Vénus pique à nouveau lintérêt des chercheurs – Le Monde

Venera-D, la prochaine mission à destination de Vénus que développe actuellement la Russie.

La décennie qui s’ouvre sera-t-elle celle de Vénus, plus de trente-cinq ans après le dernier atterrissage d’un engin sur son sol (la soviétique Vega-2, en 1985) ? Beaucoup y croient, motivés, avant même la possibilité d’y chercher des traces de vie, par au moins une question essentielle : pourquoi Vénus et la Terre, aux configurations initiales très proches, ont-elles autant divergé, la première étant devenue une vraie fournaise en surface, sans aucune trace d’eau ?

Derrière cette question et l’histoire de cette « planète qui a mal tourné », comme elle est souvent désignée, c’est sans doute un peu du destin de la Terre qui se joue aussi, notamment pour comprendre le rôle d’un effet de serre incontrôlé dans le devenir d’une planète. Mais les chercheurs veulent aussi mieux comprendre les secrets de son atmosphère, de son éventuelle activité volcanique a priori sans mouvements tectoniques, de l’origine de mystérieuses taches sombres dans ses nuages…

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« Il y a eu beaucoup de projets abandonnés pour Vénus. Il y a une forte attente. Vénus est passionnante », indique Franck Montmessin, chercheur CNRS au Laboratoire atmosphères, milieux, observations spatiales (Latmos), justement embarqué dans un projet de mission européenne, EnVision. Celle-ci n’est pas encore acceptée mais fait partie d’un dernier trio en compétition – l’Agence spatiale européenne tranchera en 2021. EnVision aura pour tâche de cartographier la surface de Vénus afin de confirmer notamment s’il existe encore une activité volcanique, comme a semblé le dire Venus Express, une autre sonde européenne arrivée autour de Vénus en 2006 avant de s’y écraser volontairement, en 2014. Un instrument analysera aussi la composition de l’atmosphère mais a priori hors des longueurs d’onde de la phosphine – molécule qui vient d’y être repérée et pourrait être un indice de vie vénusienne.

Américains, Russes, Indiens…

« Cette histoire de phosphine renforce notre motivation d’y retourner », constate Olivier Mousis, professeur à l’université Aix-Marseille au Laboratoire d’astrophysique de Marseille, associé à un projet de la NASA pour analyser l’atmosphère de Vénus. Quels gaz nobles sont présents, quelle quantité d’eau reste-t-il, quelle est la concentration en hydrogène lourd, marqueur de l’histoire de l’eau sur cette planète qui en est aujourd’hui dépourvue en surface ?… « Ce genre de mesures est important car on pense que celles réalisées dans le passé ont pu être contaminées et il faut lever les doutes », précise Olivier Mousis.

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