Tour de France : les Français laissent des plumes, Bardet abandonne – Le Figaro

Bardet et Martin ont au Puy Mary (13e étape) vu s’envoler leurs espoirs de podium à Paris. Les Slovènes Roglic et Pogacar continuent à dominer la Grande Boucle.

Envoyé spécial au Puy Mary

Maillot grand ouvert, cuissard déchiré, le visage torturé par une large grimace, Romain Bardet coupe la ligne d’arrivée. Attardé. L’Auvergnat avait, sur des routes qu’il connaît par cœur, imaginé une étape « dans des paysages superbes, difficile d’entrée, sans temps mort ». Il se réjouissait de vivre « la plus grande course du monde devant son public, sa famille, ses amis ». La formation AG2R-La Mondiale ne cachait pas son ambition de voir son leader revêtir le Maillot jaune.
Las ! Une chute, après le ravitaillement dans un virage à droite, à 86 km de l’arrivée, a brutalement déchiré le rêve patiemment construit. Bardet a tenté de se relever immédiatement, avant d’être obligé de s’asseoir quelques instants, étourdi. Sonné. Accompagné de ses équipiers il a finalement retrouvé sa place dans le peloton et terminé cette 13e étape. «Je vais récupérer et revenir pour des victoires d’étapes», espérait-il à l’arrivée.

Ou pas. Rejeté au pied du Top 10 (11e), juste devant Guillaume Martin (12e) qui n’a pas eu les jambes pour accompagner les meilleurs mercredi, Bardet souffre d’une commotion cérébrale. Le Tout, c’est déjà fini pour lui. «Je ne suis pas en mesure de poursuivre la route», a-t-il rapidement confirmé. «Nous sommes tous tristes de voir Romain nous quitter, chez lui, sur ses routes, dans une étape où il rêvait de briller, déplore Vincent Lavenu. Il a montré, une fois de plus, un courage admirable et s’est battu comme un lion jusqu’au bout de l’étape. Nous allons lutter encore plus pour lui faire honneur, avec un maillot à pois à défendre et des victoires d’étapes à aller chercher.»

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Pour le reste, les difficultés alignées par les organisateurs (4 600 m de dénivelé positif) annonçaient un épilogue explosif. Et les favoris se sont expliqués loin derrière la victoire d’étape récompensant le Colombien Daniel Martinez se révélant plus fort que le duo de Bora Hansgrohe (Kämna-Schachmann). En vue de l’explication finale, Ineos-Grenadiers et Jumbo-Visma (dans cet ordre), les équipes dominantes, ont montré les muscles, nettoyé la route, procédé à une violente sélection. Primoz Roglic et Tadej Pogacar se sont irrémédiablement détachés et ont creusé des écarts. À ce niveau, si l’impact chronométrique semble léger, la douleur psychologique se révèle profonde. Les secondes tombent, frappent, tels des uppercuts. Le lauréat du Tour 2019, Egan Bernal, n’a cédé que 43 secondes mais son allure dans les derniers kilomètres, son état de fatigue à l’arrivée, plié en deux sur son vélo, le souffle court, le regard interdit illustraient le sentiment d’abandon que lui inspirait la domination imprimée par le tandem slovène. 

Le duo slovène Roglic-Pogacar devance quatre Colombiens

Au classement général, le duo slovène Roglic-Pogacar devance quatre Colombiens (Egan Bernal, Rigoberto Uran, Nairo Quintana et Miguel Angel Lopez). « On vit un moment extraordinaire pour le cyclisme colombien. Jamais nous n’avons eu quatre Colombiens dans le Top 10 au classement général. Sur les autres courses et pas uniquement sur le Tour, nous avons montré qu’il y a beaucoup de talents, beaucoup de jeunes talents qui émergent », souligne Daniel Martinez, le vainqueur d’étape.

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À neuf jours du défilé sur les Champs-Élysées, ces six-là se tiennent en 1 minute 31. Roglic plante : « Le Tour est loin d’être fini. Il y a encore pas mal de route à faire. Beaucoup de choses vont se passer. On va assister à de nombreux scénarios différents, avec du suspense. Le rival le plus dangereux ? Je ne veux pas me préoccuper des autres noms, je fais juste mon propre travail. » Dans son sillage, un coureur confirme sa condition et son ambition : son compatriote Tadej Pogacar. Installé à la deuxième place du classement général, il confie : « Primoz est en très grande forme, je ne sais pas ce qu’il va se passer dans les Alpes mais je continuerai de combattre. » Interrogé sur la domination slovène, inédite sur le Tour, Primoz Roglic, Maillot jaune depuis Laruns (9e étape) glisse : « Il y a beaucoup de Slovènes professionnels dans de nombreux sports. Nous sommes une nation sportive. Pour le cyclisme, nous sommes dans une situation dans laquelle il y a une émulation. On se pousse pour être meilleurs chaque jour… »

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