources renouvelables sont en effet passées de 21,8% de la capacité installée totale de l’électricité dans le monde en 2000 à 34,7% en 2019, selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).

La crise devrait également accélérer la diversification de ces énergies renouvelables. “Alors qu’en 2000, l’hydroélectricité représentait 93% de la capacité mondiale totale de production d’énergie renouvelable, ce rapport a diminué au fil du temps, pour atteindre 47% en 2019. Cela peut s’expliquer par le fait que d’autres sources, notamment l’énergie solaire et éolienne, ont gagné en représentativité dans la matrice mondiale”.

Et par effet domino de la pandémie, les émissions mondiales de CO2 devraient diminuer d’environ 8% par an en 2020, pour revenir au niveau d’il y a dix ans, selon les chiffres de l’AIE (Agence internationale de l’énergie) cités dans le rapport.

“Le secteur des énergies renouvelables, bien qu’il ne soit pas à l’abri des retombées de la crise sanitaire, devrait faire preuve d’une plus grande résilience par rapport aux énergies fossiles et aux autres secteurs”.

Avantage géopolitique pour la Chine

“L’intégration des énergies renouvelables dans le réseau n’est plus une option pour les gouvernements du monde entier, tant dans les économies avancées que dans les économies émergentes”, peut-on lire.

Et dans ce domaine, la Chine est “un leader mondial dans la transition énergétique” alors que l’empire du Milieu est régulièement pointé du doigt pour son usage intensif de centrales électriques au charbon plaçant le pays en haut de la liste des pays émetteurs de CO2.

Le plan “Made in China 2025”, publié pour la première fois en mai 2015, préconise l’augmentation de l’utilisation des énergies renouvelables et encourage l’entrée dans le réseau de sources renouvelables à grande échelle, rappelle la Coface.

Concrètement, les investissements chinois dans les énergies renouvelables représentaient pas moins de 45% des 279,8 milliards de dollars investis au niveau mondial en 2017, soit 126,6 milliards de dollars.

Surtout, “ces dépenses visent principalement les pays européens membres de l’OCDE, plutôt que les économies en voie de développement. Par exemple, de 2010 à 2017, les
investissements chinois en Europe dans l’énergie éolienne ont totalisé 6,8 milliards de dollars. Dans l’ensemble, cette tendance à long terme ne devrait pas être inversée par la pandémie”, peut-on lire.

Bref, la Chine sera clairement à la manoeuvre dans cette révolution qui s’installe. De quoi lui procurer “les avantages géopolitiques de l’investissement dans des sources d’énergie propres”.

L’Europe n’est pas à la hauteur

Quant à l’Europe, les intentions de la Commission européenne “n’ont pas été à la hauteur de ce que l’industrie considérait comme une véritable réponse aux défis posés par la Covid-19”, estime la Coface.

Ce tableau risque néanmoins d’être assombri par des difficultés également liées à la crise covid. Selon l’AIE, elle impactera “de nombreux déclencheurs de l’essor des énergies renouvelables et entraînera une diminution de 13% des capacités supplémentaires en 2020, après dix ans de croissance régulière”.

“C’est en Europe que la baisse sera la plus importante, en raison des mesures de confinement strictes prises dans plusieurs pays et de la diminution de l’appétit des investisseurs pour les ventes aux enchères”, ajoute l’étude.

Ainsi, si les investissements dans les décisions finales relatives à l’éolien en mer ont augmenté de 319% au premier semestre par rapport à de l’année précédente selon une étude de la Bloomberg New Energy Finance (BNEF), essentiellement à cause de la fin de subventions en Chine, l’énergie solaire et l’éolien terrestre, qui constituent la majeure partie des énergies renouvelables, ont diminué respectivement de 12% et 21%.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business

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