Symptômes du Covid-19 : toux, éruptions cutanées, fièvre…. Comment… – Linternaute.com


Symptômes du Covid-19 : toux, éruptions cutanées, fièvre.... Comment identifier le coronavirus ?

SYMPTÔMES DU CORONAVIRUS. Avec la rentrée, la résurgence des rhumes et autres maladies du quotidien créne de nouvelles inquiétudes. Signes du Covid-19 ou simple rhume ? On vous aide à y voir plus clair sur les symptômes du Covid.

[Mis à jour le 14 septembre 2020 à 11h42] Plus le temps passe, et plus la liste des symptômes se rallonge. Fièvre, fatigue, toux sèche, perte d’appétit, douleurs gastriques… Il est difficile de ne pas confondre ces signes avec ceux de maux plus ordinaires comme la grippe et le rhume, ce qui créé notamment des soucis à l’école. La rentrée marque inévitablement le début des problèmes pour les parents et leurs enfants, en temps de crise sanitaire mondiale. En près de deux semaines, une trentaine d’établissements scolaires ont fermé leurs portes en France. Certains élèves sont refusés à l’école à cause d’un nez qui coule. Ce symptôme est pourtant fréquent et régulier, signe d’un rhume souvent bénin.

Alors, quels sont les signes qui doivent alerter les parents ? Le président de la branche généraliste de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), Luc Duquesnel, précise que les symptômes alarmants sont la “fièvre supérieure à 38°C au-delà de 48 heures, une fatigue intense, de la toux et des troubles digestifs”. Bien que certains enfants n’aient pas de fièvre, ils sont tout de même refusés dans leurs établissements scolaires. Un certificat de non-contagion est demandé par ces derniers afin qu’ils puissent retourner en cours. Les laboratoires et les médecins étant pris d’assaut, les résultats peuvent arriver au moins cinq jours après. Cette situation n’est pas prête de s’arranger avec la grippe saisonnière qui arrive en fin d’année.

Au-delà d’un large spectre de symptômes, et de leur potentielle similarité avec un rhume, plusieurs études montrent que les symptômes développés face au Covid-19 sont différents selon l’âge. En effet, les jeunes présentent de plus en plus de troubles digestifs et une perte d’appétit beaucoup plus prononcée que les personnes plus âgées. Selon des chercheurs du King’s College de Londres les malades manifestaient une perte d’appétit dans près de 35% des cas. “Nous devons commencer à dire aux gens quels sont les principaux symptômes à différents âges plutôt que cette obsession générale de la fièvre, de la toux et de la perte d’odorat”, avance le professeur Tim Spector. Enfin, des différences existent selon le sexe. Les hommes souffriraient plus fréquemment de toux et de fièvre. Le sexe influe également sur le taux de mortalité, plus élevé chez les hommes. 

Tout savoir sur les symptômes du Covid-19

Une étude du King’s College de Londres a permis d’établir que les enfants et les adultes n’avaient pas systématiquement les mêmes symptômes. Ce rapport, révélé par le Guardian le 7 septembre, indique que les têtes blondes souffrent davantage de fatigue, des maux de tête et de la fièvre. Les adultes sont quant à eux plus enclins à être victime de la perte du goût et de l’odorat, ainsi que de la toux. Autre élément particulier, les éruptions cutanées. 15% des enfants sur un échantillon de 198 bambins britanniques positifs ont subi cela. C’est un signe peu fréquent chez les adultes.

Les chercheurs de l’étude estime que les différences de symptômes en fonction de l’âge sont dues à la réaction du système immunitaire des malades. Le chef de l’équipe qui a mené ces recherches, Tim Spector, a affirmé qu'”un enfant sur six aura (une éruption cutanée) et [que] ce sera souvent le seul signe”. Cette découverte est bénéfique pour le président du Collège royal des médecins généralistes britanniques. “Comprendre que les enfants peuvent présenter des symptômes différents de ceux des adultes est utile pour que les médecins généralistes et nos équipes, ainsi que nos collègues spécialistes en pédiatrie, identifient le virus chez les enfants et réagissent de manière appropriée”, a souligné le professeur Martin Marshall. Un autre élément a été relevé par les chercheurs de cette étude. 35% des enfants positifs au Covid-19 ont manifesté une perte d’appétit ce qui n’est jamais bon signe. Suite à cela, les malades de moins de 18 ans ont sauté des repas. Ce symptôme, qui est pour l’heure exclusivement présent chez les enfants, n’est pas à prendre à la légère. Les parents doivent encore plus surveiller l’assiette de leurs têtes blondes pour s’assurer que tout va bien pour elles.

Selon l’UNICEF “chez les enfants et les jeunes, les effets du virus sont relativement légers, une très faible proportion d’entre eux étant dans un état grave ou critique à cause du coronavirus.” Dans la plupart des cas, l’infection est peu symptomatique voire asymptomatique. Si les jeunes enfants et les bébés sont moins touchés que les adultes par le Covid-19, ils peuvent être contaminés, et donc transmettre la maladie.

Une étude française, réalisée à l’hôpital Robert Debré, démontre par ailleurs un lien “assez clair” entre la maladie de Kawasaki et le Covid-19. En général, les premiers symptômes arrivent en moyenne entre 2 à 4 semaines après l’infection au coronavirus. Plusieurs enfants dans le monde ont eu ce phénomène même si la maladie est considérée comme très rare avec 2 cas pour 100 000 personnes de moins de 21 ans. Albert Faye, chef du service pédiatrie générale dans cet hôpital a décrit cette maladie pour France Info : “C’est une maladie inflammatoire qui atteint les petits vaisseaux, qui peut avoir des complications au niveau des coronaires.” Les symptômes principaux sont une fièvre importante, une inflammation au niveau du sang, des éruptions cutanées spécifiques, une forte fatigue et des oedèmes au niveau des extrémités. Le pédiatre a indiqué que la maladie est “bien connue en pédiatrie” et que l’on arrive à soigner “en général avec essentiellement des immunoglobulines. Toutefois, avec le coronavirus, les enfants présentent une résistance certaine aux immunoglobulines. Dès lors, les médecins associent ce traitement à des corticoïdes. “Nous avons pu réaliser une étude qui a essayé d’évaluer sur une quinzaine d’années quelle était la fréquence de la maladie de Kawasaki chez les enfants hospitalisés à Robert Debré.” Entre 2005 et 2020, 230 jeunes patients ont été hospitalisés pour cette pathologie. Au moment du pic de l’épidémie de Covid-19,  l’incidence des hospitalisations pour maladie de Kawasaki a augmenté de 497%.

Selon le ministère des Solidarités et de la Santé, le délai d’incubation du Covid-19 est de trois à cinq jours de manière générale, cependant cela peut monter à quatorze jours. Il s’agit de la période entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes. Mais quels sont-ils justement ? Une personne infectée par le virus peut souffrir d’une toux sèche, de la fièvre et de la fatigue au début. Ces symptômes font leur apparition progressivement chez certains individus, en ayant une toux anodine au premier abord. D’autres personnes ne souffrent pas de ces signes alors qu’elles sont tout de même contaminées. On parle alors de malades “asymptomatiques”, ce qui rend la détection de la maladie beaucoup plus difficile.

Des chercheurs de l’Université de Californie du Sud ont publié une étude sur Frontiers in Public Health, sur l’apparition des premiers symptômes du Covid-19. Ils semblent se manifester dans un ordre donné :

  • Fièvre supérieure à 38,5°C pendant deux ou trois jours
  • Toux
  • Douleurs musculaires
  • Nausées
  • Diarrhées

Les scientifiques ont comparé cette analyse à la grippe. Pour cette dernière, c’est la toux qui se déclare en premier, contrairement au Covid-19 qui provoque une forte fièvre. La collecte des informations a eu lieu en février en Chine, au moment où le pays était le plus touché par la maladie dans le monde. 55 000 cas confirmés ont servi à l’élaboration de cette étude.

Le ministère des Solidarités et de la Santé enjoint les Français présentant des symptômes du Covid-19 à “agir”. “Contactez immédiatement votre médecin ou contactez le 15 pour qu’il vous oriente vers un médecin disponible. Il vous posera alors des questions et vous prescrira, s’il estime nécessaire, un test de dépistage, indique le gouvernement. Il est aussi préférable de se faire dépister si vous avez croisé la route d’une personne porteuse du virus, pendant au moins quinze minutes. Le site du ministère des Solidarités et de la Santé précise également qu’en cas d’aggravation des symptômes, “avec des difficultés respiratoires et signes d’étouffement, [il faut appeler] le SAMU (15) ou [envoyer] un message au numéro d’urgence pour les sourds et malentendants (114)”.

Après le test de dépistage, isolez-vous chez vous en attendant de recevoir les résultats, pour éviter de potentiellement infecter d’autres personnes. En cas de contamination avérée, vous devez rester à votre domicile ou à l’hôtel si vous n’êtes pas proche de chez vous, “jusqu’à deux jours après la guérison des symptômes, c’est-à-dire en moyenne pendant huit à dix jours” a précisé Olivier Véran.

Lorsqu’on se lève le matin et que nous faisons face à une série d’éternuements ou qu’on a tout simplement le nez qui coule, on peut très vite associer ces symptômes au coronavirus et non à un simple rhume. Pourtant, un élément très important doit vous permettre de distinguer les deux et vous évitez de vous rendre chez le médecin, la fièvre. Le Covid-19, sauf si vous êtes un cas asymptomatique, doit provoquer une grosse fièvre supérieure à 38°. Même si le rhume peut apporter une légère fièvre, la plupart du temps vous ne devriez pas avoir ce symptôme mais juste une légère fatigue qui ne devrait pas perturber vos activités quotidiennes. Le rhume peut ou doit également entraîner un mal de gorge, des éternuements, une congestion et/ou un écoulement nasal, des symptômes qui doivent apparaître plus lentement que pour le Covid. Notons également que les éternuements ne sont pas un symptôme avéré du coronavirus ni même le nez qui coule.

Selon différentes études, les symptômes du Covid-19 peuvent différencier en fonction de son age et de son sexe. Les patients les plus jeunes présentent des symptômes liés à des troubles ORL. Chez les personnes les plus âgées, ce sont plutôt des symptômes de fatigue, de fièvre et de perte d’appétit. Au-delà de la différence de génération, être un homme ou une femme peut également provoque des symptômes plus précis. En effet, les hommes souffriraient plus fréquemment de toux et de fièvre alors que chez les femmes, la perte de l’odorat, les maux de tête, l’obstruction nasale et la fatigue sont plus fréquents.

Comme pour la grippe saisonnière, la fièvre et les courbatures sont de symptômes très fréquents du Covid-19. Le niveau de fièvre est variable d’un individu à un autre, mais généralement le coronavirus provoque une fièvre supérieure à 38°. Si vous voulez lutter contre la fièvre ou la douleur, préférez le paracétamol aux anti-inflammatoires et à l’ibuprofène, soupçonnés d’aggraver les symptômes en cas de coronavirus. En cas de doutes, restez chez vous et appelez votre médecin.

Les patients Covid présentent une toux sèche parfois grasse. Aurore Jégu-Pétrot, infirmière, a rapporté sur BFMTV que cette toux, si elle devient ingérable, doit alerter : “Quand tu vois que tu tousses à t’en étouffer tu te dis que tu vas avoir besoin d’aide respiratoire”… Pourtant, dans la majorité des cas, cette toux s’éteint d’elle-même. L’OMS conseille d’appeler votre médecin traitant si vous avez une toux sèche.

Plusieurs ORL ont alerté dès la mi-mars les autorités de l’apparition d’un nouveau symptôme : l’anosmie (perte d’odorat). Ces pertes d’odorat sembleraient être un symptôme pathognomonique, un signe clinique qui, à lui seul, permet d’établir le diagnostic. Ce symptôme est la seule présentation spécifique du nouveau coronavirus. Le Dr Corré, ORL à l’Hôpital-Fondation Rothschild à Paris, a théorisé : “Le virus SARS-Cov-2 est attiré par les nerfs : quand il pénètre dans le nez, au lieu de s’attaquer à la muqueuse comme le font les rhinovirus habituels, il attaque le nerf olfactif et bloque les molécules d’odeur”. Le médecin a assuré : “Dans le contexte actuel, si vous avez une anosmie sans nez bouché, vous êtes Covid positif, ça n’est pas la peine d’aller vous faire tester.” Des scanners du nez et des sinus ont été réalisés chez des patients victimes d’une anosmie. Les examens ont révélé que la fente olfactive (la partie du nez responsable de la perception de l’odorat) était bloquée par un gonflement des tissus mous et par du mucus. Les médecins appellent cela le “syndrome de la fente olfactive”. L’œdème bloquant le passage des cellules aromatiques serait provoqué par la réponse immunitaire, plus précisément par l’inflammation “globale” du corps provoquée par le virus, ce qui pourrait expliquer la disparition du symptôme une fois le virus éliminé.

L’essoufflement est un autre symptôme du coronavirus qui peut être un signal d’aggravation de la maladie, qui s’attaque aux voies respiratoires et peut déboucher sur une pneumonie sévère. Cette complication survient chez certains patients à partir du septième jour, avec un regain de fièvre, parfois après une légère phase d’amélioration. L’essoufflement arrive souvent de manière subite et se constate au moindre effort physique, comme se déplacer ou montre les escaliers. Pour le détecter si vous avez un doute, mesurez votre fréquence respiratoire. Au delà des 20 à 25 respirations par minute, il s’agit d’une la tachypnée (augmentation de la fréquence respiratoire) et il peut être conseillé de consulter un médecin si vous présentez d’autres symptômes.

La liste des symptômes du coronavirus est assez exhaustive, mais elle n’est pas arrêtée. Il y a quelques semaines, une nouvelle étude réalisée par une équipe de médecins de Chicago, indiquait que le Covid-19 pouvait déclencher un hoquet persistant. Selon les chercheurs qui ont publié les résultats dans The American Journal of Emergency Medicine, un patient de 62 ans s’est présenté aux urgences en avril dernier après avoir eu le hoquet pendant quatre jours, incluant un seul autre symptôme, une perte de poids inexpliquée. Selon les médecins, le patient en question avait pris un traitement à base de chloroquine, ce qui pourrait expliquer ce hoquet même si aucune étude ne le prouve. Après des examens, le patient présentait des lésions pulmonaires provoquant un test au Covid-19 qui s’était avéré positif. “À notre connaissance, il s’agit du premier cas de hoquet persistant chez un patient positif au Covid-19” a indiqué les chercheurs appelant leurs confrère à la prudence et à la vigilance sur cette éventuelle nouveau symptôme.

Une étude chinoise, publiée dans l’American Journal of Gastroenterology, a disposé que les patients du coronavirus peuvent également être touchés par des troubles digestifs. L’étude rapporte que sur 206 cas de Covid-19 testés, dont la moyenne d’âge est de 55 ans, “près de la moitié (48,5 %) s’est rendue à l’hôpital pour des troubles digestifs divers tels que de la diarrhée (29,3 %), des vomissements (8 %) ou des douleurs abdominales (4 %)”. Plus étonnant encore, quelques patients (sept) présentaient des troubles digestifs… mais pas de symptôme respiratoire, qui sont pourtant les signes les plus courants du nouveau coronavirus. Selon une étude des chercheurs de l’Université Queen’s de Belfast, en Irlande du Nord, les problèmes gastro-intestinaux, tels que la diarrhée, les vomissements et les crampes d’estomac seraient particulièrement présents chez les plus jeunes. “Si vous voulez réellement diagnostiquer une infection chez les enfants, nous devons commencer à examiner la diarrhée et les vomissements, pas seulement les symptômes des voies respiratoires supérieures”, explique Tom Waterfield, l’un des auteurs de l’étude. Toujours selon l’auteur, si les tests effectués sur les enfants ayant une température élevée, de la toux et une perte de goût ou d’odorat, permettraient de détecter 76% des enfants atteints du coronavirus, si on ajoute ceux qui ont des problèmes gastro-intestinaux 97% des enfants seraient repérés.

Plusieurs articles scientifiques ont fait état d’un lien entre des cas d’engelures et une infection au nouveau coronavirus. Afin d’affirmer ou d’infirmer une possible corrélation, le Service de dermatologie des Cliniques universitaires Saint-Luc (Belgique) a porté une étude. 47 sujets, âgés de 26,5 ans en moyenne, ont été inclus à cette expérimentation. L’équipe de recherche a rapporté dans un communiqué que “plus de la moitié d’entre elles rapportaient avoir présenté d’autres manifestations suggestives du Covid-19 (notamment fièvre, toux, rhume, troubles digestifs).” Pour chaque patient, plusieurs examens ont été réalisés notamment des tests PCR et sérologiques de détection du Covid-19. Les scientifiques ont conclu que “les frottis nasopharyngés et les sérologies Covid-19 se sont révélés négatifs pour les 47 patients. L’étude n’établit donc pas d’association directe entre les engelures et le Covid-19.” Les scientifiques ont avancé “une autre hypothèse pour expliquer l’apparition des engelures chez ces personnes : le confinement et la sédentarité qu’il implique. L’immobilité peut en effet provoquer une diminution de la perfusion sanguine au niveau des membres, ce qui contribuerait au développement des engelures.” 

L’infection liée au coronavirus devient inquiétante quand les personnes “respirent plus rapidement que la normale”, a rapporté le Dr Pauti, qui dit à ses patients d’appeler le 15 dès qu’ils perçoivent un essoufflement. Ces aggravations brutales interviennent souvent entre le septième et le quatorzième jour. Elles se traduisent par une forme de pneumonie bilatérale, à l’aspect radiologique bien particulier. “Au scanner, on peut avoir la quasi certitude” qu’il s’agit du Covid-19, a expliqué Pauline, médecin hospitalier en région parisienne. 

Jessica J Manson, spécialiste des phénomènes inflammatoires à l’University College Hospital de Londres, a estimé dans la revue médicale The Lancet : “Les preuves s’accumulent pour suggérer qu’une partie des patients souffrant de formes sévères du Covid-19 sont sujets d’un syndrome de choc cytokinique.” En théorie, en cas d’infection les cytokines permettent une régulation de l’action immunitaire. Or, avec “l’orage cytokinique”, on observe un emballement de ce système qui débouche sur une réaction hyper-inflammatoire. 

Le nouveau coronavirus peut affecter les reins. Alan Kliger, néphrologue à la Yale School of Medicine, a chiffré dans le Washington Post : “Près de la moitié des personnes hospitalisées en raison du covid-19 ont du sang ou des protéines dans leur urine.” Plus alarmant, une enquête rapportée par le journal fait état que 14 à 30% des patients en soins intensifs à New-York et à Wuhan (Chine) perdent leur fonction rénale et nécessitent une dialyse. Les individus atteints de maladies rénales sont plus sujets à ces aggravations. En effet, ils présentent souvent des problèmes de diabète, d’hypertension ou des maladies cardiovasculaires. Pourtant, le Dr Brad Rovin, directeur du département de néphrologie à l’université d’État de l’Ohio, a notifié à RFI que “de nombreux cas qui n’avaient jamais eu de maladie du rein avant, développent de graves lésions rénales.” Il a expliqué : “En fonction de la gravité et de la durée de l’infection pendant leur combat contre le Covid-19, ces patients peuvent développer une insuffisance rénale chronique.” Le Dr Brad Rovin a souligné : “Je pense que nous verrons les conséquences de cette maladie dans les services de néphrologie sur le long terme.” 

Certains patients atteints par le Covid-19 présentent des troubles neurologiques. Une étude publiée dans la revue de l’Association de médecine américaine (Jama) fait état que sur 214 patients chinois 36% présentaient des symptômes neurologiques, allant de la perte d’odorat à des douleurs nerveuses, et jusqu’à des crises convulsives et des accidents vasculaires cérébraux. Si ces pertes de repères sont parfois dues au manque d’oxygène dans le sang, certains professionnels de santé évoquent d’autres hypothèses. La première est conséquente à une réponse immunitaire anormale — un “orage de cytokine” — qui provoque une inflation au cerveau appelée encéphalite auto-immune. La seconde est une infection directe du cerveau : une encéphalite virale. Afin de connaître l’origine de ces troubles un projet de collecte de données est en cours.

Par ailleurs, des médecins américains ont constaté une augmentation des accidents vasculaires cérébraux (AVC) chez des patients Covid+ jeunes et d’âge moyen. Afin de documenter ce phénomène, le Washington Post a rapporté que trois grands centres médicaux américains se préparent à publier des données. Pascal Jabbour, neurochirurgien à l’hôpital Thomas Jefferson, a déclaré que de nombreux cas présentent des caractéristiques inhabituelles. Généralement les caillots apparaissent dans les artères qui transportent le sang loin du cœur. Or, chez les malades du Covid-19, les caillots se forment également dans les veines et sont plus difficiles à traiter. Sherry H-Y Chou, neurologue à l’hôpital universitaire de Pittsburgh, a émis l’hypothèse que ces affections seraient conséquentes à “un tir ami”, c’est-à-dire à une réponse immunitaire disproportionnée. Si vous constatez des symptômes d’un AVC (étourdissements ; engourdissement et affaissement d’une partie du visage, d’un bras, d’une jambe ou d’une partie du corps ; problèmes d’élocutions…) contactez le 15 au plus vite.

Le coronavirus pourrait provoquer une perte de cheveux sur certaines personnes qui ont été positives au Covid-19. Selon une étude menée par la chercheuse et professeure Natalie Lambert de l’Université de médecine de l’Indiana sur Facebook, ce symptôme est apparu à plusieurs reprises. Sur les 1 567 répondants, 423 attestent de ces chutes, soit environ 27% des sujets. Une des participantes de l’étude a expliqué qu’elle avait perdu 75% de sa masse capillaire après avoir contracté la maladie. Ceci viendrait de l’effluvium télogène, un dérèglement capillaire à l’origine d’une perte de cheveux importante ou localisée, généralement causée par le stress. Selon le Dr Esther Freeman, chercheuse à l’American Academy of Dermatology, la perte de cheveux commence à se voir dans les trois mois suivant le stress.

Santé publique France a fait part de l’évolution de certaines connaissances sur la maladie et les symptômes du coronavirus. Voici la liste des nouveaux symptômes du Covid-19 que les patients peuvent rencontrer : tachycardie, malaises, une altération soudaine de l’état mental (troubles de l’attention etc…), une diminution brutale de la tension artérielle, une hypoxie (diminution de la quantité d’oxygène que le sang distribue aux tissus), des chutes ou encore, des frissons. 

Un nouveau symptôme a été découvert par des médecins américains. Un homme de 37 ans, victime des signes connus du Covid-19, a indiqué avoir des douleurs au niveau de ses parties génitales. Les praticiens d’un institut dans la ville de San Antonio au Texas ont précisé que les testicules du patient avaient anormalement gonflé, mais pas immédiatement. L’enflure s’est produite quinze jours après que l’homme ait été testé positif au virus. Cette information a été dévoilée dans un rapport publié par la prestigieuse revue American Journal of Emergency Medecine, le 26 août dernier. Le lien entre le coronavirus et le gonflement de ses parties génitales a été établi par les spécialistes : la dégradation de la qualité des spermatozoïdes du malade. Ce nouveau symptôme est donc problématique chez les hommes, puisque cela peut altérer la fertilité masculine. Les scientifiques ont déclaré dans la publication que “les complications thrombotiques du SARS-CoV-2 peuvent également affecter le système génito-urinaire”. La prudence est donc de mise, comme le précisent les chercheurs. “L’identification des effets génito-urinaires peu fréquents peut aider les médecins urgentistes à identifier cette maladie […] et à déclencher un traitement approprié, une quarantaine et un suivi de la fertilité”.

Selon les différentes données et études, la durée de l’incubation est en moyenne de 5 jours et les symptômes doivent durer de 10 à 15 jours sauf pour les cas graves nécessitant une hospitalisation ou un passage en réanimation. Directrice de recherche Inserm au sein de l’Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique (Inserm / Sorbonne Université), Vittoria Colizza analyse l’apparition et la durée “On estime que la durée d’incubation du virus est, en moyenne, de 5 jours. Pendant les trois premiers jours de cette période, la personne n’est pas encore contagieuse. Elle le devient dans un second temps, durant les deux derniers jours, qui constituent la phase pré-symptomatique. Comme son nom l’indique, celle-ci précède l’apparition des symptômes. Durant ce dernier laps de temps, la personne infectée diffuse le virus autour d’elle. On sait qu’une personne malade peut demeurer positive à un test plusieurs semaines après le début des symptômes, mais on a désormais tendance à penser qu’elle n’est pas contagieuse aussi longtemps. Les tests RT-PCR, très sensibles, détecteraient des restes du virus encore présents dans l’organisme, mais il ne serait plus infectieux. C’est pourquoi l’OMS estime qu’on peut autoriser les malades confirmés à quitter l’isolement à peu près 2 semaines après le démarrage des symptômes.”

Le 22 juin dernier, l’OMS a reconnu “Certaines personnes ont des symptômes persistants, comme une toux sèche au long cours, de la fatigue ou le souffle court en montant des marches.” En France, selon les estimations de Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches (92), 5 à 10% des malades pourraient être dans cette situation. “On a énormément de patients qui souffrent de la résurgence de leurs symptômes”, a confirmé sur FranceInfo Nicolas Barizien, chef du service de rééducation fonctionnelle à l’hôpital Foch de Suresnes (92). Il a indiqué que “ce sont des symptômes qui ne sont pas graves, mais dont il faut s’occuper rapidement pour qu’ils ne deviennent pas chroniques”. Pour pallier ces symptômes, le médecin a mis en place “Réhab-Covid”. “La première chose qu’on fait c’est de vérifier qu’ils ne font pas une rechute ou qu’ils n’ont pas de cicatrice pulmonaire de leur Covid et la plupart du temps ils vont bien”, a précisé le spécialiste. D’après lui, “la machine  est déréglée, c’est pour cela que c’est beaucoup de rééducation, respiratoire et musculaire pour re-régler l’ensemble des fonctions cardio.” 

Le coronavirus peut entraîner différents niveaux de séquelles. Xavier Lescure, professeur et infectiologue à l’hôpital Bichat à Paris, a expliqué sur FranceInfo : “On ne pense pas qu’il y ait des séquelles pour les personnes qui ont eu de faibles symptômes”. En revanche, chez les patients lourdement atteints, les conséquences seront indélébiles. Les poumons sont les premiers organes affectés. Une vidéo 3D (réalisée par des chercheurs de l’hôpital universitaire George Washington aux Etats-Unis) révèle que le tissu pulmonaire est très largement endommagé chez les patients sévèrement atteint. Keith Mortman, chef du service de chirurgie thoracique, a théorisé : “Quand cette inflammation se réduit, elle laisse des cicatrices sur les poumons et crée des dégâts à long terme. Cela peut détériorer les capacités respiratoires d’un patient dans le futur.” Les autopsies confirment que les patients grièvement touchés développent des fibroses pulmonaires. Xavier Lescure a expliqué : “On voit que les personnes qui décèdent ont de grosses lésions liées à des inflammations pulmonaires.”

Il est parfois délicat de savoir comment réagir face à des symptômes évocateurs du Covid-19. Pour pallier certaines interrogations, le Gouvernement a mis en ligne un questionnaire pour orienter au mieux les malades potentiels. Avec le même objectif de rassurer les malades, l’Agence national du médicament (ANSM) a de son côté mis en ligne un questionnaire simple qui permet de connaître les effets d’un traitement sur le virus chinois. La plateforme AlloCovid, lancée fin avril, est un outil qui permet d’aiguiller les malades. Disponible par téléphone, au 0 806 800 540 (prix d’un appel local), ce service ne nécessite pas de smartphone ou d’une connexion internet. Un bot téléphonique vous pose une série de questions, souvent fermées, sur votre état général. AlloCovid “permet, via un questionnaire de trois minutes maximum, à tout citoyen d’être informé et bien orienté, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sur ce qu’il doit faire en cas de symptômes, rester chez lui, appeler son médecin traitant ou, si besoin, d’appeler sans attendre le 15”, a expliqué, au Parisien, le professeur Xavier Jouven, cardiologue et chercheur à l’Inserm.

Les autorités sanitaires insistent pour que les personnes qui auraient des doutes sur d’éventuels symptômes du coronvirus, aillent se faire dépister. Par ailleurs, plusieurs types de tests relatifs au SARS-CoV-2 sont actuellement disponibles en France : tests virologiques RT-PCR, tests sérologiques ELISA, TDR, TROD, ou autotests.  Aucun n’est efficace à cent pour cent mais leur utilisation est complémentaire. Cependant, seuls les tests RT-PCR qui sont des tests virologiques, offrent la capacité d’établir le diagnostic de la maladie et ils sont proposés en centre hospitalier universitaire (CHU) et en laboratoires de ville. 

“Les tests sérologiques, en complément des tests RT-PCR, peuvent permettre de répondre à la question ” suis-je ou ai-je été malade de la Covid-19 ? “. En revanche, ils ne permettent pas de répondre aux questions ” suis-je contagieux ? “, ou ” suis-je protégé contre la Covid-19 ?””, explique la Haute autorité de Santé dans un communiqué diffusé le 2 mai.

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