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Vive émotion à Pôle emploi après le meurtre dune responsable déquipe – Le Monde

L’agence Pole emploi où une cadre a été tuée par balle, jeudi 28 janvier, à Valence.

C’est une véritable onde de choc qui traverse les rangs de Pôle emploi depuis la mort, jeudi 28 janvier dans la matinée, d’une responsable d’équipe de 53 ans, tuée par balle, dans une agence de Valence (Drôme). Le tireur a également abattu la directrice des ressources humaines d’une entreprise ardéchoise, Faun Environnement, avant d’être arrêté et placé en garde à vue. Son mobile reste pour l’heure inconnu.

« L’émotion est profonde », confie David Vallaperta (CFDT). « Il y a une sorte de sidération, témoigne Sylvie Szeferowicz (FO). C’est extrêmement violent et choquant. » « C’est la famille Pôle emploi qui est touchée, complète Suzy Petit (CFE-CGC). Ce genre d’événement, c’est la première fois que ça arrive. Les collègues ont besoin de parler, tous se disent : “Ça aurait pu être moi.” »

Pôle emploi a annoncé que ses quelque 900 agences seraient fermées au public, vendredi, et qu’une minute de silence serait organisée, le même jour, à midi, avec les personnels qui seront présents sur leur lieu de travail. Le patron de l’opérateur public, Jean Bassères, s’est rendu à Valence, jeudi après-midi, et un soutien psychologique a été proposé aux salariés. A la mi-journée, la direction générale a également tenu une conférence audio avec les syndicats de l’établissement public.

« Un métier où il y a de la colère »

« Aujourd’hui, le temps est au recueillement, même s’il y a sans doute des choses à dire sur le fonctionnement de Pôle emploi, indique Didier Gudet (CGT). L’analyse de ces faits interviendra ultérieurement, quand l’émotion sera un peu retombée, mais à ce stade, il faut respecter les familles. » Mme Petit abonde : « Pour le moment, nous devons être aux côtés de nos collègues et leur donner le temps de s’exprimer. Mais nous avons tous dit à la direction qu’il faudra faire le point ensuite et voir ce qui peut être corrigé pour que ça ne se reproduise pas. On a toujours su que l’on faisait un métier où il y a de la colère… » Sylvie Amblot (CFTC) rappelle que les conseillers sont aussi amenés « à gérer de la misère sociale ». « L’acte d’une personne plus fragile peut dégénérer », estime-t-elle.

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Pour Mme Szeferowicz, la tension est d’autant « plus vive » que la crise économique et sociale est d’une « dureté absolue ». « Tous les jours, ce sont des dizaines de fiches [de signalement] sur des agressions verbales qui sont remplies, et on sent bien que ça s’aggrave », relate-t-elle. « Il n’y a pas une semaine sans que des incivilités se produisent », renchérit Joseph Meunier (Syndicat national du personnel de Pôle emploi). « Il règne un climat anxiogène dans nos unités, qui est accentué par les sous-effectifs, assure Christine Brouh (SNU-FSU). Nous absorbons la détresse des usagers, sans avoir forcément toujours de réponse à donner à leur demande. »

Crainte des répercussions de la réforme de l’assurance chômage

La question de l’organisation de l’accueil dans les agences sera abordée, mardi 2 février, lors d’une réunion extraordinaire des élus du personnel qui siègent dans le comité social et économique (CSE) central. Au cours des dernières années, Pôle emploi a profondément revu les conditions dans lesquelles ses collaborateurs reçoivent le public. « Il y a de moins en moins d’agents aux entrées », affirme M. Vallaperta, en expliquant que l’accompagnement des demandeurs d’emploi obéit à de nouvelles modalités : développement du système de rendez-vous, échanges entre le conseiller et l’usager par le biais d’Internet et d’espaces numériques personnalisés… « Une réflexion doit être conduite afin d’envisager un renforcement de la présence humaine aux accueils », déclare M. Vallaperta.

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Un autre sujet préoccupe à Pôle emploi : les répercussions de la réforme de l’assurance chômage, dont certaines dispositions vont prochainement entrer en vigueur. « Il y a une véritable peur chez les agents, car on sait qu’on va devoir retirer des allocations à des personnes qui vont nous dire qu’ils ont cotisé et qu’ils y ont le droit. Et quand on coupe des allocations, ça peut devenir violent », s’inquiète Mme Szeferowicz.

Auteur : Asselli Icône 2 vérifiée
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