VIDEO. Gilets jaunes : 200 manifestants, arrestations, heurts et lacrymogènes pour leur retour à Toulouse – LaDepeche.fr

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Après plusieurs samedis sans manifestation, les Gilets jaunes sont revenus dans le centre de Toulouse ce samedi, peu nombreux mais déterminés. L’après-midi a été tendue et souvent irritante à cause des gaz lacrymogènes.

Annoncé pour 14 heures, le rassemblement des Gilets jaunes n’a pas eu vraiment le temps de s’installer hier sur les allées Roosevelt, à Toulouse. À peine 5 minutes et un commissaire de police, écharpe tricolore autour du mégaphone a annoncé: “La manifestation est interdite. Veuillez vous disperser… ”

Encore 5 minutes et les gendarmes mobiles avançaient avec autorité pour forcer les Gilets jaunes, environ 200 personnes, à s’éloigner de la place Wilson. Quelques noms d’oiseau ont fusé, le face-à-face est demeuré plutôt calme mais l’arrestation d’un homme, devant la terrasse du bar des Américians a provoqué bousculades, cris, insultes. L’homme a été arrêté, le premier de dix individus selon nos informations ce samedi en fin d’après-midi.

Puis après une grosse demi-heure, les premières grenades lacrymogènes sont tombées sans que l’on remarque une agression venue du camp adverse. Pas mal de projectiles irritants ont d’ailleurs atterri dans la station métro Jean Jaurès dont on espère qu’elle était fermée à ce moment-là.

Manifestation interdite

Les manifestants ont alors été refoulés vers le haut des allées, se sont dispersés pour mieux se retrouver rue Alsace-Lorraine. “On est là, on est là”, ont chanté, à tue-tête les participants qui semblaient plus nombreux au milieu des Toulousains en mode courses. À alors commencé le jeu habituel entre les Gilets jaunes, toujours mobiles et visiblement contents de se retrouver et des forces de l’ordre qui les ont dispersés plusieurs fois, notamment place Jeanne-d’Arc dans un épais nuage de lacrymogènes. À chaque fois, le groupe, de moins en moins nombreux au fil de l’après-midi, se reformait.

Vers 18 heures, il ne restait plus grand monde pour entonner “On est là”. Au moins deux feux de poubelle ainsi qu’un portail abîmé ont été signalés mais pas de grosses dégradations. Les secours ont pris en charge trois personnes indisposées notamment par les gaz. Une seule a été transportée aux urgences selon les pompiers. Un membre des forces de l’ordre a été légèrement blessé.

Dix personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Les forces de l’ordre ont également verbalisé 25 personnes dont cinq pour “non port du masque”, le reste pour “participation à une manifestation interdite”. 

Cette manifestation toulousaine, loin d’approcher la mobilisation virulente de 2019 a permis à chaque camp de répéter ses arguments. Les Gilets jaunes, par ailleurs très peu présents sur les ronds-points à l’extérieur de Toulouse, dénoncent “une interdiction de manifester”, un “État policier” et accusent les forces de l’ordre d’avoir provoqué les incidents. Ils oublient que la manifestation, non déclarée, avait été interdite par le préfet, à cause de la crise sanitaire et des incidents passés. L’ambiance de cette “reprise” ne va pas donner envie aux autorités de renouveler ces retrouvailles. Les Gilets jaunes, en revanche, ont bien l’intention de revenir.

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