Le diamant bleu de Louis XIV renaît grâce à la science – Le Point

Le diamant bleu de Louis XIV, qui fut volé sous la Révolution, regagne ses lettres de noblesse. Mal retaillé, le premier grand brillant de l’histoire perdit sa couleur bleu roi unique, que des scientifiques ont aujourd’hui réussi à recréer, notamment grâce à la physique quantique. Cette réplique est exposée au Muséum d’histoire naturelle, à l’occasion de l’exposition «  Pierres précieuses  », qui commence mercredi 16 septembre.

En 1668, un voyageur français, Jean-Baptiste Tavernier, ramène des Indes un diamant bleu de 23 grammes et 115 carats. Le roi Louis XIV le rachète «  pour une somme fabuleuse  », et le fait tailler. Il passe du bleu clair au bleu roi, et devient le «  premier grand brillant de l’histoire de l’art  », raconte François Farges, le commissaire de l’exposition. Mais le diamant est dérobé en 1792 et, pour ne pas qu’on puisse l’identifier, les voleurs le retaillent, vite et mal : la pierre perd beaucoup de ses carats, devient «  bleu foncé, quasiment noire  », explique-t-il.

Gemme sans éclat

La gemme sans éclat est aujourd’hui conservée au Smithsonian Institution de Washington. Et sur la base de cette pièce, il n’était malheureusement pas possible de reconstituer la pièce d’origine, détaille le minéralogiste. Jusqu’en 2007, où une équipe tombe, dans les réserves, sur un moulage de diamant, sans nom et sans provenance. «  En le comparant avec des archives, on s’est rendu compte qu’il s’agissait du moulage du diamant mythique !  » se souvient-il.

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Des chercheurs du Muséum, associés à des collaborateurs nord-américains, parviennent alors à «  recalculer par ordinateur, de manière absolue, la couleur du minéral, en prenant en compte sa composition chimique  », une première mondiale selon lui. La mécanique quantique leur permet de «  retraduire l’interaction entre la lumière et la structure atomique  ».

Au bout d’une centaine d’essais, ils arrivent à obtenir une simulation du fameux bleu roi, sans équivalent à ce jour. Ils déposent ensuite des nanoparticules de titane sur une réplique du diamant en zirconium (moins cher, mais aux propriétés optiques similaires) : la lumière reflétée par ces nanoparticules «  donnaient l’impression de voir enfin ce diamant bleu, tel qu’apparu au Roi-Soleil  ». «  On l’a montré à des diamantaires, ils étaient incapables de faire la différence avec un vrai  », se réjouit François Farges.

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