Le gouvernement en appelle à la science pour rassurer sur la 5G – Le Figaro

Expliquer et rassurer. Face à la montée en puissance des voix demandant un moratoire sur le lancement de la 5G, le gouvernement a demandé à quatre inspections de se pencher sur le sujet. Le rapport, commandé par quatre ministres début juillet, devait être rendu le 7 septembre. Il l’a finalement été ce mardi 15 septembre. L’inspection générale des finances (IGF), l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), le conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) et le Conseil général de l’économie (CGE) ont été mobilisés. Ils se sont avant tout penchés sur l’impact sanitaire de la 5G. L’objectif était d’apporter un avis subjectif et documenté sur le sujet, afin d’apporter des réponses rationnelles et scientifiques aux critiques faites à la 5G.

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Pas d’impact sur la santé

Les conclusions du rapport sont sans appel : les premières fréquences utilisées pour la 5G n’ont pas d’impact sur la santé si elles sont utilisées dans les limites fixées par les réglementations européenne et française. Or, elles le sont. Les relevés effectués par diverses agences (donc l’Agence nationale des radio fréquences, ANFR) démontrent que les niveaux relevés sont de 50 à 1000 fois inférieurs aux seuils réglementaires. « À ce jour, les agences sanitaires qui se sont prononcées, tout en appelant à poursuivre les recherches, considèrent les effets sanitaires de la 5G, comme des autres radiofréquences déjà utilisées, non avérés en deçà des valeurs limites d’exposition », note le rapport.

Il faut néanmoins distinguer deux niveaux de fréquences : celles dans la bande des 3,5 Ghz et celles dans la bande des 26 Ghz (dites fréquences millimétriques). Les premières seront attribuées fin septembre aux quatre opérateurs français lors d’enchères. Elles sont déjà utilisées pour la 5G dans plus d’une dizaine de pays et l’étaient auparavant pour d’autres usages. Leur impact sur leur environnement a donc déjà fait l’objet de nombreuses études dont aucun ne conclut formellement à un risque sanitaire. Les opérateurs vont essentiellement les utiliser sur des pylônes et points hauts existants. Il n’y aura donc pas de jaillissement de «forets d’antennes».

Les secondes, 26 Ghz, nécessitent encore que des études complémentaires soient menées pour mieux en cerner l’impact et, éventuellement, définir de nouvelles normes d’émissions. Ce sont aussi elles qui impliquent le déploiement massif de nouvelles antennes. Des études complémentaires, dont certaines seront financées par la France, vont être menées pour garantir l’innocuité de cette technologique.

Transparence

Les rédacteurs du rapport ont voulu faire preuve de transparence, répondant en cela à la lettre de mission du gouvernement. Ils soulèvent donc les interrogations posées par l’utilisation de la 5G et l’apparition de pathologies, particulièrement de cancers. « L’avis est partagé au sein des agences sanitaires sur le fait qu’aucun mécanisme explicatif n’a été mis en évidence de manière probante sur le plan expérimental comme susceptible d’induire un cancer », précise le rapport. Avant d’ajouter : « Pour d’autres auteurs, il existe au contraire un nombre élevé de travaux expérimentaux qui démontrent l’existence d’effets biologiques potentiellement délétères survenant au-dessous des seuils d’exposition réglementaires ».

Une fois encore, tout est donc question de seuils, d’où l’importance de ceux-ci, mais aussi de zones de vigilances instaurées pour protéger des populations présumées plus sensibles, comme les enfants.

De même, au-delà de certains seuils, un réchauffement de la peau peut être causé par l’utilisation de fréquences électromagnétiques. Ces niveaux ne sont jamais franchis, dans les relevés effectués par les diverses agences nationales et internationales que les auteurs du rapport ont interrogés dans le cadre de leurs travaux.

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