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Le mouvement de protestation à luniversité du Bosphore gagne de lampleur en Turquie – Le Monde

La police turque a brutalement dispersé, mardi 2 février, des centaines d’étudiants rassemblés dans le quartier de Kadiköy, sur la rive asiatique d’Istanbul. Dans la soirée, 104 personnes ont été interpellées à Kadiköy mais aussi à Sariyer et Besiktas, deux quartiers de la rive européenne, où un dispositif policier avait été mis en place afin de filtrer les jeunes qui montaient sur les bateaux assurant la traversée du Bosphore pour rejoindre la rive asiatique.

Les manifestants réclamaient la démission de Melih Bulu, le nouveau recteur de l’université du Bosphore (« Bogazici », en turc), nommé à la tête de cet établissement prestigieux par le président Recep Tayyip Erdogan, au mépris des règles de cooptation, ainsi que la libération de leurs camarades emprisonnés ces derniers jours. « Les universités sont à nous ! », « Nous ne baisserons pas les yeux ! », scandaient les protestataires.

« Nous ne baisserons pas les yeux »

Ils ont été soutenus par les habitants du quartier, qui se sont mis à taper vigoureusement sur des casseroles et à klaxonner en signe d’adhésion au mouvement étudiant, auquel s’étaient joints des députés de l’opposition et des figures de la société civile. Des avocats, des artistes, des opposants ont aussi manifesté leur soutien en reprenant le hashtag #asagiyabakmayacagiz, « Nous ne baisserons pas les yeux ». Cette phrase fait suite à la réaction d’un policier en civil qui, lors de la manifestation de lundi à Bogazici, avait enjoint à un étudiant de « baisser les yeux ».

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Mardi, les forces antiémeute ont fait assaut de brutalité, allant jusqu’à traîner des manifestants à terre et à les frapper à coups de pied. Un peu plus tôt dans la journée, sur le campus de Bogazici, des dizaines d’enseignants s’étaient rassemblés sous les fenêtres du recteur aux cris de « démission » pour protester contre l’arrestation, survenue la veille, de 159 étudiants. Les enseignants boudent le recteur et aucun n’a postulé pour être son adjoint, le poste demeure vacant. Les protestations ont également gagné Ankara, la capitale, où la police a arrêté, mardi, 69 personnes parmi celles qui s’étaient rassemblées en signe de soutien aux étudiants d’Istanbul.

Voici plus d’un mois que des étudiants et des enseignants de Bogazici rejettent la nomination de Melih Bulu, un universitaire au profil académique médiocre mais dont la loyauté au pouvoir est sans faille puisqu’il est membre du Parti présidentiel de la justice et du développement (AKP). Le mouvement de protestation a pris de l’ampleur après l’arrestation, samedi 30 janvier, de quatre étudiants accusés d’avoir exposé sur le campus une affiche jugée insultante envers l’islam. L’affiche représentait la Kaaba, le site islamique le plus sacré en Arabie saoudite, ornée aux quatre coins de drapeaux arc-en-ciel, le symbole de la communauté LGBT.

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Auteur : Asselli Icône 2 vérifiée
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