Présidentielle américaine, J − 48 : Donald Trump se met en scène en faiseur de paix – Le Monde

A la faveur de la convention démocrate, qui a intronisé Joe Biden candidat de son parti pour l’élection présidentielle du 3 novembre, Le Monde a relancé son carnet de bord de la campagne. Un point quotidien, avec les faits de campagne, les publicités politiques, les sondages, les cartes et les chiffres qui permettent de suivre et de vivre la plus importante compétition électorale du monde.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, le minsitre des affaires étangères du Bahreïn, Abdullatif Al-Zayani, et le ministre des affaires étrangères des Emirats arabes unis, Abdullah Bin Zayed Al-Nahyan, mardi 15 septembre à la Maison Blanche.

Donald Trump a savouré, mardi 15 septembre, la nouvelle percée israélo-arabe parrainée par Washington, concrétisée par la signature d’accords de normalisation entre Israël et deux pays du Golfe, Bahreïn et la Fédération des émirats arabes unis. Elle lui permet de se présenter en champion « de la paix et de la stabilité » dans le « nouveau Moyen Orient » dont les accords annoncent « l’aube ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après les Emirats, le royaume du Bahreïn reconnaît Israël

Cette percée tombe à point nommé pour le président. Elle lui permet de faire oublier au niveau international l’échec de sa stratégie de la « pression maximale » dans les trois pays où elle a été appliquée : la Corée du Nord, l’Iran et le Venezuela. L’adversaire démocrate du président sortant, Joe Biden, oppose sa longue expérience à des décisions jugées brutales, telles que le retrait du traité de libre-échange avec des pays riverains du Pacifique qui avait pour objectif d’endiguer la Chine, les retraits de l’accord de Paris contre le réchauffement climatique et de celui sur le nucléaire iranien, ou encore les remises en cause de l’Alliance atlantique.

Les sondages, comme celui de CNN publié en août, accordent régulièrement un avantage à l’ancien vice-président démocrate sur les dossiers de politique étrangère, même si ces derniers ne sont pas cités en priorité parmi les préoccupations des personnes interrogées.

Donald Trump ne cesse de répéter que les Etats-Unis sont « à nouveau respectés » dans le monde sous son égide, mais le dernier baromètre du Pew Research Center rendu public mardi met en évidence une autre réalité : celle d’une brutale dégradation de l’image des Etats-Unis dans le monde. Cette enquête a été réalisée de juin à août dans treize pays : le Canada, la Belgique, le Danemark, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède, le Royaume-Uni, l’Australie, le Japon et la Corée du Sud.

Enregistrée dès l’arrivée de Donald Trump à la présidence, elle s’est accentuée en 2020 du fait d’une gestion jugée « mauvaise » de l’épidémie de Covid-19 par 83 % des personnes interrogées. Les opinions favorables sur les Etats-Unis sont revenues en France (31 %) et en Allemagne (26 %) à leur plus bas étiage de mars 2003, au moment de l’invasion de l’Irak par les troupes américaines. Les chiffres au Royaume-Uni (41 %), au Japon (41 %), en Australie (33 %) et au Canada (35 %), les plus proches alliés de Washington, n’ont jamais été aussi bas.

Il vous reste 59.87% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Articles liés

Réponses