Loin de la hausse de Wall Street, le Cac 40 progresse timidement malgré l’espoir d’un vaccin – Investir

 Un vaccin, c’est, pour beaucoup, la condition sine qua non à un retour à une vie normale… et pas uniquement économique. Ce lundi, l’espoir renaît. Trois jours après sa suspension temporaire, l’essai de phase 3 du candidat-vaccin développé par AstraZeneca, avec l’Université d’Oxford, contre le SARS-CoV-2 a pu reprendre au Royaume-Uni. Dans un communiqué, le laboratoire britannique annonce que l’autorité de règlementation sanitaire des médicaments, la Medecines Health Regulatory Authority, a confirmé que le candidat-vaccin « était sûr ». Les informations scientifiques et médicales justifiant la reprise de l’étude n’ont pas été dévoilées…. Le 9 septembre, l’essai avait été suspendu en raison de l’apparition d’une « maladie potentiellement inexpliquée » chez un des participants.

Trump veut baisser les prix des médicaments

A Londres, le titre AstraZeneca est en baisse de 0,5%, mais l’explication est à chercher ailleurs. Du côté des Etats-Unis. Le président Donald Trump a signé un décret dimanche, soit à cinquante jours de l’élection présidentielle, pour étendre à une nouvelle catégorie de médicaments sur ordonnance le champ d’application de la clause dite de « la nation la plus favorisée », qui permet d’aligner le prix de vente sur le prix le plus bas recensé dans les grands pays industrialisés. Outre AstraZeneca, GlaxoSmithKline, Sanofi et Bayer baissent tous les trois en Bourse. A l’inverse, il est une biotech qui se distingue : Immunomedics. Le laboratoire pharmaceutique américain Gilead Sciences est prêt à mettre le prix pour s’offrir son compatriote : il propose de débourser 21 milliards de dollars (17,7 milliards d’euros), soit 88 dollars par action, ce qui représente une prime de 108% par rapport au cours de clôture d’Immunomedics vendredi. Logiquement, le titre s’envole ce lundi (+100%) à New York. « Cette acquisition représente un pas important dans l’objectif de Gilead de bâtir un portefeuille d’oncologie solide et diversifié », a déclaré son directeur général, Daniel O’Day, cité dans un communiqué.

Rendez-vous avec la politique monétaire

Une opération pouvant en cacher une autre, le fabricant de puces Nvidia (+6%) est sur le point de racheter Arm Holdings, une filiale du japonais Softbank, pour environ 40 milliards de dollars. Si les opérateurs ne manquent pas de réagir à ces annonces, ils sont également prudents à l’entame d’une semaine qui sera dominée par la politique monétaire, avec les réunions de la Banque d’Angleterre (BoE), du Japon (BoJ), de la Réserve fédérale américaine (Fed), de la banque centrale du Brésil et celles de Taïwan et d’Indonésie. Les trois premières devraient opter, sauf coup de théâtre, pour le statu quo. Pour la Fed, il s’agit de sa dernière réunion avant l’élection présidentielle du 3 novembre. « Dans ce contexte, M. Powell [son président] devrait tenir un discours très prudent après ses annonces de Jackson Hole, estime le cabinet Aurel BGC. Certes, il devrait s’inquiéter de l’impasse sur le vote d’un nouveau plan d’aide à l’économie américaine au niveau du Congrès, mais si la banque centrale doit adopter de nouvelles mesures, elle devrait attendre l’issue des élections. »

Dans un tel contexte, et alors que le poids lourd Total flanche, le Cac 40 termine en hausse modérée de 0,35%, à 5.051,88 points, dans un volume de transactions de seulement 2 milliards d’euros. Plus enthousiaste, le Dow Jones prend 1,2%. Le Nasdaq Composite, lui, s’adjuge carrément 2%.

Dassault Aviation, vedette du jour

Alors que les tensions entre la Turquie et la Grèce dans la Méditerranée orientale restent vives, le Premier ministre grec a fait part, samedi, de sa volonté d’acheter 18 avions de chasse Rafale rapidement. Morgan Stanley, qui est à « surpondérer » sur le titre, perçoit cette commande comme une bonne surprise alors qu’Athènes avait auparavant commandé des F-35 américains. En Bourse, le titre s’est envolé de 9,13%, prenant, de loin, la tête du SRD. Dans son sillage, il a tiré les autres acteurs du secteur aéronautique : Airbus a engrangé 3,63%, Thales4,34% et, loin derrière, Safran a pris 0,31%.

A l’inverse, Total a cédé 1,51%, pénalisé par le repli des cours du brut sous les 40 dollars pour la référence de la mer du Nord. Dans son rapport mensuel, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) revoit à la baisse son estimation de demande mondiale pour 2020 et 2021 en raison de la pandémie de Covid-19. « Le recours accru au télétravail et aux réunions à distance devrait empêcher les carburants de transport de revenir totalement à leurs niveaux de 2019 », ajoute l’Organisation.

Enfin, Euronext a lâché 2,46%. L’opérateur boursier a officiellement transmis son offre d’achat sur Borsa Italiana à son propriétaire, le London Stock Exchange Group, mais sa proposition serait inférieure à celle du suisse SIX, qui dépasse également celle de Deutsche Börse.



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