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Wonder Woman 1984 : La Critique du film + VOTRE AVIS ! – Les Toiles Héroïques

Après avoir suivi d’un œil attentif la réception de Wonder Woman 1984, je m’attendais à découvrir un The Amazing Spider-Man : Le destin d’un héros en pire. Soit une sorte de grand écart permanent entre le très bon et le très mauvais. Certes, il y a un peu de ça… mais le fait est que cette suite semble avoir provoqué un vrai rejet chez certains. Du coup, selon l’expression consacrée, pourquoi tant de haine ? C’est à se demander si le blockbuster themyscirien de Patty Jenkins n’est pas victime du contexte actuel. Comme si adhérer, le temps d’un film, à une époque où tout paraissait plus simple n’était pas possible. Le fossé est trop grand. Wonder Woman 1984 n’est pas un chef d’œuvre du genre, c’est certain… mais ce n’est pas non plus un film qui mérite de se retrouver dans les tréfonds des classements super-héroïques.

Que ne dirait-on pas aujourd’hui si Superman remontait le temps en volant à toute vitesse autour de la Terre ? Wonder Woman 1984 est un hommage au long métrage fondateur de Richard Donner, à une époque révolue où l’on ne décortiquait pas chaque scène pour y chercher des incohérences. Cela revient un peu à dire « Ta gueule, c’est magique ! », mais comme l’histoire est justement empreinte de magie, pourquoi ne pas se laisser emporter ? A l’heure où la branche ‘dark’ de DC Films a le vent en poupe avec Zack Snyder’s Justice League, il n’est pas étonnant que la vision optimiste de Patty Jenkins soit reçue avec si peu d’enthousiasme. A cela s’ajoute la morosité de l’ère pandémique et le fait que la majorité du public découvre ce grand spectacle sur un petit écran. (Il serait intéressant de mener une étude pour savoir s’il y a une différence d’appréciation quand un film est découvert au cinéma ou à la télévision.) Autrement dit, Wonder Woman 1984 part avec un sérieux handicap !

Bien sûr, il ne s’agit pas d’occulter les défauts de Wonder Woman 1984, à commencer par un rythme en dents de scie. C’est ce qui arrive quand la séquence la plus prenante d’un long métrage se trouve au tout début (les Jeux Olympiques de Themyscira). Car pour ce qui est de l’action, cela va du banal (la course-poursuite dans le désert) à l’inutile (la scène du centre commercial). Même le combat final est un pétard mouillé, avec une armure qui est surtout là pour faire joli et une Cheetah à peine visible. Heureusement, ce n’est pas le coeur du film, tous les blockbusters super-héroïques n’ayant pas vocation à se terminer par une grosse baston. Pour clore ce paragraphe, on mentionnera aussi que la lourdeur pour dénoncer la lourdeur… c’est lourdement lourd (et surtout contre-productif).

Malgré ces défauts, on prend plaisir à retrouver Gal Gadot en quasi déesse et Chris Pine en poisson hors de l’eau. Notamment parce que Patty Jenkins s’intéresse de manière sincère à Diana Prince. Trop souvent, l’identité civile d’un super-héros se réduit à quelques scènes qui ne sont là que pour faire avancer l’action. Ici, on sent vraiment que notre héroïne a une vie en dehors de ses super-activités. C’est sans doute un détail, mais c’est un point intéressant. Un point qui illustre une qualité plus générale de cet opus : il se concentre sur quatre personnages, sans se disperser. Et comme la durée, plus que confortable, est de 2 heures et 31 minutes, nous avons droit à un quatuor qui a le temps d’exister à l’écran. C’est agréable, à l’heure où de nombreuses suites n’ont que la mise en place d’une autre suite à l’esprit.

Il faut qu’on parle de Pedro Pascal. Entre Wonder Woman 1984 et The Mandalorian, il a quasiment sauvé 2020 ! Son Maxwell Lord frise plusieurs fois le ridicule… mais il est rattrapé in extremis par son interprète, complètement habité par son rôle. Un spectacle à lui tout seul ! Sa folie fait sens et l’aspect planétaire du chaos qu’elle entraîne est très bien retranscrit à l’écran. Pour ce qui est de Barbara Minerva, difficile de ne pas penser à Max Dillon dans The Amazing Spider-Man : Le destin d’un héros. Même maladresse, même admiration pour le héros. Heureusement, le personnage est moins caricatural (pas compliqué). C’est une digne représentante des ‘méchants malgré eux’, si chers à Spider-Man, avec une bonne pirouette scénaristique pour légitimer sa descente vers le Côté Fourrure de la Force.

Une fois de plus, Hans Zimmer répond présent dans les grands moments. La première piste du film, ‘Themyscira’, entre sans difficulté dans le top 5 des morceaux super-héroïques les plus accrocheurs de ces dernières années. En revanche, on ne le félicite pas pour la réutilisation de l’Adagio in D Minor’ de John Murphy (Sunshine). Ou comment être sorti de la scène de l’envol par un morceau utilisé jusqu’à l’overdose (Kick-Ass, Lovely Bones, The Walking Dead, etc.). Étrange paresse de la part d’un maestro qui sait si bien mettre en musique les super-décollages (l’inoubliable ‘Flight’ de Man of Steel) ! Pour équilibrer, Zimmer est bien plus légitime quand il fait retentir les premières notes de ‘Beautiful Lie’, une piste de Batman v Superman : L’aube de la justice qui colle parfaitement au discours de Wonder Woman.

« Je souhaite… » Je souhaite que Wonder Woman 1984 soit un jour réhabilité à sa juste place, ce qui ne manquera pas d’arriver une fois que la morosité ambiante se sera dissipée. Oui, cette suite est kitchouille à souhait, mais cela reste un honnête divertissement qui embrasse les codes d’une autre époque, avec une Wonder Woman inspirante et un Pedro Pascal en très grande forme. Même le MacGuffin au centre de l’intrigue soulève des problématiques intéressantes… auxquelles le film a le mérite d’apporter des réponses. N’oublions pas que les Amazones ont été créées par Zeus pour répandre l’Amour dans le coeur des hommes. Le message a peut-être du mal à passer en ce moment, mais grâce aux prouesses intemporelles de Wonder Woman, nul doute que la Vérité finira pas triompher dans le coeur des spectateurs les plus endurcis !

[Wonder Woman 1984 sort aujourd’hui en DVD/Blu-ray (commander) !]

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Wonder Woman 1984 de Patty Jenkins est sorti en France le 7 avril 2021, avec Gal Gadot (Diana Prince/Wonder Woman), Chris Pine (Steve Trevor), Kristen Wiig (Barbara Minerva/Cheetah), Pedro Pascal (Maxwell Lord), Robin Wright (Antiope), Connie Nielsen (Hippolyte), Amr Waked (Emir Said Bin Abydos), Natasha Rothwell (Carol), Ravi Patel (Babajide), Oliver Cotton (Simon Stagg) et Gabriella Wilde (Raquel).

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