Veolia-Suez : les députés semparent à leur tour du sujet – Les Échos

Publié le 15 sept. 2020 à 6:15

Les députés s’emparent à leur tour du sujet Veolia-Suez . Une possible fusion des deux leaders de la gestion de l’eau et des déchets ne pouvait les laisser indifférents. « J’ai souhaité que le parlement s’intéresse au dossier vu l’importance de ces activités pour le quotidien des Français », indique Roland Lescure, président (LREM) de la Commission des Affaires économiques.

Le processus sera à plusieurs étages. Avec le président de la Commission des Finances, Eric Woerth, « nous nous sommes mis d’accord sur une audition conjointe formelle de Veolia et de Suez le 23 septembre et sur le principe d’une « mission flash » de deux députés, l’un de la majorité et l’autre de l’opposition », poursuit le député.

Dépolitiser le débat

Cette « mission flash » sera validée dans les prochains jours par les bureaux des deux Commissions et les deux députés choisis seront nommés dans la foulée. « L’objectif est qu’elle aille vite et auditionne, à partir de la semaine prochaine, tous les acteurs du dossier : syndicats, clients, collectivités locales, consultants etc., ce qui devrait représenter trois à quatre semaines de travail », annonce Roland Lescure. Reste à déterminer si les auditions se feront à huis clos ou si elles seront publiques.

Si les députés se mobilisent, il ne faut pas attendre d’eux qu’ils jouent les juges de paix dans la guerre de tranchée opposant actuellement Suez à Veolia. « Le rôle du parlement n’est pas de se prononcer sur l’opportunité d’une transaction entre deux groupes privés, prévient-il. L’objectif est de dépolitiser le débat – d’où l’association de l’opposition à cette mission flash -, d’identifier les points de vigilance pour la représentation nationale et les conditions propres à assurer le bon fonctionnement du secteur de l’eau et des déchets en France ».

Par bon fonctionnement, il faut entendre les retombées sur l’emploi et le rapport qualité-prix du service de l’eau et des déchets. Les associations d’élus locaux et de collectivités prennent soin de ne pas prendre parti dans le conflit Veolia-Suez, mais une des grandes craintes des élus locaux est, par exemple, qu’un nouvel actionnaire de Suez ait des exigences de rentabilité l’amenant à ne viser que les grands contrats en délaissant les appels d’offres des plus petites collectivités locales.

« Les grandes collectivités ont toujours le choix d’être en régie si elles ne sont pas satisfaites de l’offre des opérateurs privés. Mais les petites n’en ont pas les moyens financiers. Pour elles plus encore que pour les grandes, la qualité de la concurrence et les prix sont importants », souligne Roland Lescure, qui constitue un fin connaisseur des grandes opérations : professionnel de la finance au Canada avant son entrée en politique en 2017, il a notamment été en charge des investissements à la Caisse des Dépôts du Québec, partenaire financier de Suez pour le rachat de l’américain GE Water. Raison pour laquelle il ne participera pas lui-même à la mission flash.

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