Panier

Pandémie et cancers : le nombre de nouveaux diagnostics a chuté de 23,3 % en 2020 – Le Monde

Le 1er février, l’Institut national du cancer (INCA) a publié ses recommandations sur la vaccination contre le SARS-CoV-2 des personnes atteintes de cancer. Il y précise qui sont, parmi ces malades, ceux qui doivent bénéficier de la vaccination en ultra haute-priorité. Des priorités essentielles, en effet, mais cependant sans impact sur les retards de diagnostic liés à la première vague de Covid-19, au printemps dernier.

« En septembre 2020, j’ai vu arriver en consultation des patients avec des cancers avancés, bien plus nombreux que d’ordinaire », témoigne Sarah Watson, oncologue à l’Institut Curie. Ils avaient présenté des symptômes dès février ou mars mais, avec le premier confinement, « ils se sont terrés chez eux ou se sont heurtés aux difficultés d’accès aux soins ».

Tel cet homme de 30 ans qui a cherché, en vain, à consulter un médecin pour des douleurs dans le bassin. « Ça va attendre », a-t-il pensé. En septembre, très amaigri et pouvant à peine marcher, il consulte à Curie. Le scanner révèle les métastases diffuses d’un sarcome osseux. Telle, aussi, cette femme de 65 ans qui présentait des douleurs abdominales en mars-avril. Le rendez-vous de consultation traîne. En septembre, le diagnostic tombe : cancer du pancréas avancé.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi A cause du coronavirus, les malades du cancer subissent des retards de traitement

« Dans les deux cas, ces patients étaient dans un état si altéré que seule une prise en charge palliative a pu leur être proposée, déplore Sarah Watson. Six mois plus tôt, ils auraient peut-être pu bénéficier d’une prise en charge curative et très certainement, d’un traitement spécifique. » Lors de la deuxième vague, le confinement a été moins strict. « Et la population a été alertée par des campagnes de sensibilisation : “N’arrêtez pas de consulter !” Du coup, il y a eu moins de retards. »

Chute des scanners, IRM et coloscopies

Peut-on chiffrer l’ensemble des retards en 2020 ? La consommation de produits d’imagerie médicale en livre un aperçu. « Dès le début du premier confinement en France, il y a eu un effondrement des délivrances de médicaments utilisés pour les diagnostics médicaux », note Epi-Phare (structure d’expertise publique en pharmaco-épidémiologie) dans son rapport sur l’usage des médicaments de ville en France durant l’épidémie de Covid-19. Cet effondrement a été suivi d’une très lente remontée durant l’été, puis d’une très faible rechute lors de la deuxième quinzaine du deuxième confinement. Au total, entre le 16 mars et le 22 novembre 2020, le nombre de préparations pour coloscopie a baissé de 206 000 ; celui des produits iodés pour scanner de 370 000 ; et celui des produits de contraste pour IRM de 210 000.

Il vous reste 50.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Auteur : Asselli Icône 2 vérifiée
Dites-nous quelque chose sur vous-même.

Participez !

Commentaires

Aucun commentaire pour l’instant
Like&Co

GRATUIT
VOIR