VIDEO. Affaire Roman Polanski. “Jai été lâchée par tout le monde” : lactrice qui la accusé de viol en 20… – Franceinfo

Depuis dix ans, Charlotte Lewis tente de retrouver son honneur. En 2010, trois décennies après Samantha Geimer, la comédienne britannique a, à son tour, accusé le réalisateur Roman Polanski de l’avoir violée. Les faits auraient eu lieu en 1983, quand elle avait 16 ans, alors qu’elle venait de rencontrer le cinéaste pour le rôle féminin de son film Pirates.

Ces longues années de silence lui ont été reprochées. “Très vite, sa parole va être décrédibilisée. Très vite, il va y avoir des attaques concertées contre sa parole”, raconte la journaliste Doan Bui. Le cinéaste nie le viol, ses soutiens réagissent vite – et fort, par voie de presse.

L’article d’un tabloïd refait surface

Le surlendemain de sa prise de parole, une interview qu’aurait donnée en 1999 Charlotte Lewis à News of the World, un tabloïd anglais aujourd’hui disparu, refait surface dans Libération. L’entretien est repris sur La Règle du jeu, le site de la revue de Bernard-Henri Lévy, un ami proche de Roman Polanski, et ses accusations qualifiées de “pathétique provocation”.

Toujours en ligne sur le site malgré les demandes de retrait répétées de Charlotte Lewis, l’article prête à l’actrice un passé de “call-girl” précoce, dès ses 14 ans. Il lui attribue cette phrase : “Je ne sais pas avec combien d’hommes j’ai pu coucher pour de l’argent.” De Roman Polanski, elle aurait dit : “Il me fascinait et je voulais devenir sa maîtresse.” La comédienne nie avoir tenu ces propos, mais confirme avoir rencontré l’auteur de l’article. Contacté par “Complément d’enquête”, celui-ci maintient ses informations. Bernard-Henri Lévy, lui, n’a pas répondu aux demandes d’interview de “Complément d’enquête”.

Une interview de Polanski à “Paris Match”

Selon l’actrice, cet article aurait ruiné sa vie. “Après la sortie de tout ça, confie-t-elle, j’ai été lâchée par tout le monde. Je suis devenue la pestiférée. Je n’ai plus travaillé, aucun avocat ne voulait me défendre… j’ai été mise sur la touche. Et puis j’ai fait une dépression nerveuse. On m’a retiré la garde de mon fils. Et j’ai essayé de mettre fin à mes jours.” 

Cet article, Roman Polanski continue à l’utiliser pour sa défense. Dans une interview à Paris Match en décembre 2019, le réalisateur cite ces mêmes propos que conteste Charlotte Lewis : “J’étais fascinée par lui (…). Je le désirais (…). Je ne sais plus combien d’hommes ont couché avec moi pour de l’argent. J’avais 14 ans.”

Le cinéaste attaqué en diffamation

Charlotte Lewis n’avait pas porté plainte contre le tabloïd anglais, mais “cette interview, c’est la fois de trop”, réagit-elle face à la caméra de “Complément d’enquête”. Avec son avocat français, elle vient de porter plainte pour diffamation. L’avocat de Roman Polanski, lui, affirme avoir beaucoup d’éléments pour contredire l’actrice – sans plus de précisions. En tout cas, cette plainte a de quoi ternir davantage encore l’image assombrie du réalisateur…

Extrait de “Complément d’enquête” du 17 septembre 2020.

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