Vie extraterrestre : une biosignature détectée dans latmosphère de Vénus – Le Point

Trois atomes d’hydrogène liés à un unique atome de phosphore viennent de mettre le monde de l’exobiologie en émoi. Il faut dire que cette molécule appelée phosphine fait partie de la liste des biosignatures, ces substances supposées pouvoir trahir la présence de vie sur les exoplanètes rocheuses. En effet, bien que très toxique, ce gaz peut être produit par des organismes anaérobies, autrement qui n’ont pas besoin d’oxygène pour vivre.

Or ce n’est pas dans l’atmosphère d’un corps lointain mais bien dans le système solaire que cette phosphine vient d’être détectée. Sur Mars ? Pas du tout ! Sur la planète la plus proche de nous, à quelques 41 millions de kilomètres. Celle qui brille le plus dans notre ciel et qui, dans le passé, a le plus ressemblé à la Terre avant de devenir une fournaise jusqu’ici considérée invivable. Il y a de la phosphine dans l’atmosphère de Vénus !

5 à 20 parties par milliard

Une équipe de scientifiques américains, anglais et japonais du Massachusetts Institute of Technology, des universités de Manchester, Cardiff, Cambridge et de Kyoto l’ont découvert grâce au télescope James Clerk Maxwell à Hawaï et celui d’Atacama au Chili. Or la concentration observée, de 5 à 20 parties par milliard, bien que faible, n’est en rien négligeable. Elle est même nettement plus importante que celle de l’atmosphère terrestre. Ce chiffre est d’autant plus intrigant que, dans l’atmosphère agressive de Vénus, ce gaz devrait être rapidement dégradé, ce qui implique une source émettant régulièrement cette phosphine.

Dans leurs résultats tout juste publiés dans Nature Astronomy et Astrobiology, les chercheurs qui listent toutes les explications leur venant à l’esprit, n’ont pour l’instant rien trouvé de plus plausible que la présence d’organismes vivants à l’origine de ce gaz. Ce qui, comme les auteurs l’écrivent eux-mêmes, n’est pas en soi une preuve robuste de vie sur Vénus.

La revanche de Vénus

D’autant qu’avec son atmosphère composée à 96 % de dioxyde de carbone, sa pression 92 fois supérieure à celle de la Terre, ses nuages d’acide sulfurique et sa température frôlant les 500° Celsius, on imagine toujours assez mal quelle forme de vie pourrait s’épanouir sur la jumelle terrible de la Terre. Des organismes apparus à la période où la planète était moins hostile, pourraient-ils s’être adaptés ?

De nombreux scientifiques se disent perplexes et jugent ce scénario improbable. Quoiqu’à ce stade il ne puisse être totalement exclu. D’autant que tous les yeux ayant toujours été braqués vers Mars, Vénus, largement oubliée de l’exploration spatiale, demeure finalement encore assez mal connue. L’équipe scientifique à l’origine de la détection appelle ainsi à poursuivre les investigations et même à envoyer une sonde réaliser des mesures in-situ. En cette année martienne, l’heure de gloire de Vénus a peut être finalement sonné…

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