Le gouvernement prévoit une récession de 10 % en France pour 2020 – Le Monde

Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, lors de l’annonce du plan de relance, à Paris, le 3 septembre.

Tenter de fixer un cap malgré les incertitudes. L’exercice annuel de définition d’une trajectoire budgétaire vire cette année au casse-tête pour Bercy, alors que la crise sanitaire liée au Covid-19 semble reprendre de la vigueur. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2021, qui comprendra le plan de relance de 100 milliards d’euros annoncé le 3 septembre, devait être envoyé pour avis, mercredi 16 septembre au soir, au haut conseil des finances publiques, avant une présentation du texte le 28 septembre en conseil des ministres.

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Le gouvernement y a légèrement revu à la hausse sa prévision d’activité pour cette année : la récession devrait finalement atteindre – 10 %, contre – 11 % anticipés en juillet, avant un rebond du produit intérieur brut (PIB) de 8 % en 2021. Cet objectif reste plus pessimiste que ceux de l’Insee (– 9 %) et de la Banque de France (– 8,7 %). « La consommation et la production industrielle ont rebondi entre juin et août, mais l’évolution sanitaire n’est plus aussi favorable qu’en juillet, et la résurgence de l’épidémie pourrait peser sur la normalisation graduelle des comportements des consommateurs et des entreprises », prévient-on à Bercy, où l’on pointe aussi les « incertitudes internationales accrues » liées notamment au Brexit et à l’élection américaine.

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Conséquence : le nombre d’emplois net détruits devrait culminer à 800 000 cette année (contre 300 000 créations de postes en 2019) avant un rebond à 320 000 créations en 2021. Pour Bercy, l’essentiel des destructions d’emplois a déjà eu lieu au premier semestre (715 000). Le déficit public, lui, devrait plonger à – 10,2 % (contre – 11,4 % attendus précédemment) et se résorber moins vite que prévu (– 6,7 % en 2021) en raison des dépenses du plan de relance qui vont peser directement sur les finances publiques.

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A noter que le coût des dispositifs d’annulation et de reports de charges accordées aux entreprises a fortement été revu à la hausse : il passe de 3,9 à 11 milliards d’euros cette année, prenant en compte les entreprises qui ne pourront pas payer ou se verront consentir un nouveau report en raison de leur état de santé. La dette publique, elle, devrait atteindre 117,5 % du PIB cette année, avant de refluer légèrement, à 116,2 % en 2021.

Des mesures « pas nouvelles »

Pas question pour l’exécutif, toutefois, de baisser les bras. Ces prévisions « incluent le plan France Relance, qui stimulera la croissance de 1,5 point dès 2021 », vante Bercy. Toutefois, depuis la présentation du plan, qui associe baisses d’impôts pour les entreprises, vastes programmes d’investissements et quelques mesures plus ciblées, la question de son efficacité sur le rebond économique espéré à court terme est posé.

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