Pr. Raoult : “pas de vérité scientifique brutale” pour le port du masque mais cest “intelligent pour changer – LIndépendant

Le professeur Raoult était auditionné ce mardi après-midi par  la commission d’enquête sénatoriale sur la gestion de la crise sanitaire. Il a eu notamment l’occasion de donner son avis sur le confinement et le port du masque.

Auditionné au Sénat par les membres de la commission d’enquête chargée d’enquêter sur la gestion de la pandémie de Covid-19, et notamment Jean Sol sénateur des Pyrénées-Orientales, le professeur Didier Raoult a été interrogé sur l’utilité du port du masque.

L’infectiologue a expliqué que l’utilité du port du masque “ce n’est pas une vérité scientifique brutale. Y a une vérité scientifique brutale, c’est quand vous êtes dans le personnel de soin, étant donné qu’on est à 30 – 40 centimètres des gens, le risque de contamination est plus important, c’est évident. Il a été démontré que dans ces conditions le masque diminuait les risques d’infection. Dans les autres conditions, ça n’a pas été démontré et ça ne peut pas l’être. C’est une question, là aussi, de message social. Est-ce que ce message social est utile ? Je dirais plutôt oui. Je ne sais pas s’il faut être extrêmement punitif sur quelque chose comme ça. Mais le fait de porter un masque, si ça empêche les gens de s’embrasser quand ils se voient ou si ça leur fait se rappeler qu’il y a quelque chose qui circule, on peut penser que c’est raisonnable. Ce sont les mains auxquelles il faut faire attention. Il faut passer 10 fois, 20 fois l’alcool sur les mains par jour. Ce sont les mains qui sont la clé. Mais si ce message-là  (sur le masque, NDLR) permet de changer les comportements pendant cette période-là, je pense que c’est intelligent.”

Le confinement n’a pas protégé les gens individuellement

Questionné sur le confinement, le directeur de l’institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille, a également livré un avis nuancé. “Ce sont des questions auxquelles il est extrêmement difficile de répondre. Il y a des gens qui commencent à étudier ça, à faire des études comparatives. Et même ces études comparatives elles sont difficiles à analyser parce que les comportements sociaux dans les différents pays ne sont pas les mêmes. Le comportement social en Italie et en Suède, c’est pas exactement le même. En particulier dans les contacts. Donc, comparer l’effet du confinement sur l’efficacité des mesures est quelque chose de très complexe. Moi je pensais, c’est ce que j’ai dit quand j’ai rencontré le président, que le rôle du politique c’est de prendre toutes les mesures pour éviter l’affolement, la peur – la peur est terrible – mais si ça donne l’effet inverse, c’est pas fonctionnel. Parce que le confinement, ça a été analysé en Italie et en Espagne sur des milliers de tests de donneurs de sang, n’a pas protégé les gens individuellement du risque d’infection. Les gens qui n’étaient pas confinés, pour des raisons professionnelles, étaient plutôt moins positifs que les gens confinés. Ce qui ne veut pas dire que ce ne soit pas un choix de société à un moment donné de dire : ‘Écoutez, plutôt que tout le monde soit affolé, s’inquiète et migre, il vaut mieux les confiner’. Donc, je ne sais pas répondre à ça.”

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