Président Trump, an IV : Le candidat républicain, lancé à corps perdu dans une course-poursuite avec Joe Biden – Le Monde

Le président américain, Donald Trump, en campagne, à l’aéroport de Minden-Tahoe (Nevada), le 12 septembre.

Samedi : réunion avec des fidèles au Trump hôtel de Washington, départ pour le Nevada et meeting dans la foulée. Re-meeting dimanche. Re-re-meeting lundi, dans l’Arizona. Avant ou après un détour par la Californie qui brûle. Bien obligé, même s’il n’est pas question de parler de réchauffement climatique.

Donald Trump accumule, comme quatre ans plus tôt, les miles en avion et les assemblées extatiques, lancé à corps perdu dans une course-poursuite avec son adversaire démocrate, Joe Biden. Ce dernier n’avait rien à son agenda de samedi, à un peu plus de sept semaines de l’élection présidentielle. Deux candidats, deux rythmes. Pour l’instant l’agité est le distancé, mais jusqu’à quand ?

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Nul ne peut plus distinguer depuis bien longtemps le président du candidat. Qui promet par exemple sur son compte Twitter, jeudi soir, l’équivalent d’une rallonge salariale aux militaires s’il est réélu le 3 novembre ? Qui envisage de nommer à la Cour suprême, la plus haute instance juridique des Etats-Unis, des modèles de tempérance comme le sénateur Tom Cotton (Arkansas), qui rêve de déployer la 101e division aéroportée dans les rues américaines à la première manifestation un peu animée, ou bien son collègue Ted Cruz, enfant du Tea Party, qui voit l’une des têtes de l’hydre socialiste pointer derrière la moindre revendication sociétale ?

Le président ne résiste pas à la notoriété

Si Donald Trump aimait gouverner comme il aime faire campagne, il s’avancerait sans doute aujourd’hui au-devant d’une réélection de maréchal. Pendant la convention d’investiture républicaine, son entourage a juré qu’il s’agissait d’un président dur à la tâche. On l’imaginait penché sur le « Resolute Desk » jusqu’à des heures impossibles, annotant une montagne de rapports à la lumière chiche d’une méchante lampe par souci des deniers publics. Le majordome de la Maison Blanche, fatigué d’avoir arpenté sans but les bureaux vides de la West Wing, tentait de le rappeler à l’ordre d’un toussotement discret. Encore un instant ! répondait un index impérieux.

Mais on ne peut compter sur personne. Jeudi, au cours d’une conférence de presse, Donald Trump a expliqué comment il envisageait le travail d’un président. « Je regarde certains shows. Je regarde Liz McDonald ; elle est fantastique. J’ai regardé Fox Business. J’ai regardé Lou Dobbs hier soir, Sean Hannity hier soir, Tucker [Carlson] hier soir, Laura [Ingraham]. J’ai regardé “Fox and Friends” le matin. Vous regardez ces émissions ; vous n’avez pas besoin d’aller trop loin dans les détails. Ils couvrent des choses qui sont… c’est vraiment une chose incroyable », a-t-il assuré, énumérant une véritable grille de programmes.

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