Panier

Vaccin anti Covid : effets secondaires, délai entre deux doses, ce quon sait – Linternaute.com


Vaccin anti Covid : effets secondaires, délai entre deux doses, ce qu'on sait

VACCIN COVID. La campagne de vaccination se poursuit en France. Malgré les problèmes de livraison, le ministre de la Santé a indiqué qu’il n’y aurait pas un rallongement du délai entre deux doses alors que les effets secondaires sont scrutés avec attention.

[Mis à jour le 27 janvier 2021 à 12h05] En lien avec le centre de Marseille, le Centre régional de pharmacovigilance (CRPV) de Bordeaux enquête sur les dossiers de signalement d’effets secondaires du vaccin Pfizer/BioNTech, remontés par le réseau des trente et un CRPV ou arrivés directement à l’Agence nationale de santé du médicament (ANSM). Lors de son dernier rapport publié le 22 janvier, 144 effets indésirables ont été recensés  la plupart bénins (fièvre, maux de tête, courbatures). Trente et un considérés comme graves… dont neuf décès (pas forcément liés à l’injection). Pour le vaccin Moderna (suivi également par le CRPV de Grenoble), aucun effet indésirable n’avait encore été notifié à l’ANSM la semaine dernière.

En ce qui concerne le délai entre deux doses, Olivier Véran a fait le choix de la « sécurité pour les Français ». En effet, alors que la Haute autorité de santé,  préconisait d’espacer de six semaines les deux injections nécessaires à l’immunité contre le Covid-19, le ministre a fait savoir ce mardi qu’il maintenait le délai actuel. « Je maintiens donc le délai d’injection entre deux injections Pfizer à 21 ou 28 jours, soit trois à quatre semaines, et demande aux acteurs en charge de la vaccination de s’en tenir à cette recommandation. Nous ne touchons pas au délai d’injection du vaccin Pfizer ».

Toujours au sujet des délais entre deux injections, les doses du vaccin Moderna, assez similaire à celui de Pfizer, peuvent être administrées avec jusqu’à six semaines d’intervalle lorsque des circonstances exceptionnelles (épidémie qui flambe et contraintes d’approvisionnement) l’exigent. Ce sont en tout cas les conclusions rendues publiques ce mardi de la part du groupe d’experts de l’OMS sur la vaccination. Le laboratoire américain a de son côté fait savoir que « le vaccin Moderna COVID-19 a produit des titres neutralisants contre toutes les principales variantes émergentes testées, y compris B.1.1.7 et B.1.351 découvertes en Grande Bretagne et en Afrique du Sud. Toutefois, le variant sud-africain semble être plus résistant mais « les niveaux de titre neutralisant avec B.1.351 restent au-dessus des niveaux qui devraient être protecteurs » explique Moderna.

Aux Etats-Unis comme en Europe et en France, la distribution des premiers vaccins anti-Covid se poursuit. Cette vague de vaccination ne se fait et ne se fera pas sans désagréments, avaient averti dès fin 2020 des médecins américains, qui ont encouragé les responsables de la santé publique ainsi les laboratoires à avertir la population sur les très probables effets secondaires des vaccins. A l’occasion d’une réunion avec les conseillers des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains (CDC), le docteure Sandra Fryhofer s’est interrogée sur la possibilité que de nombreuses personnes renoncent à se faire administrer la deuxième dose du vaccin, découragés par ces effets secondaires justement.

Des volontaires aux essais de Pfizer et Moderna ont témoigné en faisant état de fièvre élevée, des courbatures, des maux de tête et de grande fatigue ressentis après avoir été vacciné. Mais il s’agit de phénomène on ne peut plus normal, à en croire Bruno Pitard, chercheur du CNRS au Centre de cancérologie et d’immunologie Nantes-Angers, interrogé par Ouest France. « Un vaccin n’est jamais indolore, ce n’est pas un Doliprane. C’est totalement normal qu’il y ait des effets secondaires. (…) On injecte le vaccin dans le muscle pour le système immunitaire donc ce sont des effets secondaires communs, il n’y a rien d’étonnant », estime-t-il.

Par ailleurs, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a rendu son premier rapport de surveillance de la campagne de vaccination, qui porte sur les 388 730 personnes ayant été vaccinées entre le 27 décembre 2020, date du premier vaccin en France, et le 15 janvier 2021, date de fin de ce premier rapport. Selon les conclusions de ce rapport, 135 personnes ont été victimes d’effets secondaires après la première injection du vaccin Pfizer, le rapport n’ayant pas relevé de cas parmi les personnes ayant été vaccinées avec le sérum de Moderna. La majorité de ces 135 cas sont sans gravité, on compte seulement 22 patient ayant souffert d’effets secondaires plus graves, parmi lesquels la tachycardie est revenue à quatre reprises. Ces événements invitent les sujets à fragilité cardiaque à se montrer vigilant avant de se faire vacciner. Parmi ces 22 cas, on note également trois anaphylaxies, dont deux ayant nécessité une prise en charge médicale. Pour résumer, les effets secondaires du vaccin anti-Covid sont pour l’instant peu nombreux et peu graves, mais il convient de garder à l’esprit que les études en la matière sont pour l’heure assez limitées, du fait du lancement très récent de la vaccination.

Quels sont les différents vaccins contre le Covid-19 ?

La course au vaccin contre le Covid aura été l’enjeu sanitaire mais aussi économique de ces derniers mois, les grands laboratoires pharmaceutiques en ayant fait une priorité. C’est l’américain Pfizer allié à l’allemand BioNTech qui a raflé la mise en fin d’année 2020 en étant le premier à apporter une réponse positive à la batterie de tests menés. Le 9 novembre, son candidat vaccin Comirnaty montrait une efficacité de 90% à la suite d’une analyse intermédiaire de l’essai clinique de phase 3, dernier stade avant l’homologation. Quelques jours plus tard un autre labo Américain, Moderna, démontrait avoir obtenu des résultats similaires.

Comparaison entre les différents vaccins anti-Covid
Laboratoire – nom du vaccin Efficacité Fonctionnement Disponibilité  Doses commandées par l’UE
Pfizer / BioNTech 95% Vaccin de type ARN Disponible en UE 300 millions
Moderna 94,5% Vaccin de type ARN Disponible en UE 160 millions
AstraZeneca 70% Vaccin à vecteur viral Disponible hors UE 400 millions
Gamaleya – Sputnik V 95% Vaccin à vecteur viral Disponible hors UE 0
Sinovac 50% Vaccin inactivé Disponible hors UE 0
Cansino biologics Evaluation en cours Vaccin à vecteur viral Disponible hors UE 0
Janssen / Johnson & Johnson Evaluation en cours Vaccin à vecteur viral Printemps 2021 400 millions
Sinopharm Evaluation en cours Vaccin inactivé Disponible hors UE 0
Novavax Evaluation en cours Vaccin protéïque Printemps 2021 0
Bharat Evaluation en cours Vaccin inactivé Printemps 2021 0
Curevac Evaluation en cours Vaccin de type ARN Non communiqué 405 millions

Si les vaccins des différents laboratoires ont le même objectif, à savoir immuniser contre le Covid-19, tous n’emploient pas la même technique pour ce faire. Il existe des fonctionnements diverses :

  • Pfizer et Moderna utilisent tous les deux la technique de l’ARN Messager. Cette dernière vise à donner au corps les informations génétiques nécessaires pour déclencher une protection contre le virus. L’ARN messager du vaccin s’insère et prend le contrôle de cette machinerie pour faire fabriquer un antigène spécifique du coronavirus : la  » spicule » du coronavirus, sa pointe si reconnaissable qui se trouve à sa surface et lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour les pénétrer. Cette pointe, inoffensive en elle-même, sera ensuite détectée par le système immunitaire qui va produire des anticorps, et ces anticorps vont rester. Cette méthode jamais utilisée pour l’homme pourrait provoquer quelques complications notamment sur la conservation du vaccin qui se ferait à de très basses températures.
  • AstraZeneca, Sputnik et Johnson&Johnson utilisent la technique du vecteur viral. Contrairement au procédé originel, celui-ci, relativement récent à l’échelle de l’histoire de la vaccination, n’injecte pas l’agent infectieux d’une pathologie, en l’occurrence le Covid-19, sous forme vivante ou inactive. A la place, on injecte à l’Homme un « vecteur inoffensif contenant un ou plusieurs gènes de l’agent infectieux codant les antigènes capables d’être reconnus par le système immunitaire », comme l’indique le site de la fédération pour la recherche sur le cerveau. Il existe deux types de vecteurs viraux. Il y a ceux qui sont dits intégratifs, lorsque l’ADN du vecteur viral s’intègre dans l’ADN de l’hôte et les non intégratifs, lorsque le gène thérapeutique demeure dans la cellule sans s’intégrer au génome de l’hôte (Source : Inserm). Plusieurs vaccins bien connus utilisent cette technique, à l’image du sérums contre l’hépatite B.
  • Sanofi, le vaccin français, utilise la technique à base de protéine recombinante. Il s’agit d’une protéine produite par une cellule dont le génome a été transformé par recombinaison génétique.

La France compte investir 1,5 milliard d’euros en 2021 pour les différentes campagnes de vaccination. Pour l’heure, seuls deux vaccins sont autorisés dans l’Hexagone : Pfizer et Moderna, dont le gouvernement a passé commande pour, à terme, respectivement 50 et 24 millions de doses, via une commande globale de l’Union européenne pour les Etats membres. Six autres vaccins ont fait l’objet de commandes, réparties entre les laboratoires suivants : AstraZeneca (44 millions de doses commandées), Sanofi-GSK (45 millions), Johnson&Johnson (35 millions) et CureVac (34 millions).

Depuis que la vaccination a débuté dans plusieurs pays, la pharmacovigilance est naturellement de mise. Chaque information émanant des personnes vaccinées sont analysées et traitées afin d’en savoir plus, chaque jour, sur ce fameux vaccin. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, où le vaccin de Pfizer/BioNtech est administré depuis la mi-décembre, plusieurs personnes vaccinées – en l’occurrence des soignants – ont développé de graves réactions allergiques suite à l’injection, l’une d’entre elle ayant par exemple été victime d’un choc anaphylactique seulement dix minutes après la prise du vaccin. Si toutes ces personnes ont récupéré depuis, cela pose tout de même question. A tel point que les autorités sanitaires américaines et britanniques ont réagi en prenant des mesures.

Aux Etats-Unis, il est désormais conseillé que la vaccination ne soit pratiquée uniquement dans des établissements disposant d’équipements spéciaux, notamment d’oxygène et d’épinéphrine, alors qu’au Royaume-Uni, les personnes ayant déjà été victimes de fortes allergies sont même priées de ne pas se faire vacciner pour l’instant. En France, on reste plus mesuré, à l’image du communiqué de la Fédération française d’allergologie. « Les antécédents d’allergie ou d’anaphylaxie ne constituent en aucun cas une contre-indication systématique à cette vaccination », peut-on lire. Quoi qu’il en soit, ces cas d’allergie post-vaccination sont suivis de très près et des études sont en cours pour en déterminer la cause. L’Agence américaine des médicaments (FDA) s’est dite « au courant d’informations sur une réaction anaphylactique chez une personne ayant reçu le vaccin contre le Covid-19. L’agence va continuer à travailler avec les CDC (Centres de prévention des maladies) et Pfizer pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé », twittait la FDA lors de la découverte du premier cas.

On tient cette idée de la députée UDI Valérie Six : et si, d’ici quelques mois, un « passeport » était nécessaire pour se rendre dans les lieux de cultures (musées, cinémas, théâtres…) et dans les restaurants, actuellement tous fermés ? Ce fameux passeport prouverait que son détenteur est vacciné contre le Covid-19 et qu’il ne présente ainsi aucun risque. « Notre groupe considère qu’une telle mesure serait de nature à inciter les Français à se faire vacciner et à faire prendre conscience que la vaccination permet de se protéger soi-même, mais également autrui », a expliqué la parlementaire, estimant que « l’enjeu est de faire comprendre que se faire vacciner est un acte citoyen, que cela nous permettra collectivement de retrouver une vie sociale, une vie culturelle ». Chacun sera juge de cette idée, qui existe déjà en Israël, mais Emmanuel Macron a promis devant les Français qu’il ne souhaitait pas rendre le vaccin obligatoire et cette mesure viendrait contrevenir quelque peu à ce principe pour toute personne désireuse de retrouver une « vie normale ».

Auteur : Asselli Icône 2 vérifiée
Dites-nous quelque chose sur vous-même.

Participez !

Commentaires

Aucun commentaire pour l’instant
Like&Co

GRATUIT
VOIR