La Grèce commande 18 Rafale à la France – Les Échos

Publié le 12 sept. 2020 à 20:46Mis à jour le 12 sept. 2020 à 21:53

Coup double pour Dassault Aviation. Après avoir livré ce samedi son premier lot de cinq Rafale à l’armée de l’air indienne, le groupe français a enregistré le même jour une commande de la Grèce, qui a indiqué vouloir acquérir 18 de ses appareils de combat.

Il s’agit de la première commande de Rafale par un pays européen. « Cette annonce constitue un succès pour l’industrie aéronautique française, en particulier Dassault Aviation ainsi que les autres acteurs industriels français, et notamment les nombreuses PME concernées par la construction du Rafale », s’est félicitée la ministre française des Armées Florence Parly dans un communiqué.

Le contrat vient garnir un carnet de commandes insuffisant pour le constructeur, qui s’inquiétait de ne plus avoir rien à produire après 2024. Le groupe n’a pour l’instant pas obtenu de Florence Parly la commande d’une cinquième tranche de 30 appareils pour livraison à partir de 2025 mais participe à des compétitions en Suisse, en Finlande, et est en contact avec la Croatie.

« Bouclier national »

La commande grecque, elle, a pu aboutir malgré la pression des Américains, toujours en soutien de la Turquie. Eric Trappier, Président-Directeur général du groupe, s’est réjoui du choix d’Athènes, « qui conforte la relation exceptionnelle que nous entretenons avec la Grèce depuis près d’un demi-siècle […] Dassault Aviation est totalement mobilisé pour répondre aux besoins opérationnels exprimés par l’armée de l’air grecque, et contribuer ainsi à assurer la souveraineté de la Grèce et la sécurité du peuple grec ».

Pressée de se réarmer du fait des tensions croissantes qui l’oppose à la Turquie en Méditerranée orientale, la Grèce, qui négociait initialement avec la France pour l’acquisition de deux frégates dernière génération à Naval Group, a changé ses plans.

Dans un discours prononcé ce samedi à Thessalonique, le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis a présenté un « programme important qui formera un bouclier national ». Au menu : les 18 Rafale, la commande de quatre nouvelles frégates, la modernisation de quatre autres, l’acquisition d’armes anti-chars, de torpilles et de missiles, et le recrutement de 15.000 militaires.

Erdogan répond à Macron

La Turquie et la Grèce, toutes deux membres de l’Otan, se déchirent à propos de gisements d’hydrocarbures en Méditerranée orientale, dans une zone qu’Athènes estime relever de sa souveraineté. Le dirigeant grec a accusé ce samedi son voisin de « menacer » les frontières orientales de l’Europe et de « mettre en péril » la sécurité régionale.

Son gouvernement dispose, depuis le début des tensions, du soutien affiché et appuyé de Paris. « La France poursuit son action en faveur d’une Europe de la défense plus forte, plus autonome et unie, conformément aux orientations stratégique », a déclaré Emmanuel Macron dans le communiqué français publié ce samedi.

« Ne cherchez pas querelle au peuple turc, ne cherchez pas querelle à la Turquie », a lancé de son côté le président turc Recep Erdogan dans un discours télévisé à Istanbul, en référence aux sévères critiques émises par le chef de l’Etat français Emmanuel Macron envers Ankara.

Avec agences

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