Laccord entre Israël, Bahreïn et les Emirats sauve le bilan diplomatique de Donald Trump – Le Monde

Donald Trump, Benyamin Nétanyahou, Abdullatif Al-Zayani, et Abdullah Ben Zayed Al-Nahyane, mardi 15 septembre à la Maison Blanche.

Certes, les photos n’ont pas eu la puissance symbolique de celles de la signature des accords d’Oslo, en 1993, ou du traité de paix entre la Jordanie et Israël, pour ne parler que des plus récents. Donald Trump a néanmoins obtenu une précieuse victoire diplomatique, mardi 15 septembre, avec les paraphes à la Maison Blanche des accords de normalisation parrainés par les Etats-Unis entre l’Etat hébreu et deux pays arabes du Golfe : la fédération des Emirats arabes unis et le royaume de Bahreïn.

A tout juste sept semaines de l’élection présidentielle du 3 novembre, cette double signature a gonflé l’optimisme du président. « Nous sommes très avancés avec environ cinq pays, cinq pays [arabes] supplémentaires », a-t-il assuré en recevant le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. « Nous avons au moins cinq ou six pays qui vont nous rejoindre très bientôt, nous leur parlons déjà », a-t-il ajouté.

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Alors que l’Autorité palestinienne déplore une « trahison » par rapport à l’Initiative de paix arabe qui subordonnait la normalisation à la création d’un Etat palestinien viable, Donald Trump s’est dit assuré que « les Palestiniens vont totalement devenir un membre, je ne dis pas ça par bravade, je vous assure que les Palestiniens vont faire partie au moment opportun ». Il a également pronostiqué qu’après une éventuelle réélection, l’Iran s’efforcerait de négocier avec les Etats-Unis.

Ce discours volontariste à propos de « l’aube d’un nouveau Moyen-Orient » vise à présenter le locataire de la Maison Blanche comme un artisan « de la paix et de la stabilité » dans cette région. Une perspective dont la conséquence serait le retrait des troupes américaines, conformément au souhait d’un président qui critique régulièrement les déploiements américains en dehors des frontières des Etats-Unis.

« Pression maximale »

Ce parrainage américain est tombé à point nommé après les revers accumulés par l’administration Trump sur une série de dossiers internationaux.

La percée provoquée par la normalisation entre les Emirats arabes unis et Israël, en août, a permis d’éclipser l’humiliation subie par Washington aux Nations unies à propos de l’Iran. Les Etats-Unis ont fait presque l’unanimité contre eux au Conseil de sécurité en voulant rétablir les sanctions onusiennes par un mécanisme prévu par l’accord international sur le nucléaire iranien dont ils se sont retirés en 2018.

La « pression maximale » contre Téhéran, tout en plongeant l’Iran dans une profonde crise économique accompagnée d’un raidissement du régime, n’a pas produit pour l’instant les résultats escomptés. Au contraire. La République islamique ayant repris ses activités d’enrichissement d’uranium en riposte à la volte-face américaine, elle est aujourd’hui plus proche d’une capacité nucléaire militaire qu’avant l’entrée en fonction de Donald Trump.

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